EDUCATION EN AFRIQUE : DROIT HUMAIN FONDAMENTAL ET CONDITION ESSENTIELLE DU DEVELOPPEMENT

 

OBJECTIF

 

Education de base pour tous

Engagements :

 

Extension des systèmes éducatifs

Education de la petite enfance et de la famille en Afrique : un moyen d’améliorer les résultats scolaires et de réduire les inégalités éducatives et sociales

L’Afrique a traversé une période marquée par l’augmentation rapide de la population, l’intensification de l’urbanisation, d’importantes disparités sociales, l’accroissement du nombre d’enfants non scolarisés et la propagation alarmante du SIDA. Les familles et les jeunes enfants défavorisés en sont les principales victimes. Les activités de l’UNESCO répondent à la question des soins et de l’éducation de la petite enfance en Afrique en renforçant les capacités nationales et régionales dans les domaines de la recherche, de la formation, de la programmation et de l’information afin de permettre aux professionnels de la petite enfance de concevoir des solutions adaptées aux besoins nationaux. Un réseau de spécialistes couvrant 15 pays africains francophones, le ‘Réseau africain francophone prime enfance’ a été lancé en 1996.

Les autorités nationales en Afrique s’efforcent de renforcer leurs programmes en faveur de la petite enfance, notamment ceux axés sur la communauté, d’améliorer leur qualité et leur contenu, et de renforcer la formation des personnes engagées dans des activités relatives à la petite enfance. Elles souhaitent également s’assurer de ce que ces programmes s’adressent aux enfants de 0 à 6 ans, et non seulement de 3 à 6 ans et elles sont, dans certains cas, en train de mettre sur pied des programmes nationaux pour la petite enfance. En ce qui concerne les femmes et la famille, un certain nombre de pays souhaitent renforcer l’information et la formation en matière d’éducation à la vie familiale et consolider la législation en faveur de la femme et de la famille mais aussi mettre en pratique et enseigner la Convention relative aux droits de l’enfant. Dans chaque pays, il existe un certain nombre de spécialistes et d’organismes dans le domaine de la petite enfance, de la prestation de services et de la production de matériels.

Les principales initiatives menées dans le domaine de la petite enfance en Afrique en 1998-1999 comprennent (i) le lancement à Bamako (Mali) d’un Centre régional de ressources pour la petite enfance en Afrique francophone, issu d’un accord signé à l’occasion de la Conférence de Durban (MINEDAF VII) en avril 1998 ; (ii) l’organisation d’un séminaire international sur la ‘mobilisation des femmes pour créer des structures novatrices pour les jeunes enfants’ en février 1998 à Bamako (Mali) en coopération avec le Ministère malien de l’éducation de base et le CEMEA du Mali. Ce séminaire a réuni 25 responsables des programmes, des projets et de la formation en petite enfance venus de 10 pays d’Afrique occidentale et centrale. Grâce à ce séminaire, le projet ‘Clos d’enfants’, lancé au Mali en 1996 comme premier projet du ‘Réseau africain francophone prime enfance’, est actuellement élargi à d’autres pays d’Afrique occidentale. Ce projet offre aux mères et grands-mères une formation en puériculture basée sur les pratiques traditionnelles. (iii) Un atelier régional a été co-organisé avec la FICEMEA, le CEMEA de Madagascar et le Ministère malgache de la population et de la solidarité à Antananarivo (Madagascar) en mars 1999 pour examiner le rôle des familles en matière de petite enfance dans les pays de l’océan Indien. Trente responsables des programmes, des services et de la formation en petite enfance venus de six îles de l’océan Indien, dont quatre en Afrique (Comores, Madagascar, Maurice et Seychelles), ont assisté à cet atelier, qui a débouché sur l’établissement du ‘Réseau Prime Enfance Océan Indien’, réseau de spécialistes reliant les acteurs de la petite enfance dans la région. (iv) Dans le cadre de la Stratégie interinstitutions commune de communication sur la petite enfance, dont l’UNESCO est le chef de file, l’Organisation a commencé à mettre sur pied, de concert avec la Banque mondiale, un site web africain de connaissances sur la petite enfance. La Stratégie, adoptée au cours d’une réunion sur le ‘développement d’une stratégie interinstitutions commune de communication sur la petite enfance’ qui s’est tenue à Paris en mai 1997, a pour objectif de favoriser l’échange d’informations entre les organismes internationaux opérant dans le domaine de la petite enfance.

 

Education des jeunes filles et des femmes en Afrique : priorité de l’UNESCO visant à autonomiser les femmes et condition sine qua non pour assurer un développement humain durable

En 1990, lors de la Conférence mondiale sur l’éducation pour tous qui s’est tenue à Jomtien, 155 nations se sont engagées à offrir une éducation de base à tous les enfants et à réduire massivement l’analphabétisme des adultes avant la fin de la décennie. La sixième Conférence des Ministres de l’éducation et des responsables de la planification économique en Afrique (MINEDAF VI) a identifié les jeunes filles et les femmes comme l’un des groupes les plus vulnérables, et la Conférence panafricaine sur l’éducation des filles (Ouagadougou, 1993) a défini les domaines prioritaires d’un cadre d’action régional et de programmes nationaux. Dans le cadre du développement humain, la Conférence internationale sur la population (Le Caire, juin 1994) a réaffirmé l’importance de l’éducation des jeunes filles et des femmes et la quatrième Conférence sur les femmes (Beijing, 1995) a clairement souligné qu’investir dans l’éducation formelle et non formelle et la formation des jeunes filles et des femmes est l’une des meilleures façons de parvenir à un développement social et économique. Pour promouvoir l’objectif de l’Education pour tous, en particulier des jeunes filles et des femmes, l’UNESCO a lancé de nombreuses initiatives en faveur du continent africain, principalement le projet spécial sur la promotion de l’éducation des jeunes filles et des femmes en Afrique et le programme d’orientation, de conseil et de développement de la jeunesse pour l’Afrique.

“Quelque 36 millions de jeunes africaines ne sont toujours pas scolarisées et parmi celles qui le sont, 64% abandonnent avant de savoir lire et écrire”, a déclaré Chantal Campaoré, Première dame du Burkina Faso, lors de la Réunion des épouses des chefs d’Etat du Sahel sur les droits de l’enfant, l’éducation et le développement qui s’est tenue à Ouagadougou (Burkina Faso) en février 1997. Cette réunion a recommandé l’adoption de certaines mesures visant à sensibiliser les enseignants, les parents et les représentants de la loi à la Convention relative aux droits de l’enfant ; elle a également souligné la nécessité d’améliorer l’accès des jeunes filles à l’éducation et leur maintien à l’école et de réinsérer les mères adolescentes dans le système éducatif.

Projet spécial : ‘Promotion de l’éducation des jeunes filles et des femmes en Afrique’

Ce projet spécial a pour objectif de fournir une formation et un appui technique à la planification et la mise en œuvre d’une scolarisation plus effective des filles, ainsi que de mettre en place des systèmes nouveaux pour dispenser aux femmes des cours d’alphabétisation et une éducation continue non formelle et améliorer ainsi l’autonomisation et le statut social des jeunes filles et des femmes. Un budget total de 1 340 082 dollars des Etats-Unis (dont 490 000 proviennent du budget ordinaire et 850 082 de la DANIDA) est consacré à ce projet.

La première phase du projet, appliqué dans plus de 22 pays (1996-1997), a été consacrée à l’élaboration d’un programme commun d’activités en concertation avec les Etats membres concernés et les organismes donateurs multilatéraux et en coopération avec le Forum des femmes africaines spécialistes des sciences de l’éducation (FAWE) et la Fédération africaine des associations de femmes. Une formation a été fournie pour la production de mallettes pédagogiques multimédias dans le cadre de la composante alphabétisation et médias du projet. Deux ateliers régionaux ont été organisés (en Tanzanie du 6 au 14 janvier 1997 et en Côte d’Ivoire du 1er au 13 septembre 1997) afin d’apprendre à 50 concepteurs de matériels et producteurs de programmes radiophoniques venus de 16 pays comment préparer, dans leurs pays respectifs, des ensembles de programmes radio et de brochures illustrées tenant compte de la question féminine.

En 1998-1999, pour donner suite aux deux ateliers sous-régionaux proposés aux pays anglophones et francophones d’Afrique subsaharienne, un appui a été apporté à 10 pays (notamment l’Afrique du Sud, le Kenya, l’Ouganda, le Togo et la Zambie) afin qu’ils organisent des ateliers nationaux en vue de produire des matériels supplémentaires, L’objectif de ces ateliers est de : (a) apprendre aux concepteurs de matériels et aux éducateurs non formels à (i) élaborer des brochures et des programmes radio soucieux d’équité entre les sexes et (ii) continuer à intégrer dans leurs travaux en cours les problèmes spécifiques des hommes et des femmes ; (b) apporter aux producteurs de programmes radiophoniques (i) une expérience pratique dans la préparation de programmes tenant compte des spécificités sexuelles et (ii) des connaissances, une expérience et une comportement dont ils peuvent se servir dans leurs travaux en cours.

Résultats :

Partage des données d’expérience acquise dans le cadre du projet :

Perspectives : Initialement prévu pour une durée de quatre ans (28C/5), le projet a été prolongé dans le 30C/5 pour une phase finale dont l’objectif essentiel est d’améliorer l’échange et la mise en commun de données d’expérience et de matériels entre pays participants, en particulier grâce à la création d’un Centre international pour l’éducation des femmes et des filles (Ouagadougou) et d’un Centre pour le conseil, l’orientation et l’épanouissement des jeunes en Afrique (Malawi).

Programme d’Orientation, de Conseil et de Développement de la Jeunesse pour l’Afrique

Le Programme d’Orientation, de Conseil et de Développement de la Jeunesse pour l’Afrique est une réponse au nombre toujours croissant de problèmes socio-économiques auxquels sont confrontés les jeunes africains, plus particulièrement les filles. Grossesses précoces des adolescentes, chômage, enfants de la rue, prostitution des enfants, SIDA, abus de drogues chez les enfants et les jeunes, déperditions scolaires, sont autant de problèmes qui préoccupent constamment les Ministres Africains de l’Education. Ils ont décidé qu’il était temps que les systèmes éducatifs jouent un rôle plus actif dans la croissance et le développement des jeunes. En 1994, l’UNESCO a favorablement accueilli la proposition des Ministres Africains de l’Education selon laquelle l’orientation et le conseil des jeunes constituait un moyen efficace d’affronter ces nouveaux défis dans le contexte culturel africain.

Le Programme d’Orientation, de Conseil et de Développement de la Jeunesse est axé sur les besoins des filles mais n’exclut pas les garçons. Il est conçu pour former les formateurs des formateurs et sa gestion est assurée par un groupe de Ministres Africains de l’Education assistés d’un Comité Technique Régional. Le programme permet aux pays bénéficiaires de se doter de la capacité institutionnelle nécessaire à l’acquisition de compétences et à la recherche de l’information sur les connaissances et techniques récentes en orientation et conseil pour le développement de la jeunesse. Des ateliers locaux sont organisés dans tous les pays concernés en vue de disséminer le programme au niveau national. Les pays africains impliqués dans ce programme sont : Afrique du Sud, Botswana, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Côte d’Ivoire, Guinée (Conakry), Kenya, Lesotho, Malawi, Mali, Mozambique, Namibie, Niger, Nigeria, Ouganda, Tanzanie, Rwanda, Sénégal, Swaziland, Zambie et Zimbabwe.

• Du 2 au 7 mars 1998, une réunion technique des points focaux sur le programme d’orientation et de conseil pour les filles en âge scolaire et les femmes s’est tenue à Abidjan, Côte d’Ivoire. Ont participé à cette réunion les points focaux du Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Niger, et Sénégal. La réunion avait pour objectif la révision des huit modules, constituant le kit de formation en orientation et conseil, élaborés par les différents pays pilotes, à savoir : l’organisation personnelle de la vie ; les droits et devoirs de la fille et de la femme ; aperçu sur les droits sociaux et économiques de la femme ; la santé reproductive des adolescents ; la participation de la femme à la vie publique ; l’évaluation de la relation élèves- maîtres avec un accent particulier sur les filles ; les opportunités d’emploi pour la jeune fille et la femme et l’économie domestique. Des copies de ces modules ont été remises aux ministres francophones de l’éducation lors de la réunion organisée en marge du MINEDAF VII (avril 1998) en présence de l’UNESCO, l’ISESCO, FAWE et des autres partenaires présents à Durban, en Afrique du Sud.

• Du 11 au 16 avril 1999, un séminaire-atelier sous-régional sur le développement du programme d’orientation et de conseil pour les filles en âge scolaire et les femmes a regroupé à Bamako, Mali, une quarantaine de participants comprenant les points focaux, les formateurs et les personnes-ressources des neuf pays francophones adhérant au programme : Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Côte d’Ivoire, Guinée (Conakry), Mali, Niger, Rwanda et Sénégal. Parmi les cinq objectifs principaux assignés à cette rencontre, nous soulignons les deux objectifs suivants : (i) examiner avec les points focaux et les formateurs les contenus des différents modules et leur permettre, d’une part, d’acquérir les habiletés en « Counselling » en vue d’une aide efficiente aux jeunes en difficulté et d’autre part, de contribuer à l’enrichissement de ce matériel de formation des formateurs ; (ii) Programmer, planifier les activités de validation, de suivi et d’évaluation des modules et assurer la formation des formateurs au niveau national.

Des résultats des travaux, il ressort que les services de conseil et d’orientation sont de prime importance pour les pays africains car ils constitueront des structures d’aide psychologique, technique et sociale des filles en quête de leur autonomie. Les huit modules, susmentionnés, ont été améliorés au cours de cette rencontre. Il reste maintenant de faire en sorte que ces modules soient effectivement utilisés avec efficience au profit des filles et des femmes, en les adaptant aux contextes spécifiques des différents pays et en formant des formateurs capables de les véhiculer.

Pour compléter les modules de formation, des livrets traitant diverses questions intéressant les filles comme les violences sexuelles, la santé reproductive des adolescentes, les droits et devoirs des filles, etc. sont en cours d’élaboration. Ils seront appuyés par des cassettes vidéo et audio. Tout ce matériel de formation devrait être disponible pour le premier séminaire régional de formation des formateurs, prévu dans la deuxième quinzaine du mois de septembre 1999.

> Les modules de formation en anglais ont été édités et envoyés à tous les pays concernés. Ils seront bientôt disponibles sur Internet. Du matériel audiovisuel a été rassemblé pour servir de support didactique aux modules. Des livrets sur les problèmes des filles, surtout des adolescentes, et sur la science et la technologie en milieu rural ont été préparés par FAWE et le Bureau de l’UNESCO au Nigeria pour compléter le contenu des modules. Tous les pays anglophones ont déjà pris la décision d’intégrer l’orientation et le conseil dans leurs programmes scolaires.

> Le Comité International de suivi des Assises de l’Afrique, lors de sa troisième réunion (5-7 juillet 1999) a recommandé au Directeur général de l’UNESCO que des « initiatives audacieuses soient prises en ce qui concerne la promotion des femmes et la défense des droits de l’enfant. Concrètement, dans le domaine de l’éducation des jeunes filles en milieu rural, le Comité propose au Directeur général d’inviter les Etats membres à instituer l’accès gratuit des jeunes filles à l’école et préconise l’obligation scolaire pour une période déterminée (10 ans par exemple) au niveau des Etats africains de manière à doter les jeunesses rurales et urbaines, masculines et féminines, des éléments de savoir, de savoir- faire et savoir-être, susceptibles d’en faire des agents actifs du développement.

 

Education intégratrice et communautaire : un moyen de rendre les écoles plus efficaces d’un point de vue éducatif et de lutter contre la pauvreté

Projet : “Ecoles intégratrices et programmes de soutien communautaire”

Lors de la Conférence mondiale sur l’éducation pour tous (Jomtien, Thaïlande), l’ONU estimait que sur les 600 millions de personnes qui, dans le monde, souffrent de handicaps, 150 millions étaient des enfants de moins de 15 ans, et que moins de 2% de ces derniers recevaient une éducation ou une formation. Pour donner suite à la Conférence mondiale sur les besoins éducatifs spéciaux, tenue à Salamanque (Espagne) en 1994, l’UNESCO a lancé en 1996 un projet intitulé “Ecoles intégratrices et programmes de soutien communautaire” qui doit s’achever en 2001. L’objectif du projet est d’appuyer les activités et de diffuser les informations relatives aux innovations réalisées à petite échelle dans divers pays afin de promouvoir l’insertion des enfants à besoins éducatifs spéciaux dans les écoles ordinaires. Il implique des partenariats avec les ministères de l’éducation, les groupes de parents et les communautés civiles et vise à renforcer les capacités humaines et les expériences en matière d’éducation intégratrice aux niveaux national et régional.

Dans le cadre des activités qu’elle mène pour aider les pays à élaborer leur propre projet, l’UNESCO a organisé trois réunions visant à faire participer et à sensibiliser les gouvernements – surtout les ministères de l’éducation – aux principes et au cadre d’action adoptés à Salamanque. Ces réunions ont intéressé avant tout les pays de l’Afrique francophone, où la politique et les programmes d’enseignement en faveur de l’insertion scolaire des enfants et des jeunes ayant des besoins spéciaux étaient encore rudimentaires ou n’existaient pas du tout. La première en date, organisée par l’UNESCO, l’OIT et l’OMS, a été le “séminaire sous-régional pour la promotion de la collaboration multisectorielle en faveur des handicapés” (Abidjan, Côte d’Ivoire, 28 septembre – 1er octobre 1995). La seconde a été un séminaire organisé à l’intention des pays francophones d’Afrique sur le projet “écoles intégratrices et programmes de soutien communautaire” (Ouagadougou, Burkina Faso, 10 – 13 décembre 1996). Enfin, les cinq pays francophones d’Afrique occidentale ont participé à un atelier international sur la “gestion de l’innovation pour répondre aux besoins éducatifs spéciaux”, organisé par l’UNESCO au Ghana en avril 1997.

La première phase du projet, financée par le Danemark, la Norvège, le Portugal et la Suède, a permis à 18 pays parmi lesquels 13 nations d’Afrique subsaharienne (Angola, Bénin, Burkina Faso, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Guinée, Guinée-Bissau, Malawi, Mali, Mozambique, Sao Tomé et Principe, Tanzanie et Zambie) d’élaborer des politiques et des pratiques en faveur de l’éducation intégratrice. Outre le financement initial accordé aux pays participant à la première phase (soit un budget total d’environ 325 000 dollars), l’appui fourni par l’UNESCO a consisté à envoyer des consultants/animateurs et des spécialistes pour assurer de courtes interventions durant les ateliers de formation organisés dans les différents pays, à fournir du matériel, à organiser un certain nombre de visites d’étude et à offrir, lorsqu’elle le jugeait utile, des informations et des conseils. Le rapport 1996-1997 sur les écoles intégratrices et les programmes de soutien communautaire examine la première phase du projet et décrit les initiatives menées notamment dans les pays africains suivants : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Malawi et Zambie.

La seconde phase (1998-1999), financée par le Danemark, la Finlande et la Norvège, couvre les pays africains suivants : Afrique du Sud, Cameroun, Ghana, Madagascar, Maurice, pour un budget total d’environ 125 000 dollars des Etats-Unis. Six ateliers sur le thème “écoles intégratrices et programmes de soutien communautaire” se sont tenus en Afrique en 1998-1999 : Yaoundé, Cameroun (16-22 novembre 1998 et 11-18 avril 1999), Maurice (30 novembre – 4 décembre 1998), Madagascar (23 avril – 1 mai 1999) et Ghana (7-12 et 14-19 juin 1999). La collaboration entre les pays de la phase I et de la phase II est constamment encouragée. Grâce aux possibilités de collaboration et d’échange, en particulier au niveau sous-régional, le projet dans son ensemble devrait profiter à un plus grand nombre de pays que ceux qui y participent directement.

• Les autres activités menées dans le cadre du projet comprennent : (i) la production d’une vidéo de formation, spécialement conçue à l’intention des pays africains, intitulée ”On the Deaf” pour aider les parents, les éducateurs et les animateurs socioculturels à repérer précocement les problèmes de surdité et pour les sensibiliser à l’importance de la langue des signes dans le développement des enfants sourds ; (ii) l’organisation d’un atelier sur le “développement des ressources humaines : appui à l’éducation intégratrice” en Ouganda en 1999. Tenu dans les locaux de l’Uganda National Institute of Special Education, cet atelier a réuni 24 éducateurs et formateurs de maîtres intervenant dans des programmes de formation des maîtres à l’éducation normale et spéciale, venus de 7 pays africains : Afrique du Sud, Ethiopie, Ghana, Lesotho, Ouganda, Zambie et Zimbabwe. (iii) Un atelier sous-régional sur le “développement des ressources humaines : appui à l’éducation intégratrice” aura lieu à Bamako (Mali) du 28 novembre au 4 décembre 1999 en étroite coopération avec l’UNESCO Bamako et avec la participation d’enseignants, de proviseurs, de formateurs de maîtres, d’administrateurs et de groupes de parents du Bénin, du Burkina Faso, du Cameroun, de Côte d’Ivoire, de Guinée, de Madagascar, du Mali, de Maurice et du Sénégal.

• L’UNESCO-BREDA a organisé un atelier régional sur les besoins éducatifs spéciaux avec la collaboration de la Panafricaine des Handicapés et de la Commission nationale malienne pour l’UNESCO. La rencontre a eu lieu à Bamako, Mali, en février 1999 avec la participation de neuf pays africains, et un atelier régional sur l’éducation intégrée a été organisé du 22 au 26 mars 1999. Des experts africains en matière d’éducation des enfants à besoins spéciaux y ont participé.

 

Atteindre les exclus : vers des possibilités égales pour tous

Programme de l’UNESCO pour l’éducation des enfants en détresse

Le Programme de l’UNESCO pour l’éducation des enfants en détresse, lancé en 1992, vise à développer et consolider l’éducation, la formation professionnelle, les activités sportives, artistiques et récréatives en faveur de la réinsertion des enfants en détresse et des jeunes marginalisés, et ce par le biais de projets financés grâce aux fonds privés mobilisés dans le cadre du Programme. Les fonds mobilisés et affectés à des projets de la région Afrique s’élèvent à 1.600.000 dollars des Etats-Unis pour le biennium 1998-1999, montant comparable à celui collecté et affecté à des projets de la région pour le biennium précédent. Les pays suivants ont bénéficié du soutien financier de l’UNESCO dans ce cadre : Afrique du Sud, Bénin, Burkina Faso, Ethiopie, Kenya, Malawi, Namibie, Sénégal, Sierra Leone, Togo, et Ouganda. Des projets sont en préparation pour l’Angola, le Ghana et la Zambie. Ces projets portent sur le développement des activités éducatives, de formation et d’hébergement pour aider les enfants en détresse et les jeunes marginalisés, ainsi que la formation aux petits métiers, à la solidarité et à la citoyenneté.

Programme de l’UNESCO pour l’éducation des enfants en situation difficile, enfants des rues

Le programme de l’UNESCO pour l’éducation des enfants en situation difficile, enfants des rues vise à promouvoir l’éducation de base pour les enfants de la rue et à prévenir le départ vers la rue d’enfants en situation difficile. Au cours du biennium 1998-1999, les activités suivantes ont été menées en Afrique : en Namibie, l’étroite coopération entre la municipalité de Windhoek, la Commission nationale namibienne pour l’UNESCO et divers ministères (la santé et les affaires sociales, la jeunesse et les sports, l’éducation de base et la culture, les prisons et les services correctionnels) a permis la construction de deux centres d’accueil des enfants en situation difficile, qui sont aujourd’hui parfaitement opérationnels. L’atelier sous-régional de formation des éducateurs et des travailleurs sociaux sur la psychologie des enfants en situation difficile, qui s’est tenu à Windhoek en septembre 1998, a été une excellente occasion de mettre en place un réseau sous-régional sur les enfants en situation difficile. Au vu du succès de cet atelier, les participants des 10 pays de la sous-région ont vivement souhaité développer la coopération avec l’UNESCO dans le domaine des enfants en situation difficile. Quant au projet mis en œuvre au Mali, il a pour objectif d’appuyer l’éducation et la réinsertion sociale des enfants en situation difficile dans les zones urbaines et périurbaines de Bamako. Au cours de ce biennium, les travaux de construction et d’équipement d’un centre national multifonctionnel pour le développement de l’éducation des enfants en situation difficile, d’une capacité de cent enfants, ont été achevés et le centre sera opérationnel avant la fin de l’année.

Projet spécial : “Amélioration des possibilités d’apprentissage et de formation offertes aux jeunes”

Le problème mondial de l’aggravation de la marginalisation, du chômage et du désenchantement chez les jeunes, et les conséquences négatives de ces phénomènes sur le développement social ont conduit les Etats membres à s’intéresser tout spécialement aux moyens d’améliorer les possibilités d’éducation offertes aux jeunes des deux sexes. Le projet sexennal “Amélioration des possibilités d’apprentissage et de formation offertes aux jeunes marginalisés”, lancé en avril 1996, offre aux jeunes marginalisés, issus pour la plupart de zones urbaines pauvres, une seconde chance d’acquérir une éducation fonctionnelle de base, c’est-à-dire leur donner les compétences nécessaires pour se comporter dans la vie courante et pour exercer une activité génératrice de revenus. Il est axé sur la nécessité de favoriser aussi bien le développement de certaines attitudes (autonomisation, confiance en soi, participation, solidarité, etc.) que celui d’aptitudes professionnelles leur permettant d’exercer un emploi indépendant, et s’efforce d’établir des partenariats avec les communautés et les associations locales agissant directement sur les facteurs de la marginalisation et exploitant l’amélioration de l’environnement immédiat comme un outil en faveur de l’autonomisation.

Parmi les 20 projets opérationnels lancés en 1998-1999, cinq ont été réalisés en Afrique et financés soit par des ressources extrabudgétaires, soit au titre du budget ordinaire : (i) au Mozambique (fonds extrabudgétaires d’un montant de 241 000 dollars des Etats-Unis), en 1998, deux centres de jeunesse ont été créés, l’un à Beira, l’autre à Maputo et les activités menées en faveur des jeunes marginalisés, des anciens enfants de la rue et des enfants-soldats démobilisés ont été évaluées. La formation offerte dans ces centres consiste en compétences permettant d’exercer un gagne-pain et en cours d’alphabétisation, d’arithmétique, de comptabilité et d’hygiène. Les 250 jeunes formés à Beira ont commencé à former d’autres jeunes dans les centres récemment créés à Morrumbala (1999). (ii) Au Rwanda (38 700 dollars des Etats-Unis au titre du budget ordinaire), un centre proposant une éducation de base non formelle aux jeunes garçons, aux fillettes et aux veuves a été fondé dans le “village de la paix Nelson Mandela”. (iii) Au Sénégal (225 000 dollars des Etats-Unis sur les ressources extrabudgétaires), deux projets sont en cours de réalisation dans les quartiers défavorisés de Dakar : (a) l’éducation de base non formelle pour les jeunes marginalisés, notamment l’éducation à la citoyenneté et l’acquisition de compétences. Des matériels pédagogiques ont été produits et des formateurs ont reçu une formation en approche participative et en pédagogie active ; (b) la rénovation des bidonvilles en partenariat avec la communauté a offert aux jeunes des deux sexes la possibilité de gagner de l’argent, de s’autonomiser et de se réinsérer dans la société. (iv) En Afrique du Sud (241 000 dollars des Etats-Unis sur les ressources extrabudgétaires), des centres de jeunesse sont sur le point d’être achevés au sein des “fermes-écoles” et dans leurs environs dans deux provinces, Cap Nord et Mpumalanga ; ils proposeront une éducation de base, des activités génératrices de revenus, un aide psychopédagogique et d’autres activités pour les jeunes. (v) Deux projets ont été mis en œuvre au Togo (15 000 dollars des Etats-Unis au titre du budget ordinaire) : (a) éducation de base et formation en menuiserie pour les jeunes ruraux non scolarisés et sans emploi ; (b) éducation de base et formation à la gestion de petites entreprises et au marketing en vue de la création de coopératives rurales par les jeunes. Deux autres projets sont prévus (l’un en Guinée et l’autre au Mali), pour lesquels des fonds extrabudgétaires ont été réunis mais dont les descriptifs ne sont pas encore finalisés.

Enseignements tirés : l’évaluation globale du projet spécial n’aura lieu qu’au cours du prochain biennium mais les données d’expérience des projets opérationnels indiquent que l’éducation de base non formelle et l’acquisition de compétences élémentaires peuvent conduire à l’autonomisation des groupes pauvres et marginalisés. Elles constituent des outils puissants en faveur de la lutte contre la pauvreté lorsqu’elles sont associées à des activités potentiellement génératrices de revenus et à un micro-financement visant à soutenir la création de micro-entreprises et l’auto-emploi.

- Dans le cadre de l’initiative “Apprendre sans frontières” le projet “Atteindre les exclus du système éducatif au Mozambique” vise à répondre aux besoins des nombreux exclus et à prendre en compte de manière intégrée la diversité croissante des besoins éducatifs dont beaucoup sont actuellement insatisfaits. Au printemps 1998, une équipe nationale a élaboré un cadre d’action opérationnel axé sur l’identification de stratégies particulières propres à améliorer la réponse aux besoins éducatifs du Mozambique et sur la formulation participative d’interventions dans ce domaine. La troisième et dernière phase du projet s’est achevée en mai 1999 avec la définition et la conception d’activités concrètes de développement pour un projet ‘catalyseur’. Dans le prolongement de cette troisième phase, l’UNICEF a entrepris un projet relevant de l’initiative “Apprendre sans frontières” dans la province de Nampula en collaboration avec la communauté islamique. L’ambassade des Pays-Bas à Maputo et l’UNICEF sont prêts à contribuer financièrement aux actions globales de suivi menées au Mozambique, dans le cadre desquelles une proposition de projet est actuellement à l’étude par les autorités mozambicaines.

- En 1997-1998, l’Institut international de planification de l’éducation (IIPE) a lancé trois études de cas portant sur des programmes en faveur de l’insertion sociale des jeunes défavorisés en Afrique francophone. Trois équipes nationales (Burkina Faso, Guinée et Mali) ont participé à un atelier organisé au Burkina Faso pour examiner la finalisation et l’harmonisation de la méthodologie.

Les premiers résultats de ces travaux ont été présentés lors d’un atelier qui s’est tenu à Conakry en avril 1999. Un dernier atelier sera organisé en octobre 1999 et donnera lieu à la présentation de tous les rapports et d’un document de synthèse devant une assistance composée de représentants des ministères de l’éducation ainsi que des ONG et agences d’aide concernées.

 

Améliorer la qualité et la pertinence de l’éducation de base pour tous

Initiative UNESCO/DANIDA relative à l’approvisionnement en matériels d’apprentissage de base

La deuxième phase de l’Initiative UNESCO/DANIDA relative à l’approvisionnement en matériels d’apprentissage de base a été lancée en 1996 sous l’égide du Forum de l’éducation pour tous dans le cadre du suivi de la Conférence mondiale sur l’éducation pour tous tenue à Jomtien en 1990.

En 1998-1999, l’UNESCO, en coopération avec la DANIDA, a organisé des consultations en vue de la mise en place de mécanismes nationaux (politiques nationales du livre et conseils pour le développement du livre) en vue d’améliorer la coordination entre les secteurs public et privé et faciliter ainsi un approvisionnement régulier en manuels scolaires, la planification de l’élaboration de matériels didactiques de base et d’activités de formation dans les pays suivants : Burkina Faso, Malawi, Mali, Mozambique, Namibie, Ouganda, et Tanzanie.

Evaluation EPT 2000 :

L’évaluation EPT 2000 a donné lieu à la tenue de deux ateliers nationaux et de trois ateliers sous-régionaux portant sur le suivi permanent des acquis scolaires et sur les conditions d’enseignement et d’apprentissage dans les écoles primaires d’Afrique subsaharienne.

• Du 21 au 25 septembre 1998, l’UNESCO a organisé à Harare (Zimbabwe) un atelier sous-régional intensif d’une semaine sur le thème ‘enquête sur les conditions d’enseignement et d’apprentissage dans les écoles primaires des pays en développement dans le cadre de l’évaluation EPT 2000’ auquel ont participé 30 délégués venus de 8 pays de la région (Afrique du Sud, Botswana, Malawi, Mozambique, Namibie, Ouganda, Zambie et Zimbabwe). Financé par l’Allemagne, l’atelier s’est inscrit dans le cadre de l’assistance technique offerte par le BMZ aux pays en développement pour leur permettre de renforcer leurs capacités. Il avait pour objectif de recenser les études existantes et en cours sur les conditions d’enseignement et d’apprentissage (aux niveaux national, régional et international), d’identifier dans ces études les outils susceptibles de permettre aux participants d’élaborer un questionnaire commun pour les écoles et les maîtres adapté à la sous-région et d’examiner et de finaliser un cadre commun pour l’enquête à mener dans la sous-région ainsi que les phases, les activités, le budget et le calendrier de cette enquête pour chacun des pays participants.

A la suite de cet atelier, cinq pays (Malawi, Mozambique, Madagascar, Ouganda et Zambie) ont achevé l’enquête sur les conditions d’enseignement et d’apprentissage en école primaire dans le cadre de l’évaluation EPT 2000, à l’aide des outils préparés au cours de l’atelier et de l’appui financier du BMZ. Des enquêtes similaires sont actuellement menées par deux autres pays (Mali et Sénégal). Madagascar, le Malawi, l’Ouganda et la Zambie ont d’ores et déjà soumis leur rapport final à l’UNESCO.

• Un atelier sous-régional intensif d’une semaine organisé conjointement par l’UNESCO et l’UNICEF sur le suivi permanent des acquis scolaires s’est tenu à Harare (Zimbabwe) du 22 au 26 février 1999. Exclusivement réservé aux pays africains, il a réuni 30 délégués de 9 pays (Afrique du Sud, Botswana, Gambie, Kenya, Malawi, Mozambique, Namibie, Ouganda et Zambie) et cinq spécialistes venus d’Afrique du Sud, du Kenya, de Madagascar, de Maurice et du Nigeria. L’UNESCO et l’UNICEF ont mobilisé les experts nationaux et sous-régionaux, les hauts responsables de l’éducation, les planificateurs et les experts en évaluation et en mesures en vue d’élaborer des instruments d’évaluation des connaissances de base des élèves de 4e année dans les domaines suivants : lecture, écriture, calcul et compétences de la vie courante. Des questionnaires sur les chefs d’établissements scolaires, les maîtres, les parents et les élèves ont été mis au point afin d’évaluer l’influence des conditions d’enseignement et d’apprentissage à l’école, à la maison, dans la communauté et en classe sur les résultats scolaires des élèves de 4e année.

L’atelier a donné lieu à l’élaboration des quatre questionnaires mentionnés ci-dessus et de matériels pour l’apprentissage de la lecture, de l’écriture, des compétences de la vie courante et de l’arithmétique. Ces matériels ont été pré-testés du 10 au 15 mai 1999 lors d’enquêtes pilotes menées au Malawi (20 écoles primaires) et en Afrique du Sud (30 écoles primaires) sur des élèves de 4e année. Six spécialistes de la sous-région ont contrôlé la réalisation de ces essais. Sept pays (Afrique du Sud, Botswana, Malawi, Maurice, Namibie, Ouganda et Zambie) mènent actuellement l’enquête sur le suivi permanent des acquis scolaires et les conditions d’enseignement et d’apprentissage des élèves de 4e année. Un atelier portant sur l’analyse des données et la rédaction des rapports aura lieu en Afrique du Sud du 11 au 15 octobre 1999 pour tous les pays africains concernés.

• Un atelier sous-régional intensif d’une semaine sur le suivi permanent des acquis scolaires a été organisé conjointement par l’UNESCO et l’UNICEF à Abidjan (Côte d’Ivoire) du 8 au 12 mars 1999 pour les pays africains de langue française, arabe et portugaise. Ses objectifs étaient les mêmes que ceux de l’atelier tenu à Harare du 22 au 26 février 1999. 29 délégués venus de 10 pays, dont le Burkina Faso, le Cameroun, le Cap-Vert, la Côte d’Ivoire, Madagascar, le Mali, le Niger et le Sénégal, y ont assisté. Des spécialistes ont également été envoyés par Madagascar et le Mali. Cet atelier a débouché sur une mise à l’essai au Mali et au Niger des outils élaborés lors de la réunion. Les 10 pays participant à l’atelier ont désormais achevé l’enquête sur le suivi permanent des acquis scolaires grâce à l’appui financier et technique de l’UNESCO et de l’UNICEF. Un atelier sous-régional ayant pour thème l’analyse des données et la rédaction des rapports aura lieu au Maroc du 13 au 17 septembre 1999.

D’ici à la fin de l’année, une trentaine de pays africains devraient avoir tiré profit du projet commun UNESCO-UNICEF sur le suivi des acquis scolaires et les conditions d’enseignement et d’apprentissage dans les écoles primaires et avoir été en mesure d’analyser les données les plus récentes en vue d’améliorer la qualité de l’éducation de base.

• Un atelier national sur le suivi permanent des acquis scolaires s’est tenu à Luanda (Angola) du 24 juin au 1er juillet 1998. Un second atelier national sur les conditions d’enseignement et d’apprentissage dans les écoles primaires et le suivi des acquis scolaires a eu lieu à Madagascar du 27 septembre au 3 octobre 1998.

Initiatives en faveur de l’alphabétisation au niveau national

Depuis 1997, l’UNESCO, en collaboration avec l’UNICEF, a apporté un appui technique au projet “Education de base des adolescents” mené à Rodrigues (Maurice) pour aider les jeunes non scolarisés à intégrer des centres d’apprentissage. L’UNESCO a participé à l’évaluation de la mise en œuvre du projet, à la formation de responsables d’ONG à l’éducation non formelle et à l’organisation d’un atelier opérationnel portant sur la préparation de matériels pédagogiques à l’intention des populations autochtones. Des brochures illustrées ont été élaborées pour renforcer l’acquisition des connaissances en dehors de la salle de classe. L’UNESCO a également apporté son soutien à l’évaluation des compétences des apprenants. Des enquêtes et des entretiens menés avec des apprenants dans les villages ont pu mettre en lumière les principaux problèmes : conflits intra- et inter-familiaux, toxicomanie, éducation sexuelle, discrimination à l’encontre des femmes et gestion de ressources peu importantes. La force de ces entretiens réside dans le fait qu’ils ont permis de mettre les jeunes eux-mêmes en contact avec des experts. L’UNESCO envisage d’élargir ce projet à l’ensemble du pays. A Madagascar, une série d’ateliers nationaux de formation ont eu lieu du 28 avril au 19 juin 1998 pour les professionnels locaux de l’alphabétisation et de la postalphabétisation ainsi que sur les émissions radio de sensibilisation, en vue de renforcer et de développer la postalphabétisation. Des ateliers nationaux ont été organisés (Mozambique du 29 mars au 10 avril 1999, Zambie du 29 mars au 4 avril 1998 et du 19 au 26 juillet 1998) pour former le personnel d’alphabétisation à la planification et à la gestion des programmes d’alphabétisation et pour élaborer des orientations nationales. Des ateliers se sont également tenus pour (i) améliorer la qualité des classes nombreuses en Afrique lusophone (Cap-Vert) et (ii) améliorer l’accès des enfants vulnérables (Angola).

Formation et recherche

• L’Institut international de l’alphabétisation (ILI), en coopération avec le bureau de l’UNESCO à Dakar et le Ministère de l’éducation de base et des langues nationales du Sénégal, a organisé un Forum régional sur l’alphabétisation en Afrique, à Dakar (Sénégal), du 16 au 20 mars 1998. Cette réunion exclusivement africaine sur l’alphabétisation, la première depuis des dizaines d’années, était co-sponsorisée par de nombreux autres organismes et a réuni près de 200 participants venus de 34 pays. En Afrique, un adulte sur deux est analphabète, contre un sur quatre dans le reste du monde et les femmes représentent la vaste majorité des illettrés. Cependant les disparités sont importantes : en Guinée-Bissau, au Burundi et au Sénégal, par exemple, le taux d’illettrisme est de 73%, 66% et 49% respectivement. Le Sénégal, qui accueillait la conférence, soutient activement des programmes d’alphabétisation en six langues nationales différentes et consacre 30% de son budget 1998 à l’éducation. Les principales questions abordées par la réunion ont été les langues nationales et la technologie au service de l’amélioration de l’éducation et de la formation en Afrique.

• L’UNESCO a soutenu des activités de renforcement des capacités du personnel de l’enseignement primaire en matière de supervision des établissements et de recherche ainsi que d’élaboration de programmes d’enseignement pour la formation des maîtres dans les pays suivants : Bénin, Burundi, Rwanda, Afrique du Sud et Zambie.

• Parmi les principales activités menées par l’IIPE dans le domaine de la formation et de la recherche figurent (i) une formation sous-régionale organisée au Mali en 1998 pour 24 formateurs potentiels (responsables de la formation des inspecteurs scolaires et des proviseurs dans les pays francophones d’Afrique) qui a porté essentiellement sur le rôle de la supervision dans l’amélioration de l’administration des écoles primaires ; (ii) le projet sur l’amélioration des services de soutien et d’inspection des enseignants qui vise à analyser la mise à disposition par différents pays d’un soutien aux maîtres en vue d’élaborer des stratégies efficaces pour l’avenir. En 1997-1998, quatre équipes nationales ont été mises sur pied (Botswana, Namibie, Tanzanie et Zimbabwe) et chacun de ces pays a produit un diagnostic national. Un atelier technique s’est tenu à Harare en mars 1998 pour préparer une analyse comparative. Un séminaire sous-régional d’orientation a été organisé au Botswana en juin 1999 pour étudier les conditions de soutien et de supervision des écoles en Afrique orientale et australe et pour examiner les stratégies novatrices susceptibles d’améliorer le fonctionnement et l’efficacité de ces services dans la région. Ce séminaire a réuni 37 participants, directeurs ou directeurs adjoints de l’éducation, inspecteurs en chef et responsables d’organismes de formation, venus de 13 pays, notamment : Afrique du Sud, Botswana, Kenya, Lesotho, Malawi, Mozambique, Namibie, Ouganda, Swaziland, Tanzanie, Zambie et Zimbabwe. (iii) Une réunion des coordinateurs nationaux de recherches du Consortium d’Afrique australe pour le pilotage de la qualité de l’éducation (SACMEQ) a été organisée à Durban, Afrique du Sud, du 14 au 24 avril 1998. Vingt-et-un responsables de la planification éducative de 12 pays d’Afrique australe (Afrique du Sud, Botswana, Kenya, Lesotho, Malawi, Maurice, Mozambique, Namibie, Swaziland, Tanzanie, Zambie et Zimbabwe) y ont assisté. L’un des principaux objectifs de la réunion était d’amorcer les travaux portant sur l’élaboration du 2e projet de recherche en politique éducative du SACMEQ. Le but de ce projet qui doit débuter fin 1998 pour s’achever en 2001 est d’entreprendre des recherches coopératives transnationales qui pourront servir de guide aux décisions gouvernementales visant à améliorer la qualité de l’éducation. Il est principalement axé sur l’étude des connaissances en écriture et en mathématiques des élèves de 6e année.

• L’unité Apprendre sans frontière de l’UNESCO et le projet ABEL 2 pour la promotion de l’éducation de base et de l’alphabétisation ont organisé conjointement un forum professionnel sur la formation à la radio interactive (Paris, mars 1999) auquel ont assisté, outre des participants venus d’autres continents, cinq ressortissants des pays africains suivants : Afrique du Sud, Burundi, Cap-Vert, Djibouti et Guinée. L’Unité Apprendre sans frontières a également organisé, en collaboration avec le programme ONG d’alphabétisation et d’éducation pour tous et le bureau hors Siège de l’UNESCO au Burkina Faso, un atelier sur le thème ‘Transformer les écoles en des communautés éducatives ouvertes’ à Ouagadougou (Burkina Faso) du 12 au 16 juillet 1999. Cette réunion a offert aux professionnels et aux décideurs une occasion unique de collaborer à la création de nouvelles visions et de nouveaux cadres analytiques pour la mise au point de projets d’écoles communautaires. Elle a réuni des représentants des pays africains suivants : Burkina Faso, Ethiopie, Kenya, Mali, Mozambique, Ouganda, Tanzanie, Zambie et Zimbabwe.

• Un séminaire sur la ‘Formation des dirigeants des syndicats d’enseignants africains à l’exercice de leurs fonctions’ s’est tenu à Port Louis (Maurice) du 15 au 19 février 1999. Il a réuni 29 représentants de 10 syndicats enseignants venus d’Afrique du Sud, du Botswana, du Lesotho, de Maurice, de Namibie, du Swaziland, de Zambie et du Zimbabwe, ainsi que des spécialistes des agences organisatrices : Internationale de l’Education, bureau de l’UNESCO à Maputo, OIT/TRAVINT (Genève), Banque mondiale, Institut de recherche sur l’économie de l’éducation (IREDU) et université de Bourgogne (France). L’objectif du séminaire était de former les participants aux questions éducatives et économiques qui influent sur le statut des enseignants, afin qu’ils soient mieux informés pour négocier avec les organismes éducatifs et donateurs de leurs pays respectifs.

 

Réforme de l’éducation : une nécessité pour relever les défis
du vingt-et-unième siècle

Reconstruction et développement des systèmes éducatifs en Afrique

 

Rénovation de l’éducation : politiques et plans nationaux d’éducation

• Après l’achèvement de l’élaboration du Programme décennal de développement de l’éducation (PRODEC) au Mali préparé dans le cadre du projet ‘Appui à la formulation et à la mise en œuvre d’un programme de développement’, un appui technique a été apporté au Gouvernement du Mali pour la finalisation des documents destinés à la Table ronde des bailleurs de fonds, qui s’est tenue avec succès à Bamako du 25 au 28 juin 1998. Préalablement à cette Table ronde, le PNUD et le Gouvernement avaient exprimé le souhait qu’une mission de pré-identification d’un projet d’appui à la mise en œuvre du Programme décennal de développement de l’éducation soit effectuée par l’UNESCO. En concertation avec les unités concernées par les différentes composantes du projet à identifier (appui institutionnel, Culture de la paix, scolarisation des filles et alphabétisation des femmes, programme TOKTEN pour l’enseignement supérieur), une équipe intersectorielle s’est rendue à Bamako du 11 au 18 février 1998 à cet effet. Le document ‘Projet d’appui à la mise en œuvre du Programme décennal de développement de l’éducation – pré-identification’ (mars 1998), élaboré à l’issue de cette mission, a permis de mobiliser 6 millions de dollars des Etats-Unis auprès du PNUD et de la coopération norvégienne. Ce Document d’Appui au Programme (DAP) a été finalisé en avril 1999 pour un montant final d’environ 9,2 millions de dollars des Etats-Unis. Il est actuellement en cours de signature par les autorités maliennes. Son lancement est prévu pour septembre-octobre 1999.

• Dans le cadre du projet ‘Appui à la coordination et programmation de l’aide au développement du Rwanda’, l’UNESCO a collaboré avec le Ministère rwandais en charge de l’Education à l’élaboration de trois documents pour examen lors des Consultations des bailleurs de fonds sur l’éducation, la sécurité alimentaire et le secteur privé (tenues en février 1999), à savoir « Etude du secteur de l’éducation au Rwanda », « Plan d’action pour l’éducation au Rwanda (1998-2000) : Redressement et développement » et le « Document de travail pour la consultation sectorielle de l’éducation ». Ces documents constituent des outils de référence, de coordination et de suivi pour le redressement du secteur de l’éducation au Rwanda après les événements tragiques de 1994. Le budget mobilisé pour ce projet est de 200.000 dollars des Etats-Unis (PNUD).

• Dans le cadre de l’Initiative Spéciale des Nations Unies pour l’Afrique (l’UNSIA), l’UNESCO a exécuté au Sénégal un projet financé par le PNUD (322.950 dollars des Etats-Unis) intitulé ‘Appui à la formulation d’un programme de développement de l’éducation de base’ dont l’objectif est de fournir au Gouvernement sénégalais les appuis techniques nécessaires pour l’élaboration d’un programme décennal de développement de l’éducation de base. L’UNESCO a apporté un appui technique au Ministère de l’Education de base tout au long du processus de formulation de la politique de ce sous-secteur. Ces activités, débutées en octobre 1997, ont conduit à l’élaboration d’un Plan décennal comportant une stratégie de mise en œuvre et un programme macro-économique (‘Programme décennal pour l’éducation de base – Document de politique éducative et plan d’action 1998-2008’, juillet 1998). Deux séminaires de formation à la compréhension et à l’utilisation des modèles de simulation ont été organisés en France pour les cadres de l’enseignement de base et de l’enseignement secondaire appelés à les utiliser. En préparation de la Table ronde finale, le projet a également appuyé la préparation des documents destinés aux partenaires techniques et financiers. Le sous- secteur de l’éducation de base est d’ores et déjà prêt pour la Table ronde sectorielle, mais cette dernière ne peut être réunie avant plusieurs mois en raison du retard pris dans les travaux d’élaboration du Plan décennal des autres sous-secteurs, auxquels la Banque mondiale apporte son appui technique et financier.

• Au Tchad, le ‘Programme-cadre Education et Formation en relation avec l’Emploi (EFE)’, d’un budget total de 1.309.540 dollars des Etats-Unis provenant du PNUD, est destiné à apporter les appuis techniques au Secrétariat Exécutif du Comité National EFE (CONEFE) et aux sept ministères sectoriels chargés de l’éducation, de la formation professionnelle et de l’emploi pour leur permettre de piloter la mise en œuvre coordonnée des programmes d’investissement de ces trois grands secteurs et de mobiliser les financements extérieurs nécessaires. L’UNESCO apporte un appui institutionnel au Secrétariat du CONEFE d’une part et, d’autre part, des appuis techniques aux deux ministères de l’éducation (Enseignement de base et secondaire, et Enseignement supérieur et recherche). Deux projets viennent en complément du programme-cadre EFE en y apportant un appui technique, à savoir : le projet ‘STS Programme-cadre EFE’ et le projet ‘SPPD Etudes thématiques sur le système éducatif’ qui doit aider à mettre en œuvre le plan de développement et de consolidation du système éducatif tchadien. Douze études spécifiques sur le secteur de l’éducation sont en cours à cet effet.

• Dans le cadre d’une mission d’assistance technique interdisciplinaire effectuée en République démocratique du Congo en octobre-novembre 1998, un plan d’actions prioritaires, d’une durée de trois ans, a été élaboré pour la réhabilitation et la reconstruction de bâtiments scolaires, ainsi que la fourniture de mobilier et d’équipements scolaires. D’autre part, des services consultatifs en vue d’une réforme de l’enseignement ont été apportés aux pays africains suivants : Burkina Faso, Ethiopie, Kenya, Madagascar, Mali, Mozambique, Sénégal, Tchad et Zimbabwe.

Groupe de travail sur l’analyse sectorielle en éducation (GTASE)

Le Groupe de travail sur l’analyse sectorielle en éducation (GTASE) de l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA ), dont l’UNESCO est l’agence “chef de file”, a été créé en 1989 dans le but d’améliorer la qualité, l’utilisation et l’accessibilité des études sectorielles sur l’éducation afin d’élaborer de meilleures politiques éducatives nationales et de meilleurs programmes de coopération. Les principales activités en cours sont les analyses des études sectorielles sur l’éducation menées dans quatre pays africains : Burkina Faso (114 700 dollars des Etats-Unis), Ghana (98 700 dollars des Etats-Unis), Lesotho (107 000 dollars des Etats-Unis) et Mozambique (101 300 dollars des Etats-Unis). Des analyses similaires ont été achevées en Ethiopie (70 000 dollars des Etats-Unis) et au Zimbabwe (82 200 dollars des Etats-Unis). Ces analyses sont toutes menées par des équipes nationales autoconstituées et leur objectif est de renforcer les capacités nationales en matière d’analyse sectorielle de l’éducation ainsi que de rapprocher la conception des politiques et leur application. Le GTASE coordonne et finance ces analyses auxquelles il apporte un appui technique par l’intermédiaire de personnes ressources spécialement nommées. Il est également responsable de la publication et de la diffusion du rapport final. Par ailleurs, le GTASE a fourni une assistance technique aux pays suivants en vue de la rénovation de leur système éducatif : Bénin, Botswana, Cap-Vert, Madagascar, Malawi, Mali, Maurice, Namibie, Sao Tomé et Principe, Sénégal, Swaziland, Tanzanie et Zambie. Il a également organisé plusieurs séminaires en 1998-1999, à savoir : un séminaire sur l’analyse sectorielle de l’éducation au Burkina Faso (novembre 1998), un séminaire de sensibilisation à l’analyse du secteur de l’éducation au Lesotho (novembre 1998) et des séminaires sur l’organisation des études nationales au Mozambique (janvier 1999) et au Ghana (février 1999). Il convient également de mentionner l’initiative de la SADC en faveur de l’éducation, la planification et la gestion des politiques de l’éducation, mise en œuvre par l’UNESCO-Harare et soutenue par les ambassades néerlandaises à Pretoria et à Harare et dont l’objet est de formuler un programme d’activités régionales pour renforcer les capacités d’analyse en matière d’examen des politiques éducatives, de formulation des politiques, de planification et de gestion.

Une ‘étude sur les partenariats entre les ministères de l’éducation et les agences internationales de financement et d’assistance technique dans les programmes de développement du secteur de l’éducation’ couvrant le Burkina Faso, le Ghana et le Mozambique est en cours de réalisation ; un ‘séminaire comparatif sur les enquêtes nationales de l’analyse sectorielle de l’éducation’ doit avoir lieu à Pretoria (Afrique du Sud), du 2 au 3 décembre 1999 pour examiner les expériences comparatives et renforcer l’exploitation mutuelle des données d’expérience en analyse sectorielle de l’éducation en Afrique.

Institut international de planification de l’éducation (IIPE)

• Au cours du biennium 1998-1999, IIPE a accueilli 39 stagiaires à plein temps et 23 stagiaires-visiteurs venus des pays africains suivants : Botswana, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Cap-Vert, Djibouti, Erythrée, Ethiopie, Ghana, Guinée, Mali, Namibie, Nigeria, Ouganda, République démocratique du Congo, Rwanda, Sénégal, Tanzanie, Tchad, Togo et Zimbabwe.

Les activités suivantes ont été menées en Afrique :

• Analyse, planification et gestion des politiques éducatives

Se fondant sur l’expérience acquise lors des cours sur ‘les indicateurs en planification de l’éducation’ organisés pour les pays anglophones d’Afrique en 1996 et 1997, un cours a eu lieu à Maputo en juillet 1998 à l’intention des pays africains lusophones, avec la coopération du Ministère de l’éducation du Mozambique. Il a réuni 17 participants venus des pays suivants : Angola, Cap-Vert, Mozambique et Sao Tomé et Principe. En avril 1999, une réunion de suivi s’est tenue à Praia (Cap-Vert) pour examiner la première version des documents établis par chacun des pays, en vue de renforcer l’analyse des indicateurs et de finaliser les documents. Au niveau national, un appui a été apporté aux projets suivants (i) dans le cadre du projet PNUD/UNESCO/OIT portant sur l’adaptation de la chaîne de traitement des données au Tchad, l’IIPE a continué de soutenir la rénovation du système statistique national du Ministère de l’éducation. Le financement de ce projet est assuré par le PNUD ; (ii) à l’aide de fonds fournis par l’UNESCO et la Banque mondiale, trois études portant respectivement sur la gestion générale, la gestion du personnel du Ministère sénégalais de l’éducation et l’enseignement du premier et du deuxième cycle ont été lancées en juin 1997 en coopération avec l’IIPE. La collecte des informations et l’analyse de la situation des sous-secteurs concernés ont été menées avec la collaboration de deux comités techniques de suivi local, qui regroupaient les responsables des divers secteurs du ministère et les représentants de la communauté civile (syndicats et associations de parents). Ces études visent à servir de base à l’élaboration d’une nouvelle intervention. (iii) En Côte d’Ivoire, à la demande du Secrétaire général du Fonds de développement de la formation permanente (FDFP), l’IIPE a réalisé, en octobre 1997, une évaluation à mi-parcours du projet IIPE de soutien à la formation de la population active (PAFPA). A la suite de cette intervention, le FDFP a demandé à l’Institut de lui apporter un appui technique pour mettre en place de nouveaux modes d’application du projet PAFPA, en accord avec les recommandations de la mission d’évaluation. Le Ministère de l’éducation de base a demandé à l’Institut de l’aider à préparer un programme de formation intensive pour ses hauts fonctionnaires. Une première mission de l’IIPE a été envoyée à Abidjan en janvier 1998 et les étapes pratiques de la définition des besoins en formation ont débuté à l’automne. Les fonds proviennent d’un prêt accordé par la Banque mondiale.

Par ailleurs, l’IIPE a déployé des efforts considérables pour mettre en place un réseau de quelque 200 ‘bibliothèques dépositaires’, dont 91 en Afrique. Cette initiative représente une innovation de grande envergure en faveur de la diffusion des activités de l’Institut, l’objectif central de ce réseau étant d’améliorer l’accès aux publications et documents de l’IIPE dans les pays en développement.

L’IIPE organisera une session de formation pour des cadres moyens et supérieurs de 6 pays francophones d’Afrique centrale, chargés d’élaborer et d’appliquer les projets de développement de l’éducation. Elle aura lieu du 22 au 29 septembre 1999 à Kinshasa (République démocratique du Congo) et réunira des représentants des pays suivants : Cameroun, Congo, Gabon, République centrafricaine et Tchad.

• Coûts, financement et procédures budgétaires

L’IIPE a animé un séminaire sur le financement de l’éducation, les systèmes d’information sur les coûts, l’élaboration et l’application des budgets (Saly Portudal, Sénégal, mars 1998) en coopération avec le CODESRIA et grâce à des fonds fournis par le groupe de travail de l’ADEA sur l’éducation et le financement/ACDI. Des équipes nationales venues du Bénin, du Cameroun, de Maurice, du Niger, d’Ouganda, du Sénégal et du Swaziland ont participé à ce séminaire. Un cours similaire sera organisé en Angola en septembre 1999 à l’intention des responsables de la planification et des directeurs financiers des pays africains lusophones. Il abordera les questions d’analyse des coûts, d’évaluation des besoins de financement, de politique de financement et de programmation et gestion budgétaires et réunira des participants venus d’Angola, du Cap-Vert, de Guinée-Bissau, de Mozambique et de Sao Tomé et Principe.

Une étude portant sur les dépenses éducatives au Bénin a été menée en 1998 en vue de mettre en place un système d’information sur les dépenses éducatives dans le pays. Cette étude, qui a couvert tous les niveaux d’enseignement, du pré-primaire au supérieur, a débouché sur l’évaluation des fonds fournis par les autorités publiques, les familles et les organismes privés et du financement extérieur dont bénéficient les différentes catégories d’écoles.

Projet : ‘Réseau sous-régional africain d’établissements pilotes pour la rénovation de l’enseignement secondaire (2 RENOV)’

Le Projet : ‘Réseau sous-régional africain d’établissements pilotes pour la rénovation de l’enseignement secondaire (2 RENOV)’ a été élaboré à l’intention de six pays d’Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina Faso, Guinée, Mali, Sénégal et Togo), tous confrontés à un doublement prévisible des effectifs dans la décennie à venir. Le projet vise à créer un réseau pour la rénovation de l’enseignement secondaire en utilisant les technologies de l’information et de la communication au service de l’enseignement. Il se situe dans le prolongement direct du séminaire de réflexion sur le thème de la rénovation de l’enseignement du second degré par l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication : ‘Campus virtuels, services en ligne, nouvelles ressources pédagogiques : quelles applications pour l’enseignement secondaire ?’, organisé par la Coopération Française (Réseau Africain de Formation à Distance (Résafad), une initiative de la Coopération Française) et l’UNESCO, conjointement avec le Bureau de l’UNESCO à Dakar (BREDA) du 24 au 26 mars 1999. Ont également participé à cette rencontre les responsables nationaux de l’enseignement secondaire des pays de l’Afrique de l’Ouest disposant d’une implantation ‘Résafad’ ainsi que des représentants de l’Agence de la Francophonie, de la Banque Mondiale, du FNUAP et de la FAPE.

Sur la base des consultations approfondies menées par les initiateurs dans les pays participants, serait organisée, fin 1999, une réunion de concertation générale regroupant, d’une part les opérateurs et décideurs nationaux, et d’autre part, les agences d’aide afin de finaliser un document de projet et d’adopter une répartition des contributions.

 

Education préventive contre le SIDA et les drogues

DONNEES :

• Depuis qu’elle mène une action dans le domaine de l’éducation préventive contre le VIH/SIDA, l’UNESCO s’est toujours attachée à aider des Etats membres à formuler et mettre en œuvre des plans d’action nationaux visant à introduire l’éducation préventive dans les programmes d’enseignement scolaire et extrascolaire. Depuis janvier 1996, l’UNESCO s’est engagée aux côtés de cinq autres agences du système des Nations Unies (OMS, PNUD, FNUAP, UNICEF et la Banque Mondiale) comme co-parrain du Programme Commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA. Au regard de la progression de l’épidémie dans les pays en développement et notamment en Afrique, l’ONUSIDA et ses co-parrains ont décidé de renforcer leur action de prévention de l’épidémie en Afrique. Ainsi l’UNESCO a-t-elle organisé, en collaboration avec l’ONUSIDA et le Projet Régional VIH, un ‘Atelier régional sur l’éducation préventive VIH/SIDA à l’intention des organisations féminines de base’ à Abidjan, Côte d’Ivoire, du 7 au 11 septembre 1998. 17 pays d’Afrique francophone et anglophone ont participé à cet atelier : Bénin, Botswana, Burkina Faso, Cameroun, Cap Vert, Côte d’Ivoire, Ghana, Guinée, Malawi, Mali, Namibie, Nigeria, Sénégal, Togo, Ouganda, Zambie et Zimbabwe. Son objectif principal était de réduire le taux de transmission du VIH chez les femmes africaines en les rendant aptes à se protéger par une prise de conscience renforcée et en les dotant des connaissances et des compétences appropriées. Une brochure bilingue anglais/français a été produite à l’occasion de cet atelier : « Education préventive VIH/SIDA : Guide pratique à l’intention des animatrices d’organisations féminines africaines de base ». L’UNESCO a également co-organisé avec l’ONUSIDA un ‘Séminaire sous-régional de mobilisation des décideurs en vue d’intégrer l’éducation pour la prévention du SIDA et de l’abus des drogues dans les programmes scolaires’ à Accra, Ghana, du 21 au 25 septembre 1998. Ont participé à ce séminaire les pays suivants : Gambie, Ghana, Liberia, Nigeria et Sierra Leone, ainsi que la Côte d’Ivoire et le Mali en tant qu’observateurs. Ses objectifs principaux étaient de renforcer la prise de conscience des représentants des ministères de l’éducation, de la santé, de la jeunesse et des sports, et des organisations non-gouvernementales sur la nécessité de l’éducation pour la prévention du SIDA et de l’abus des drogues, de leur faire connaître des stratégies efficaces d’éducation préventive et de les inciter à formuler des plans d’action nationaux pour l’intégration de l’éducation préventive dans les programmes scolaires. D’autre part, avec l’assistance financière de l’ONUSIDA, l’UNESCO a organisé un atelier pour le personnel local qui, dans six pays d’Afrique (Bénin, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Sénégal et Togo), s’occupe des jeunes en difficulté : ‘Atelier sous-régional de formation des travailleurs et des éducateurs des enfants en situation difficile en matière d’éducation préventive contre les drogues et le SIDA’ tenu à Conakry, Guinée, du 11 au 21 janvier 1999. Cet atelier avait pour but d’échanger des données d’expérience et de déterminer les priorités de l’action au niveau national. Il est à signaler que le Programme de l’UNESCO pour l’éducation des enfants en situation difficile, co-organisateur de cet atelier avec la Section de l’Education préventive, a mis en œuvre un projet en Guinée, dont l’objectif est de renforcer les compétences professionnelles des travailleurs sociaux et des éducateurs des enfants en situation difficile en matière de prévention contre les drogues et le SIDA.

Par ailleurs, à travers les associations et les organisations de jeunesse, l’UNESCO a encouragé des initiatives de prévention et de mobilisation des jeunes, notamment la campagne d’information sur le VIH/SIDA dans les zones rurales de 13 régions de Namibie, et la publication de cinq numéros du journal « Straight Talk » réalisé par les jeunes pour les jeunes au Zimbabwe, en collaboration avec l’UNICEF et la John Hopkins University. A souligner également la création d’un centre de documentation et d’une base de données régionale sur le VIH/SIDA et l’abus des drogues au Bureau de l’UNESCO à Harare, et la ‘Consultation mondiale des jeunes’ qui s’est tenue au Siège de l’UNESCO en février 1998, à laquelle trois jeunes africains (Kenya, Togo et Zimbabwe) ont participé, et qui a vu le lancement de la Charte des jeunes pour un 21ème siècle libéré des drogues.

L’UNESCO a participé à la retraite organisée les 19 et 20 janvier 1999, faisant part de son intention de renforcer son partenariat avec l’ONUSIDA dans ses domaines de compétence. Dans ce contexte, l’UNESCO a mis en place une unité de coordination des activités relatives à la prévention du SIDA au sein du Secteur des sciences exactes et naturelles, visant à renforcer l’action de l’UNESCO dans le cadre d’une stratégie intégrée et à promouvoir son action au niveau national. Dans cette perspective, l’Unité, en liaison avec le Département Priorité Afrique, a entrepris de sensibiliser les bureaux hors Siège en Afrique à la nécessité de développer des activités relatives à la lutte contre le SIDA au niveau des pays, en coopération avec les autres agences co-parrainant le programme ONUSIDA. L’UNESCO a organisé à cet égard une consultation de ses bureaux en Afrique pour connaître le rôle joué au niveau national par ses représentants sur place. Sur 24 questionnaires envoyés, 22 réponses ont été reçues. Il apparaît que pour les bureaux situés dans des pays où existe une situation de conflits, l’action à mener devrait faire l’objet d’une réflexion particulière. Par ailleurs, tous les bureaux de l’UNESCO en Afrique participent au groupe thématique inter-agences ONUSIDA dans leur pays, et la plupart de ces bureaux développent des activités hors groupe thématique, soit avec la Commission nationale pour l’UNESCO soit avec de multiples ONG locales.

A ces réponses, il convient d’ajouter les activités induites par le Siège ou le Bureau régional. Ainsi, les projets FNUAP administrés par l’UNESCO ont tous une composante SIDA (29 projets en Afrique, dont 23 dans l’éducation formelle) ; les activités menées par le Secteur des sciences sociales et humaines avec des organisations d’étudiants en droit dans le cadre du projet traitant de la discrimination dont souffrent les jeunes touchés par le SIDA ; les activités du Secteur de la culture dans le cadre du projet destiné à promouvoir une approche culturelle de la prévention et du traitement du VIH/SIDA, notamment la tenue d’un séminaire régional à ce propos à Harare, Zimbabwe, du 5 au 9 avril 1999 ; dans le domaine de la communication, l’UNESCO exécute un grand projet en Afrique centrale et australe visant à promouvoir les enquêtes journalistiques portant sur la progression du VIH/SIDA dans des pays qui sont tous considérés comme des zones de forte incidence de l’épidémie ; certains aspects des projets du PIDC en Afrique (mobilisation sociale par les médias communautaires, etc.) touchent à lutte contre le SIDA ; les activités régionales impulsées par le Bureau régional de Dakar en coopération avec la Section d’Education préventive ; l’organisation de camp de vacances Jeunesse et Solidarité à Palmarin (Sénégal) en août 1998 et la publication subséquente d’un manuel pour les jeunes par les jeunes ‘Education par les pairs pour un avenir viable’ ; et la tenue d’un séminaire régional à l’Ile Maurice sur l’éducation par les pairs en février 1999. Enfin, il faut souligner le projet pilote lancé en Côte d’Ivoire en partenariat avec la Fondation Mondiale Recherche et Prévention SIDA présidée par le Professeur Luc Montagnier et le Gouvernement de la Côte d’Ivoire s’agissant de la création d’un Centre Intégré de Recherches Biocliniques sur le SIDA à Abidjan. Ce centre qui associe en un même lieu recherche fondamentale et appliquée au suivi clinique de patients a pour objectifs prioritaires de transférer les connaissances scientifiques sur le SIDA dans la région d’Afrique de l’Ouest, de contribuer à la formation du personnel scientifique et médical de la Région et de développer la recherche pour trouver des traitements plus adaptés aux patients de cette région particulièrement affectée par l’épidémie de SIDA. A ce jour plus de 300 patients sont suivis dans ce centre et bénéficient de l’accès aux antirétroviraux.

En guise de conclusion, on constate qu’en 1998-1999, l’action de l’UNESCO en Afrique commence à se diversifier, mais il faut encore renforcer cette intervention. L’action de l’Organisation a été longtemps identifiée à la seule éducation préventive et au domaine de l’éducation, mais au regard de la progression dramatique de l'épidémie, l'objectif vise maintenant le changement dans les comportements pour améliorer la prévention en utilisant tous les domaines de compétence de l'Organisation.

Il est certain que la solution pourra venir de la mise au point d’un vaccin, l’accès aux trithérapies restant un problème économique aggravant la disparité Nord-Sud face au principe du droit à la santé pour tous. Le Directeur général a dénoncé cette disparité scandaleuse lors de la Conférence des Ministres de l’Education en Afrique du Sud (MINEDAF VII, avril 1998), et il a demandé une plus grande équité pour les pays en développement. En l’absence de vaccin, une action de prévention du SIDA globale et intégrée doit être renforcée en Afrique. C’est le sens de l’engagement de l’UNESCO au sein du Partenariat international contre le SIDA en Afrique en coopération avec l’ONUSIDA.

 

Education : un outil pour développer la personnalité humaine et renforcer le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales

Action éducative d’urgence

• Une mission inter-agences a été envoyée en novembre 1998 au Congo-Brazzaville pour aider les autorités nationales, dans leur effort de la reconstruction du pays, à déterminer les domaines d’action prioritaires et à élaborer un Plan d’action à court et à long terme, et une mission exploratoire a été envoyée en février 1999 à la République démocratique du Congo en vue de préparer les différentes interventions que l’UNESCO pourrait initier dans ce pays. Enfin, une assistance financière de 100.000 dollars des Etats-Unis a été accordée à Sierra Leone en vue de soutenir le programme de reconstruction du système éducatif national. D’autres actions concernant la Guinée-Bissau et l’Angola sont en préparation sous réserve de financement.

• Programme Régional de l’UNESCO pour l’éducation d’urgence, la communication et la culture de la paix (PEER)

Afin de renforcer les activités de l’UNESCO dans les régions frappées par la crise en Afrique centrale, dans la Corne de l’Afrique et dans la région des Grands Lacs, le Programme d’éducation d’urgence et de reconstruction (PEER) a été restructuré en 1998. Ainsi, tout en conservant son mandat de l’éducation destinée au réfugiés et dans les situations d’urgence, le Programme a été doté d’une capacité opérationnelle pour la promotion de la culture de la paix et l’appui aux médias indépendants. Dans le cadre de ce mandat, PEER a entrepris une activité intense aussi bien dans la région des Grands Lacs, que dans la Corne de l’Afrique. Ainsi, des activités éducatives sont menées en Somalie, où en l’absence d’autorité centrale, l’UNESCO a été désignée comme agence responsable de l’ensemble du système éducatif. Les projets sont mis en œuvre grâce aux fonds mobilisés avec la coopération de la communauté européenne, DANIDA, le PNUD et l’UNICEF et un grand nombre d’ONG œuvrant en Somalie. Ces projets couvrent l’éducation pour les réfugiés et les personnes déplacées, la fourniture de manuels et de livres scolaires sur l’ensemble du territoire somalien, la formation des professeurs, l’éducation à la paix et l’éducation civique. Au Rwanda, des projets dans le domaine de l’éducation et de la culture de la paix sont en cours. L’UNESCO met également en œuvre un projet financé par le HCR portant sur la scolarisation des enfants dans les camps de réfugiés à Djibouti. La contribution de l’UNESCO à ce programme en 1998-1999 est de 44.267 dollars des Etats-Unis. En mai 1999, l’UNESCO et le Norwegian Refugee Council (NRC) ont signé un accord de coopération pour l’assistance d’urgence, dont les activités porteront sur l’éducation, la culture de la paix et la communication. Les fonds extrabudgétaires mobilisés par l’UNESCO-PEER pour le biennium 1998-1999 sont de 3.201.198 dollars des Etats-Unis. L’UNESCO-PEER attend l’approbation et la signature par la Commission européenne du nouveau projet CEPPES et de la phase II du projet sur l’éducation civique pour la paix et la bonne gouvernance en Somalie, pour un budget de 2,5 millions d’ECU (2 650 000 dollars des Etats-Unis). En conséquence, les fonds supplémentaires mobilisés par l’UNESCO-PEER pour 1998-1999 s’élèveront automatiquement à quelque 6 millions d’ECU (US $ 6 360 000 dollars des Etats-Unis).

Education à une culture de la paix
(projet transdisciplinaire : vers une culture de la paix)

• Education à la paix, aux droits de l’homme et à la démocratie

L’UNESCO apporte son appui aux ministres chargés de l’éducation dans le cadre d’un programme visant à faciliter la restructuration du système éducatif malien. Dans ce cadre, l’UNESCO et le PNUD aideront les autorités maliennes à introduire l’éducation aux droits de l’homme et à la paix dans les programmes d’études des écoles primaires et secondaires. L’enseignement de la Convention relative aux droits de l’enfant fera partie de ce programme. Par ailleurs, l’UNESCO réalise actuellement en Mozambique, en Namibie et au Zimbabwe un projet sur l’éducation aux droits de l’homme et à la démocratie financé par des ressources extrabudgétaires (DANIDA). Ce projet est essentiellement axé sur l’élaboration de matériels éducatifs portant sur les droits de l’homme et sur la formation des formateurs, des éducateurs, des concepteurs de manuels et des administrateurs. Un autre projet visant à intégrer les droits de l’homme et la paix dans les programmes d’études secondaires a été réalisé en 1998 par le bureau de l’UNESCO au Burundi.

• Réseau du système des écoles associées de l’UNESCO (RéSEAU)

Sur les 5 600 écoles participant au RéSEAU dans 161 pays, 1 200 se trouvent dans 38 pays africains. Depuis le début du biennium, 4 pays supplémentaires ont rejoint le RéSEAU : Afrique du Sud, Angola, Guinée équatoriale et Rwanda. Le Rwanda a exécuté plusieurs projets au cours du biennium, notamment dans le domaine de l’éducation aux droits de l’homme, à la tolérance et à la paix.

Trois grands projets pilotes du RéSEAU ont été menés en Afrique au cours du biennium : la mallette ‘Peace Pack’, le projet sur la traite négrière transatlantique et le projet sur l’éducation relative au patrimoine mondial. (i) Le ‘Peace Pack’ de l’UNESCO a été élaboré à la suite d’une série de sept festivals pour la culture de la paix organisés en 1995 à l’intention des enfants dans toutes les régions dans le cadre du RéSEAU. En Afrique, ce festival s’est tenu au Zimbabwe en août 1995 et a réuni des enfants venus de 8 pays. Le ‘Peace Pack’ est un kit éducatif destiné aux enseignants du primaire, qui contient divers types de matériels. Il est testé depuis deux ans dans 26 pays africains, essentiellement au sein des écoles associées. Les résultats de cette phase pilote seront collectés et analysés par l’UNESCO fin 1999. (ii) Le projet sur la traite négrière transatlantique vise à mettre fin au silence qui entoure la traite tout en forgeant de nouvelles relations triangulaires – éducatives, culturelles et sociales – entre les écoles membres du RéSEAU en Europe, en Afrique et dans la région Amérique/Caraïbes. L’un des grands objectifs du projet, qui fait partie intégrante du programme La route de l’esclave, est de promouvoir le respect mutuel et le dialogue interculturel entre les jeunes par leur sensibilisation accrue à la traite négrière transatlantique, ses causes, ses conséquences et ses contributions. Les activités menées dans le cadre du projet comprennent l’élaboration de nouveaux matériels didactiques sur la traite et l’organisation d’un vaste éventail d’activités interculturelles pour les jeunes des trois régions, notamment la visite des lieux de mémoire de la traite des esclaves. Les pays africains dont les écoles participent au projet sont l’Angola, le Bénin, la Gambie, le Ghana, le Mozambique, le Nigeria et le Sénégal. Un atelier sous-régional visant à lancer le projet éducatif du RéSEAU sur la traite négrière en Afrique s’est tenu à Accra (Ghana) du 15 au 19 février 1999, tandis qu’une ‘Réunion du groupe d’action sur le projet éducatif relatif à la traite négrière transatlantique’ a eu lieu à Dakar (Sénégal) du 18 au 21 août 1999. (iii) La mise au point du kit éducatif pour les enseignants ‘Le patrimoine et les jeunes’ a été achevée grâce à la coopération entre l’Unité de coordination des écoles associées de l’UNESCO et le Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO, et il a été diffusé dans 23 pays d’Afrique afin d’être mis à l’essai dans les écoles associées de l’UNESCO et adapté à la région.

• Education physique et sport au service de la paix

En partenariat avec les Commissions nationales, les Clubs UNESCO et les Ministères de la Jeunesse et des Sports, le Programme d’Appui aux Initiatives Locales (PAIL) a été lancé et mis en œuvre dans les pays suivants : Bénin, Burkina Faso, Cap Vert, Congo, Mozambique, Niger, République Centrafricaine, Sao Tomé et Principe et Tchad. Le Programme vise la création de réseaux de jeunes et de réseaux de quartiers pour inciter à la pratique des activités physiques et sportives de proximité. D’autre part, en partenariat avec les Fédérations sportives spécialisées et les institutions publiques nationales compétentes, des camps d’été visant à répondre au désœuvrement et à l’oisiveté des jeunes en période extrascolaire ont été organisés en Côte d’Ivoire et au Niger, ayant pour cibles les jeunes valides, handicapés, garçons et filles sur une base paritaire.

• Diversité linguistique et éducation plurilingue au service de la paix

Dans le cadre du Projet LINGUAPAX visant à promouvoir la culture de la paix à travers l’éducation plurilingue et le respect de la diversité linguistique, les actions suivantes ont été menées en faveur du continent africain au cours du biennium 1998-1999 : (i) Elaboration et distribution de neuf guides techniques spécialisés en politiques linguistiques et enseignement des langues. Ces guides sont destinés aux maîtres et formateurs de formateurs africains et adaptés au contexte éducatif des pays plurilingues africains. (ii) Le séminaire LINGUAPAX VII sur « les langues nationales au service de la paix en Afrique » s’est tenu à Ouagadougou, Burkina Faso, du 15 au 22 juin 1999 avec une cinquantaine de participants venant de 11 pays africains. Ainsi, LINGUAPAX a été lancé en Afrique. Le séminaire a permis de réaffirmer l’importance des langues africaines dans le processus de la paix sur le continent et a adopté un plan d’action de quatre ans en vue de l’implantation du Projet LINGUAPAX.

 

Mobiliser les engagements et les partenariats en faveur de l’éducation pour tous en Afrique

Les grandes activités menées dans le cadre général de Priorité Afrique et de l’Initiative spéciale du système des Nations Unies pour l’Afrique (UNSIA) sont les suivantes :

Septième Conférence des Ministres de l’Education en Afrique (MINEDAF VII)

L’UNESCO a organisé la Septième Conférence des Ministres de l’Education des Etats membres d’Afrique (MINEDAF VII) à Durban, Afrique du Sud, du 20 au 24 avril 1998, à l’invitation du Gouvernement de la République d’Afrique du Sud. La Conférence a porté sur le thème général ‘L’éducation pour tous tout au long de la vie : Quelles stratégies pour le 21ème siècle’, et a constitué un événement historique pour l’éducation en Afrique. Plus de 500 participants ont suivi cette conférence –dont 39 ministres de 46 Etats membres africains, et les représentants des institutions du système des Nations Unies, de diverses OIG et ONG, de l’Organisation de l’unité africaine et de la Commission économique pour l’Afrique. Les débats ont porté essentiellement sur les réformes à entreprendre pour que l’éducation réponde aux finalités et aux nécessités du développement. La deuxième Consultation régionale des organisations non gouvernementales africaines, une réunion du Consortium d’Afrique australe pour le pilotage de la qualité de l’éducation (SACMEQ), et divers ateliers auxquels ont participé enseignants et journalistes ont également été organisés à l’occasion de cette rencontre. La Conférence a conclu ses travaux par l’adoption de la Déclaration d’engagement de Durban qui ouvre des perspectives nouvelles de développement de l’éducation à travers le renforcement de l’intégration régionale africaine.

L’Organisation s’est employée à la mise en place des mécanismes prévus pour le suivi de cette conférence : Comité intergouvernemental doté d’un secrétariat assuré par l’UNESCO. En outre, le Directeur général a désigné une équipe spéciale sur MINEDAF VII composée de hauts fonctionnaires représentant les différents secteurs de programme, le Département Priorité Afrique, les sections du Secteur de l’éducation et les bureaux de l’UNESCO à Dakar, Harare et Pretoria pour : (i) assurer une coopération efficace de la mise en œuvre rapide des dispositions de la Déclaration de Durban ; (ii) faire intégrer dans le 30C/5 les priorités définies par les Ministres africains de l’éducation, (iii) promouvoir la coopération entre l’UNESCO et ses partenaires pour assurer le suivi de MINEDAF VII. Une cellule de suivi de MINEDAF VII et de mise en œuvre de la Déclaration d’Engagement de Durban a été créée au sein du Bureau de l’UNESCO à Pretoria, Afrique du Sud, chargée notamment de renforcer la coordination des activités dans la région d’Afrique.

L’UNESCO s’est également employée à la mise en œuvre des plans régionaux tels la Décennie de l’éducation en Afrique (1998-2000), proclamée par l’OUA. A ce sujet, l’UNESCO qui a contribué à l’élaboration du Plan d’action de la Décennie de l’Education (réunions d’experts à Addis-Abeba, janvier 1998 et Ouagadougou, décembre 1998), est membre de son Comité directeur, et a apporté son assistance financière et technique à l’organisation de la Conférence des Ministres de l’Education de l’OUA (COMEDAF I).

Conférence des ministres africains de l’éducation (COMEDAF I)

La session ministérielle de la Conférence des ministres africains de l’éducation (COMEDAF I) s’est tenue à Harare (Zimbabwe) du 18 au 19 mars 1999 ; elle avait été précédée d’une réunion préparatoire d’experts qui a eu lieu du 15 au 17 mars 1999. 29 pays ont assisté à cette conférence dont le Président du Zimbabwe était l’invité d’honneur. De nombreux représentants des organisations internationales et non gouvernementales y ont également participé.

Première réunion de son espèce dans l’histoire de l’OUA, cette conférence a constitué un événement historique. Son objectif principal était d’élaborer un ordre du jour révisé pour parvenir à l’éducation pour tous au cours des dix prochaines années. Elle a adopté le Programme d’action de la Décennie de l’éducation ainsi que la Déclaration de Kampala et le Plan d’action pour l’autonomisation des femmes au moyen de l’alphabétisation fonctionnelle et l’éducation des fillettes.

Un petit comité composé de six pays a été mis sur pied afin de formuler des recommandations sur les modalités et les mécanismes de suivi de l’application du programme d’action. Un comité directeur provisoire a été également établi pour défendre la cause de la Décennie et harmoniser ses activités.

Création de l’Institut international pour le renforcement des capacités en Afrique –IIRCA - à Addis-Abeba

L’Institut international pour le renforcement des capacités vise à répondre à la demande de valorisation des ressources humaines et de renforcement des capacités des Etats membres d’Afrique en particulier et du monde en développement en général, et ce dans les domaines de la gestion de l’éducation, de l’élaboration de programmes d’études, de la formation des enseignants et de l’éducation à distance, en étant particulièrement attentif à la nécessité de promouvoir la solidarité internationale dans la production, le partage et la diffusion des connaissances, idées et expériences entre les responsables de l’éducation et les autres agents de changement.

Ce mandat de l’Institut est conforme à la Déclaration d’engagement de Durban, dans laquelle les ministres de l’éducation des Etats membres d’Afrique ont pris la résolution de mettre en œuvre les mesures voulues pour assurer la création et le développement en Afrique d’infrastructures de formation et de centres de développement des capacités et de valorisation des ressources humaines dans le domaine de l’éducation, et ont décidé de relever ainsi les défis de l’accès à l’éducation pour tous, d’attacher la plus haute priorité au rôle de l’enseignant, et de réaffirmer le principe selon lequel il est de la responsabilité des gouvernements de pourvoir à une gestion efficiente, efficace et judicieuse de leurs systèmes éducatifs.

Les statuts de l’Institut ont été adoptés par le Conseil exécutif lors de sa 156ème session (mai-juin 1999), et seront présentés pour approbation finale à la 30ème session de la Conférence générale (octobre-novembre 1999). L’Institut sera doté d’un budget de 1,3 millions de dollars des Etats-Unis au titre du programme ordinaire du biennium 2000-2001.

L’Institut a accepté de s’associer à l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT) pour la tenue d’un atelier sur les programmes scolaires novateurs de l’enseignement secondaire dans cinq pays francophones, qui a eu lieu à Dakar, Sénégal, du 24 au 26 mars 1999.

Actions spécifiques menées dans le cadre de l’Initiative spéciale des Nations Unies pour l’Afrique (UNSIA)

En tant que co-chefs de file du volet éducation de l’UNSIA, l’UNESCO et la Banque mondiale sont chargées d’aider les pays à formuler des plans d’investissement et d’amélioration de l’éducation, et les autres donateurs et organisations internationales à mobiliser les ressources nécessaires à l’élaboration et la mise en œuvre de ces plans. La composante éducation de l’UNSIA recouvre tous les aspects des activités du secteur éducatif mais dans le souci particulier d’accélérer et d’améliorer la distribution de capacités en matière d’éducation de base qui soient d’une quantité et d’une qualité adéquates. La Banque mondiale a mobilisé 7 millions de dollars des Etats-Unis grâce à un fonds-en-dépôt créé par la Norvège à l’appui de l’UNSIA.

Le Département Priorité Afrique assure la coordination de l’Initiative spéciale du système des Nations Unies pour l’Afrique (UNSIA), représente l’Organisation au Comité directeur du CAC, évalue les progrès effectués dans le cadre des différentes composantes et participe à la mobilisation du soutien en faveur de l’UNSIA. A cet égard, le Département a présenté un document lors d’une réunion d’information organisée à l’intention des délégués venus assister à l’Assemblée générale des Nations Unies en novembre 1998 et a participé à l’exposition de l’UNSIA à Londres en décembre 1998 ainsi qu’à des réunions interorganisations sur ‘la réforme de la santé’ (Cotonou, octobre 1998) et ‘la réduction de la pauvreté par le biais du secteur informel’ (Banjul, décembre 1998).

La session de réflexion sur l’UNSIA organisée en février 1998 par le Comité directeur du CAC a fait le point sur les progrès accomplis et sur les principaux obstacles rencontrés depuis le lancement de l’UNSIA et a défini des orientations pour l’avenir. La réunion du Comité directeur du CAC qui s’est tenue à Genève en mars 1998 a réaffirmé la détermination du Secrétaire général de mener à bien l’UNSIA et a diffusé à cette fin une déclaration : ‘l’Initiative spéciale pour l’Afrique doit être menée à bien’. Il convient également de mentionner la recommandation formulée par le Comité du Programme et de la Coordination (CPC) à sa 38e session (juin 1998) concernant l’UNESCO, l’UNICEF et la Banque mondiale, et relative à l’organisation d’un groupe de travail technique chargé d’accélérer la mise en œuvre de plans d’action en faveur de l’amélioration de l’éducation dans les 16 pays où les taux de scolarisation dans le primaire sont les plus bas (LEC).

A la suite d’une série de réunions qui ont porté sur les stratégies de coopération en faveur de ces pays, une réunion du groupe de travail de l’UNSIA sur l’éducation de base a eu lieu à New York le 28 septembre 1998 entre le PNUD, l’UNESCO, l’UNICEF et la Banque mondiale avec comme objectif de définir d’un commun accord des moyens concrets de favoriser l’application de la stratégie UNSIA-LEC aux niveaux régional et national. L’un des grands axes de la stratégie est le soutien à l’élaboration de plans de développement du secteur de l’éducation qui soient économiques et durables et autour desquels les ressources peuvent être mobilisées et la collaboration interorganisations renforcée.

• Conjointement avec le PNUD, le FNUAP, l’UNICEF, le PAM et la Banque mondiale, l’UNESCO a aidé le gouvernement du Furkina Faso à mettre au point un plan décennal pour l’éducation de base (1998-2007) ; en Angola, l’UNESCO finance un projet sur “l’éducation de base et la formation des jeunes déscolarisés” (310 000 dollars des Etats-Unis) ; et le programme conjoint Gouvernement-Nations Unies visant à promouvoir l’éducation de base pour tous les enfants africains a été officiellement lancé à Madagascar en mars 1999. La phase de formulation financée par le PNUD/AEPP à hauteur de 156 000 dollars des Etats-Unis en est actuellement à mi-parcours. La mise en œuvre sera confiée à une équipe multidisciplinaire nationale et internationale, l’UNESCO étant l’agent d’exécution. En Ethiopie, l’UNESCO a participé à la formulation du programme de développement du secteur de l’éducation et continue de participer à la préparation et l’application des activités de ce programme. L’UNESCO a également poursuivi et développé ses interventions au Mali et au Sénégal sur l’élaboration d’un programme décennal pour le développement de l’éducation. Au Mozambique, le programme de développement sectoriel a été approuvé par le Conseil de la Banque mondiale pour un coût total de 717,2 millions de dollars des Etats-Unis, dont 71 millions alloués par la Banque mondiale ; l’élaboration d’un programme sectoriel décennal au Niger est un cours. Par ailleurs, l’UNESCO a accueilli une table ronde internationale consacrée à la Commission présidentielle pour l’éducation du Zimbabwe et organisée conjointement par le gouvernement zimbabwéen, l’équipe des Nations Unies présente dans le pays et l’UNESCO (9-10 mars 1998) afin d’examiner la stratégie nationale de l’éducation et de mobiliser le soutien des donateurs à sa mise en œuvre. Les gouvernements de l’Angola, du Malawi et de l’Ouganda ont demandé qu’une aide leur soit apportée pour organiser des réunions similaires.

• Dans le cadre de la coopération UNESCO-Banque mondiale, un programme intitulé “Améliorer l’apprentissage : perspectives pour l’enseignement primaire en Afrique rurale” a été lancé avec des études de cas réalisées dans six pays : Ethiopie, Ouganda, Zambie, Mali, Guinée (Conakry) et Sénégal. Ce programme, qui vise à promouvoir des stratégies pour améliorer les résultats de l’apprentissage au niveau primaire, accorde une attention spéciale aux enfants des zones rurales. Le principal objectif des études de cas était de recenser les innovations et les progrès intervenus dans les domaines suivants : contenu de l’éducation, formation permanente des enseignants, décentralisation de la gestion scolaire et évaluation. Les résultats de ces études ont été examinés lors d’un séminaire conjoint UNESCO-Banque mondiale qui s’est tenu en Zambie du 6 au 11 décembre 1998 et a été l’occasion pour les pays d’échanger des idées et de proposer des stratégies de suivi.

• “La nouvelle route du coton”, projet pilote lancé au Mali en 1997 pour mobiliser le soutien à la production et la diffusion de matériels didactiques destinés aux écoles en suscitant une meilleure connaissance de la situation des écoles africaines parmi les écoliers français, a été élargi au Burkina Faso et à Madagascar.

• En 1998-1999, en étroite coopération avec l’UNESCO, la Banque mondiale a organisé en Afrique les séminaires et ateliers suivants :

• Principaux résultats :

Enseignements tirés : les activités menées dans le cadre de l’UNSIA en faveur de l’éducation de base pour tous les enfants d’Afrique montrent que l’efficacité est plus grande lorsque les institutions internationales travaillent de concert avec les pays bénéficiaires. Toutefois, malgré les efforts louables déployés par les pays et leurs partenaires au développement – efforts qui se sont traduits par certains résultats non négligeables – le faible taux de scolarisation dans l’enseignement primaire ainsi que le faible taux d’alphabétisation dans les 16 pays sélectionnés restent fort préoccupants. La proportion de jeunes déscolarisés est encore très élevée tandis que le taux de scolarisation des filles demeure bas dans de nombreux pays. Un tel bilan s’explique principalement par le recours à des stratégies et modalités d’éducation inadaptées, souvent inefficaces et coûteuses. Différents facteurs sont en cause : coût élevé des matériels et services éducatifs, difficultés d’accès aux ressources éducatives, flou et manque de cohérence des politiques de formation et d’éducation, faiblesse des capacités institutionnelles qui empêche d’offrir une éducation de base à tous dans des conditions satisfaisantes.

Il est permis d’espérer que, comme suite au mémorandum conjoint adressé par l’UNESCO, l’UNICEF, le PNUP et la Banque mondiale à leurs représentants, coordonnateurs et responsables d’équipes de pays, le système des Nations Unies sera en mesure d’aider, avec une efficacité croissance, ces pays à développer l’éducation de base et à en améliorer la qualité.

Enseignement supérieur

• Dans le cadre de la préparation de la Conférence mondiale sur l’enseignement supérieur qui s’est tenue au Siège de l’UNESCO du 5 au 9 octobre 1998, une consultation régionale s’est tenue du 1er au 4 avril 1997 à Dakar au Sénégal et a donné lieu à la publication du document ‘Enseignement supérieur en Afrique, Réalisations, Défis et Perspectives’. Cette rencontre a été suivie de l’organisation de (i) un forum des associations d’étudiants en Afrique sur l’enseignement supérieur au 21ème siècle à Accra, Ghana, du 23 au 25 mars 1998 qui a rassemblé 34 participants représentant 14 pays et 3 organisations non-gouvernementales, et qui a donné lieu à la publication du document ‘Enseignement supérieur pour une nouvelle Afrique : la vision des étudiants’ ; (ii) organisation d’une consultation régionale sur l’enseignement supérieur dans les pays africains de langue officielle portugaise et espagnole à Maputo, Mozambique, du 9 au 11 septembre 1998, qui a rassemblé 32 participants représentant 4 pays lusophones (Cap Vert, Guinée-Bissau, Mozambique et Sao Tomé et Principe) ainsi que l’Association des Universités Africaines, et qui a donné lieu à la création d’une Conférence des Recteurs des Universités et des Directeurs d’établissements d’enseignement supérieur, chargée notamment de la coordination et de la mise en œuvre de la coopération universitaire.

• L’objectif majeur de la Conférence mondiale sur l’enseignement supérieur était d’établir les principes fondamentaux qui serviront de base aux réformes en profondeur des systèmes d’enseignement supérieur à l’échelle mondiale en vue de renforcer leur contribution à la promotion d’un développement humain durable et à la construction de la paix. La Conférence a rassemblé plus de 4.300 participants, et s’est articulée autour des grands thèmes suivants : pertinence, qualité, gestion et finances, et coopération inter-universitaire. Des tables rondes ont par ailleurs été organisées en marge des travaux sur différents thèmes, y inclus le suivi de MINEDAF VII. La Conférence a adopté une Déclaration mondiale sur l’enseignement supérieur pour le 21ème siècle et un cadre d’action prioritaire pour le changement et le développement de l’enseignement supérieur.

• Une réunion spéciale des ministres de l’éducation des Etats membres d’Afrique s’est tenue au Siège de l’UNESCO le 9 octobre 1998, parallèlement à la Conférence mondiale sur l’enseignement supérieur. 125 participants ont assisté à cette réunion, dont 35 ministres de l’éducation des Etats membres d’Afrique, 24 ambassadeurs auprès de l’UNESCO de pays africains, ainsi que des représentants de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), de l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA) et de plusieurs organisations bilatérales et multilatérales. Les participants ont examiné les différents points du rapport du Président du Comité intergouvernemental créé pour suivre la mise en œuvre des engagements pris à Durban : faits nouveaux et initiatives depuis MINEDAF VII, programme de travail du Comité intergouvernemental et programme de travail de l’OUA pour la mise en œuvre de la Décennie de l’éducation en Afrique (1997-2006). Ils ont également envisagé les modalités possibles de coopération entre l’ADEA et le Comité intergouvernemental ainsi que les critères à appliquer pour effectuer un recensement des centres d’excellence des pays africains.

Suite à cette réunion, et comme l’a recommandé MINEDAF VII, l’UNESCO a établi un réseau pour les ministres africains de l’éducation ainsi qu’une banque de bourses pour encourager la coopération entre universités africaines et établissements d’enseignement supérieur.

• Dans le cadre des programmes de l’UNESCO sur la coopération régionale, le Directeur général a accordé un subside de 50.000 dollars des Etats-Unis à la Conférence des Recteurs des universités de l’Afrique francophone et de l’océan Indien, et dans le cadre de la mise en œuvre du plan de reconstruction nationale au Libéria, l’UNESCO a accordé un subside de 100.000 dollars des Etats-Unis au Gouvernement de Libéria pour la réhabilitation des bâtiments de la faculté des sciences et l’équipement de l’Ecole de médecine et de pharmacie de l’Université du Libéria. Dans ce cadre, l’UNESCO-BREDA a organisé une Consultation nationale sur l’enseignement supérieur au Libéria, Monrovia, du 21 au 23 janvier 1999, qui a donné lieu à la publication d’un rapport sur le contenu d’une nouvelle politique de l’enseignement supérieur au Libéria. En outre, afin de permettre au Gouvernement de la Gambie de répondre aux besoins urgents liés à la création d’une université, le Directeur général, lors d’une visite effectuée en Gambie en février 1998, a décidé de mettre à sa disposition un subside de 100.000 dollars des Etats-Unis. D’autre part, L’UNESCO-BREDA a apporté une contribution technique et financière à l'organisation d'une réflexion tenue en septembre 1998 sur les structures à mettre en place dans le cadre de la réorganisation de l’enseignement supérieur au Togo, et a participé, en coopération avec le Secteur des sciences, à la réalisation d’une étude de faisabilité en vue de la création d’une université à Zanzibar en Tanzanie. L’UNESCO-BREDA a également organisé cinq ateliers de formation en pédagogie universitaire : Ibadan, Nigeria, 14-18 septembre 1998 ; Abidjan, Côte d’Ivoire, 10-14 mai 1999 ; Eldoret, Kenya, 18-22 mai 1999 ; Maputo, Mozambique, 14-18 juin 1999 ; Addis-Abeba, Ethiopie, 27-29 juillet 1999. Ces ateliers ont permis la préparation d’un guide de pédagogie universitaire ainsi que la sensibilisation des différents partenaires sur le rôle de l’enseignement supérieur et les enjeux en cause.

• Dans le cadre du Programme UNITWIN et les Chaires UNESCO, 12 nouvelles Chaires UNESCO ont été établies au cours du biennium 1998-1999 (voir liste en Annexe I). Une Conférence internationale sur le renforcement de la coopération entre le groupe de Santander et les Chaires UNESCO en Afrique a eu lieu à Las Palmas, Iles Canaries, le 15 avril 1999, et a eu pour résultat le renforcement des capacités des Chaires UNESCO ainsi que la coopération entre les Chaires UNESCO et les réseaux universitaires. L’UNESCO-BREDA a contribué au renforcement du réseau universitaire de l’Afrique du Nord et de l’Ouest sur les nouvelles technologies de l’information, notamment en l’assistant à organiser un atelier de formation sur l’accès à la documentation scientifique et technologique à Nouakchott, Mauritanie, du 22 au 26 février 1999, et a apporté une assistance technique et financière (i) à la Chaire UNESCO sur la participation des femmes en sciences et technologie pour organiser au Ghana et au Togo des ateliers de sensibilisation sur l’importance de l’éducation des filles en sciences et technologies, (ii) à la Chaire UNESCO sur l’utilisation des nouvelles technologies dans la formation des adultes et l’éducation non-formelle, qui a été inaugurée en septembre 1998 à Ibadan, Nigeria, en vue de la définition et de la mise en œuvre de ses activités, (iii) et une assistance technique a été apportée à la Chaire UNESCO sur la santé publique à Las Palmas, Iles Canaries, en vue de la création d’un réseau avec l’Angola et les Iles du Cap Vert. Il en ressort que la coopération entre les Chaires UNESCO et les réseaux UNITWIN devrait être renforcée afin de faciliter le transfert et le partage des connaissances, des compétences et des technologies.

• Dans le cadre de la promotion de la mobilité académique, le Projet TALMALI (Talents du Mali) a été lancé ; il a pour objectif principal de faciliter le retour temporaire des Maliens de l’extérieur pour dispenser des enseignements et/ou superviser des travaux de recherche à l’Université du Mali. Des initiatives similaires devraient être encouragées. L’UNESCO-BREDA a apporté une contribution intellectuelle et financière à l’organisation des ateliers de recherche ci-après : atelier des mathématiques appliquées en mars 1998 à Yaoundé, Cameroun ; huitièmes journées scientifiques de l’Université du Bénin en mai 1998 à Lomé, Togo ; 4ème atelier d’analyse fonctionnelle et équations différentielles en juillet 1998 à Accra, Ghana. L’objectif principal de ces ateliers est de rompre l’isolement des chercheurs africains en leur offrant l’occasion de diffuser et de tester les résultats de leurs travaux de recherche. En outre, un atelier de formation sur l’accréditation des programmes et l’analyse des dossiers de reconnaissance des études et des diplômes de l’enseignement supérieur s’est tenu à Nairobi du 9 au 11 juin 1999, permettant la formation de 15 responsables des services de reconnaissance des études et des diplômes venant de cinq pays d’Afrique.

• Les activités menées par l’Institut international de planification de l’éducation (IIPE) dans le domaine de l’enseignement supérieur sont notamment : (i) un cours de formation intensive pour les cadres moyens et supérieurs des universités des pays francophones d’Afrique centrale et australe qui n’avaient pas assisté à la première formation organisée par l’IIPE en 1996. Ce cours a eu lieu au Gabon en juillet 1999 et a réuni des représentants des pays suivants : Burundi, Cameroun, Congo, Côte d’Ivoire, Guinée, Madagascar, Niger, République centrafricaine, République démocratique du Congo, Rwanda et Tchad. (ii) Deux cours d’éducation à distance sur la ‘Gestion financière stratégique de quelques universités sélectionnées (Afrique australe)’ ont été organisés. Le premier, qui a regroupé 70 directeurs financiers de 15 universités dans 10 pays d’Afrique australe, a duré 10 semaines (mai-juillet 1998) et a abordé les sujets suivants : tendances et expériences internationales dans les établissements d’enseignement supérieur, questions et approches en matière de gestion financière et exercices d’élaboration de scénarios pour explorer de nouvelles stratégies de gestion financière. Le second cours a eu lieu entre avril et juillet 1999 pendant 12 semaines. Destiné aux pays anglophones qui n’avaient pas été mesure de suivre le premier, il a touché les directeurs financiers de 15 universités dans 10 pays africains.