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Education de base pour tous
Education de base pour tous Séminaire sur le suivi de la Décennie de l'Education en Afrique de l'OuestL'UNESCO a participé activement au Séminaire sur le suivi de la Décennie de l'Education en Afrique de l'Ouest, tenu à Banjul, Gambie, du 24 au 28 janvier 2000. Cette rencontre a été organisée conjointement par l'OUA et la CEDEAO, dans le cadre de la mise en oeuvre du Programme d'Action de Harare adopté par la Conférence des Ministres Africains de l'Education (COMEDAF) en mars 1999 à Harare, Zimbabwe, et entériné en juillet 1999 à Alger, Algérie, par la 35ème session ordinaire de la Conférence des Chefs d'Etat et de Gouvernement de l'OUA.
Ce séminaire a vu la participation des représentants de treize pays de la sous-région, dont certains au niveau ministériel, ainsi que des représentants de la SADC et du Cameroun en qualité d'observateurs. Des représentants d'ONG, de réseaux et d'organisations de coopération régionale et internationale ont également pris part aux travaux. Le séminaire avait pour objectifs de : (i) mettre en place des structures et mécanismes de suivi et de mise en oeuvre de la décennie au niveau sous-régional; (ii) identifier des projets pilotes à mettre en oeuvre pendant la décennie; et (iii) procéder, entre les Etats concernés d'une part, entre ceux-ci et les organisations de coopération d'autre part, à des consultations sur le financement des activités de la décennie au plan sous-régional. Les travaux se sont déroulés sous forme de panels autour des thèmes ci-après : (i) l'état de l'éducation en Afrique de l'Ouest; (ii) accès, équité, qualité, pertinence et renforcement des capacités; (iii) stratégie sous-régionale pour le développement de la recherche en éducation; (iv) place et rôle des associations et syndicats d'enseignants ainsi que des médias pour atteindre les objectifs de la décennie; (v) financement de la décennie.
Les résultats du séminaires sont résumés ci-après :
Par ailleurs, le séminaire a indiqué dix domaines dans lesquels devront être mis en oeuvre des projets pilotes à identifier; il a désigné pour chacun des projets, un pays chef de file chargé de la conception du dossier de projet ainsi que de la coordination et du suivi de sa mise en oeuvre. D'autre part, les organisations de coopération présentes ont été appelées à indiquer les projets pour lesquels elles pourraient apporter leur assistance.
Rencontres de Bamako sur l'accélération de l'éducation de base en Afrique de l'OuestLors du Forum mondial sur l'éducation de Dakar, les délégations des six pays francophones d'Afrique dans lesquels les taux de scolarisation étaient les moins élevés en Afrique de l'Ouest (Burkina Faso, Guinée, Mali, Niger, Sénégal et Tchad) avaient décidé de se retrouver au plus haut niveau à Bamako pour susciter une prise de conscience sous-régionale, examiner la direction à donner à l'effort commun et identifier les moyens et stratégies à mettre en œuvre pour atteindre les objectifs d'éducation pour tous dans les délais impartis par le Forum. Par ailleurs, il était envisagé dans le cadre de l'Initiative spéciale du système des Nations Unies pour l'Afrique d'organiser à Bamako un séminaire pour faire un bilan des forces et faiblesses de la participation de la société civile à l'effort d'éducation pour tous. Ces rencontres se sont déroulées en trois étapes : (i) réunion des ministres de l'éducation et des finances; (ii) Sommet des Chefs d'Etats et de Gouvernements des six pays; et (iii) séminaire sur la contribution des ONG/OSC à l'EPT. Ces rencontres ont eu lieu du 25 novembre au 2 décembre 2000.
La Réunion des Ministres a salué la participation des ministres des finances, ce qui prouve leur détermination à contribuer à l'effort commun d'éducation pour tous. Elle a également salué l'intention des pays donateurs d'alléger la dette des six pays. Elle a noté avec satisfaction que le Sénégal et le Mali ont déjà développé des plans d'action acceptables, tandis que le Tchad et la Guinée pourront probablement être prêt avant la fin de l'année. Le Niger et le Burkina Faso le seront dans un futur immédiat. Cette réunion avait préparé des documents d'orientation pour le Sommet des Chefs d'Etat et de Gouvernement, à savoir : un Cadre d'action, une Résolution politique et un Cadre de partenariat.
Cinq Chefs d'Etat et de Gouvernement, une dizaine de ministres d'éducation et de finances ainsi que des représentants des partenaires nationaux et internationaux ont répondu à l'appel de Bamako. Parmi ces partenaires, outre l'UNESCO, il y avait les représentants d'autres partenaires au développement, en particulier la Banque mondiale, l'UNICEF, le PNUD, la Coopération française, la Coopération néerlandaise, l'USAID, l'ISESCO et les représentants de la société civile, notamment les syndicats d'enseignants et les associations de parents d'élèves. La rencontre a été rehaussée par la présence du Directeur général de l'UNESCO, M. Koichiro Matsuura, qui fit le déplacement sur invitation du. Président du Mali, S.Exc. M. Alpha Oumar Konaré.
La rencontre des Chefs d'Etat et de Gouvernement a abouti aux résultats suivants: les Chefs d'Etat et de Gouvernement ont fait preuve d'un engagement politique ferme et en faveur de l'éducation, en plaçant celle-ci au premier rang de leurs priorités. Cette volonté politique doit se traduire par l'engagement de l'ensemble de la société et être scellée par un consensus national autour de l'éducation pour tous et de l'éducation de base en particulier. Par ailleurs elle doit être accompagnée d'un engagement financier qui se concrétisera par la mobilisation des ressources endogènes et l'affectation prioritaire des prêts et subventions à l'EPT. Les Chefs d'Etat et de Gouvernement se sont engagés à consacrer 4% du PIB à l'éducation; sur le budget de ce secteur, environ 50% seront consacrés à l'éducation de base. Au moins 50% des revenus résultant de l'allégement de la dette devront être alloués à l'éducation et au moins la moitié de cette recette devra être réinvestie dans l'éducation de base. Les besoins annuels d'assistance extérieure de chacun des pays concernés ont été estimés à environ 40 à 50 millions de dollars des Etats-Unis.
Les Chefs d'Etat et de Gouvernement se sont engagés à promouvoir la participation communautaire et à reconnaître et favoriser la contribution des ONG, des organisations de la société civile et du secteur privé. Le rôle primordial des syndicats d'enseignants et des associations de parents d'élèves a été souligné ainsi que la nécessité d'améliorer le rendement.
Le séminaire sur le la contribution des ONG/OSG à l'EPT a connu une large participation, avec des représentants de la société civile, des ministères de l'éducation des pays, des organisations professionnelles, des médias et des agences bilatérales et multilatérales. Le séminaire a noté la contribution remarquable des ONG/OSG dans des domaines tels que la mobilisation communautaire, la mise en œuvre d'approches alternatives, le développement des programmes de santé scolaire et de lutte contre les MST/SIDA, l'habilitation des femmes, le renforcement des capacités, la production de matériels didactiques, ainsi que le développement de mécanismes de concertation et l'éducation civique pour la paix, la protection de l'environnement, la démocratie et la promotion de la famille. Le séminaire a suggéré que les ONG/OSG soient pourvues de plus d'espace de concertation, de coopération et de participation aux prises de décision relatives aux réformes éducatives, ainsi qu'à l'élaboration des Plans nationaux d'action de l'éducation pour tous. Le dialogue pourrait s'établir à travers des coalitions nationales d'ONG/OSG qui sont à créer ou à renforcer partout où elles existent déjà. Le soutien de l'UNESCO a été sollicité à cet effet.
Dans le cadre du suivi des décisions prises lors de ces rencontres de Bamako, le soutien de l'UNESCO et de la Banque mondiale a été sollicité pour plusieurs activités. L'UNESCO doit en coopération avec la Banque mondiale, les partenaires bilatéraux, en particulier la Coopération française, la Coopération néerlandaise, l'USAID, les pays nordiques, la société civile et les autres partenaires de l'Education pour tous, aider chacun des pays à mettre rapidement en place une cellule EPT pour réexaminer les implications du Forum de Dakar sur les objectifs, les stratégies et les calendriers déjà en place dans le cadre des programmes décennaux en cours. Ces calendriers sont conçus dans la perspective de respecter la date limite de 2002 pour la finalisation des Plans d'action nationaux de l'EPT. La Banque mondiale a signalé sa disponibilité à faciliter la couverture de tout réajustement rendu nécessaire par les engagements de Dakar et du Sommet de Bamako. Une Task Force de suivi doit être formée pour accompagner cette initiative qui doit figurer parmi les programmes prioritaires à inclure dans le plan de suivi du Forum de Dakar. Par ailleurs, un groupe de travail composé de la directrice de la Division de l'Education de base, du directeur chargé de l'éducation pour l'Afrique, du directeur du Bureau Afrique de la Banque mondiale et des représentants de partenaires bilatéraux, doit être mis en place pour aider à la mise en œuvre de cette initiative. Le soutien de l'UNESCO, de la Banque mondiale et des autres partenaires a été explicitement requis dans les domaines suivants : (i) dissémination des résultats de Dakar; (ii) promotion de la paix sociale et de la sécurité; (iii) amélioration de la condition des enseignants et de leur rendement; (iv) renforcement des capacités des ONG afin que celles-ci puissent jouer leur rôle de partenariat; et (v) dissémination des recommandations de Bamako.
Programme des enfants en situation difficileLe programme de l'UNESCO pour les enfants en situation difficile, enfants des rues vise à promouvoir l'éducation de base pour les enfants de la rue et à prévenir le départ vers la rue d'enfants en situation difficile. Au cours du biennium 2000-2001, les activités suivantes ont été menées en Afrique : le projet UNESCO-ONUSIDA "Promouvoir l'accès de l'éducation de base et de la formation professionnelle des enfants en situation difficile" a été lancé en Afrique australe et orientale. Il se déroule en deux phases : (i) analyses de situations en Afrique du Sud, en Namibie, en Zambie et au Swaziland; (ii) Atelier sous-régional pour les professionnels de huit pays de la région fondé sur les résultats de ces analyses. Il sera organisé à Windhoek (Namibie) au second semestre 2001, et réunira les pays suivants : Afrique du Sud, Botswana, Lesotho, Malawi, Namibie, Swaziland, Zambie et Zimbabwe. D'autre part, en Guinée, le "Projet d'éducation des enfants de la rue" a pour but le renforcement des compétences professionnelles des travailleurs sociaux et des éducateurs en matière de prévention contre les drogues et le SIDA. Ce projet comporte les activités suivantes : (i) réhabilitation de locaux pouvant accueillir des activités sociales et éducatives au profit des enfants de la rue, leurs éducateurs et des travailleurs sociaux; et (ii) enquête qualitative et quantitative sur les enfants de la rue dans leurs rapports avec les drogues et le SIDA, élaborée par une ONG (SIDAERTE). L'enquête est menée au moyen de (i) questionnaires adressés aux professionnels publics et privés, et au public en général et de (ii) " focus groups " pour les parents et les enfants en situation difficile. Les résultats de cette enquête pourront également servir d'exemple pour les professionnels des autres pays de la région.
Au Mali, le projet pilote "Cyber classe" (école de la seconde chance) pour les enfants de la rue a été lancé en juin 2000, en étroite collaboration avec le Bureau de l'UNESCO au Mali et le Ministère de l'Education. Il vise à attirer les enfants de la rue vers l'école par l'informatique comme un jeu. Le Mali fait également partie de la première phase du projet éducatif "Le Livre blanc de notre avenir", lancé par l'UNESCO et P.A.U Education (Maison d'Editions de Barcelone). L'objectif de ce projet est de faire participer, d'une manière attrayante, les enfants de la rue à la réalisation ou à l'amélioration des outils et des pratiques pédagogiques qui leur sont destinés. A cette fin, les élèves et les éducateurs notent, illustrent, racontent le quotidien de la réinsertion des enfants en situation difficile et communiquent entre eux leurs expériences respectives. Ce nouvel outil pédagogique et médiatique permet également de sensibiliser non seulement les gouvernements et les bailleurs de fonds mais aussi la société en général sur le potentiel créatif des enfants de la rue. L'ONG ENDA-Bamako a identifié et supervisé les six centres qui participent au projet. La diffusion de la publication " Livre blanc ", synthèse des différentes contributions des six centres, sera faite très prochainement.
D'autre part, un "Séminaire-atelier national d'échange et de réflexion sur la prise en charge des enfants en situation difficile" a été organisé au BREDA (Dakar) du 28 au 30 novembre 2000. Une trentaine d'acteurs de terrain ayant en charge des enfants en situation difficile, exerçant au niveau des agences du système des Nations Unies, des structures gouvernementales, et des ONG de différentes régions du Sénégal ont participé à ce Séminaire. Par ailleurs, Deux missions d'identification ont été effectuées au Gabon, dans le cadre de la coopération avec le Gouvernement gabonais en vue de la mise en place à Libreville d'un projet pilote de réhabilitation des enfants en situation difficile. Ce projet comporte deux volets: (i) réaliser un centre de formation professionnelle des jeunes en difficulté sociale (Ferme - Ecole de Mélen) et (ii) rendre opérationnel un centre d'accueil, de protection, de socialisation et d'éducation des enfants sans famille (Centre d'accueil d'Angogé).
Education des jeunes filles et des femmes en Afrique : orientation et conseil pour les filles en âge scolaireLe Programme d'Orientation et de Conseil concerne les aspects non académiques de l'enseignement, en l'occurrence la dimension émotionnelle et sociale de la vie scolaire de l'enfant. Il donne plus de sens à l'éducation de l'enfant car il permet aux jeunes d'acquérir des capacités et des connaissances qui leur permettront de devenir autonomes. Le programme vise à développer et à institutionnaliser les services d'orientation et de conseil en tant qu'accompagnement non-académique tout en accordant la priorité à l'éducation des filles et en mettant l'accent sur l'éducation préventive contre le VIH/SIDA. Mis en place par les Ministres africains de l'Education en 1994, ce programme rassemble aujourd'hui 27 pays d'Afrique sub-saharienne. Il est géré par les Ministres de l'Education par le biais d'un Conseil des Gouverneurs. Par ailleurs, un Comité Technique de Travail constitué par des membres des pays participants, assure le suivi et la mise en œuvre du projet. Depuis 1996, des stages régionaux de formation ont été organisés en langue anglaise à l'intention des responsables politiques, des enseignants, des formateurs d'enseignants, des jeunes et des travailleurs sociaux au Malawi, où il existe un centre intérimaire pour l'Orientation, le Conseil et le Développement de la Jeunesse en Afrique. Un centre permanent est en cours de construction. Depuis 1999, des stages régionaux de formation sont organisés en langue française en Côte d'Ivoire et au Sénégal. La formation a un effet multiplicateur lorsqu'elle est menée aux niveaux régional et national. Seize modules de formation ont été créés par des équipes locales touchant des domaines tels que la sensibilisation à la spécificité des hommes et des femmes, le travail social et la santé reproductive des adolescents. D'autres modules seront créés à l'intention des enfants orphelins du sida, la formation à la direction d'entreprise et la promotion de l'harmonie entre les ethnies. Par ailleurs, ce programme est complété par des manuels et des vidéos. Il est suffisamment flexible pour s'adapter aux différents besoins de chaque Etat membre. Il est financé conjointement par l'UNESCO, la DANIDA et la Finlande. L'UNICEF, l'UNFPA, les Etats Unis d'Amérique, l'Allemagne, l'ISESCO, et la Fondation Rockefeller collaborent aussi à ce projet. Enfin, ce programme est relayé au niveau national par les gouvernements et les commissions nationales pour l'UNESCO. Au cours du biennium 2000-2001, outre les ateliers locaux organisés dans les 27 pays participants, l'élaboration de matériels de formation en orientation et conseil s'est poursuivie pour le groupe francophone, avec la production, notamment, de manuels qui complètent les modules sur la Formation en santé reproductive des adolescents, Droits et devoirs de la fille et de la femme, et Gestion de la vie personnelle, familiale et domestique. Il en est de même pour le groupe anglophone: préparation de nouveaux modules de formation, à savoir HIV/AIDS Education, Entreprise Education, et Racial and Ethnic Harmony. Les autres activités entreprises au cours du biennium sont résumées ci-après : (i) (i) un stage de formation pour les formateurs en orientation et en conseil pour le groupe francophone à Rabat, Maroc, du 27 au 31 mars 2000; (ii) réunion du Conseil des Gouverneurs en avril 2000 à Dakar, Sénégal; (iii) le quatrième stage régional de formation à l'intention des formateurs de formateurs en orientation et en conseil pour le groupe anglophone, à Domasi, Malawi, du 10 au 28 juillet 2000 et le deuxième stage régional de formation à l'intention des formateurs de formateurs en orientation et en conseil pour le groupe francophone à Dakar, Sénégal, du 13 novembre au 2 décembre 2000; (iv) réunion du Comité technique de travail pour le groupe anglophone à Lagos, Nigeria, du 27 novembre au 2 décembre 2000. Les activités entreprises au cours du premier semestre 2001 sont résumées ci-après: (i) réunion du Comité technique de travail pour le groupe francophone à Ouagadougou, Burkina Faso, en mars 2001; (ii) le Forum de jeunes pour les enfants orphelins du sida au Zimbabwe, du 23 au 26 avril 2001 et un autre Forum de jeunes pour les enfants orphelins du sida au Malawi du 18 au 21 avril 2001. Au second semestre 2001 sont prévus : (i) le cinquième stage régional de formation en orientation et en conseil pour le groupe anglophone à Lilongwe, Malawi, du 9 au 27 juillet 2001; (ii) la réunion du Conseil des Gouverneurs en octobre 2001; (iii) la Conférence Internationale sur l'Orientation et le Conseil, le lancement de l'Association des Conseillers en Orientation en Afrique, et la réunion du Comité Technique de Travail pour l'Orientation et le Conseil pour le groupe anglophone du 15 au 19 octobre 2001; (iv) le troisième stage régional de formation à l'intention des formateurs de formateurs en orientation et en conseil pour le groupe francophone à Abidjan en novembre-décembre 2001; et (v) le forum de jeunes pour les enfants orphelins à cause du sida en Zambie en décembre 2001.
Dans le cadre du projet spécial "Promotion de l'éducation des jeunes filles et des femmes en Afrique", l'UNESCO et le Gouvernement de Burkina Faso ont organisé un séminaire de trois jours consacré à la mise en place à Ouagadougou d'un centre d'éducation pour les jeunes filles, et notamment à l'examen du programme et du calendrier des travaux correspondants. Ont assisté au séminaire un large éventail de personnes partie prenantes à l'éducation des jeunes filles et des femmes, venues aussi bien du secteur public que du secteur privé, et des représentants de divers organismes. L'évaluation de ce projet spécial, qui est prévue dans le document 30C/5, est en cours d'élaboration.
Ecoles intégratrices et programmes de soutien communautairePour donner suite à la Conférence mondiale sur les besoins éducatifs spéciaux, tenue à Salamanque (Espagne) en 1994, l'UNESCO a lancé en 1996 le projet sur les écoles intégratrices et les programmes de soutien communautaire, dont l'objectif est d'appuyer les activités et de diffuser les informations relatives aux innovations réalisées à petite échelle sur les plans national, provincial et local afin de promouvoir l'insertion des enfants à besoins éducatifs spéciaux dans les écoles ordinaires. Les objectifs du Projet sont les politiques d'action, la formation des enseignants, le développement de services de soutien pédagogique, l'éducation des parents, l'éducation préprimaire, l'éducation des sourds, l'éducation pour les adultes et la transition vers la vie active. La phase II du projet (1998-2000) englobe onze pays, dont cinq d'Afrique. Elle est financée grâce à des fonds provenant du Danemark, de Finlande et de Norvège. Tous les projets sont quasiment finis et plusieurs pays prévoient des activités de suivi pour le printemps 2001. L'évaluation de la phase II est prévue pour le printemps 2001 donnant le relais ainsi à la phase III. Celle-ci débutera à l'automne 2001et impliquera certains pays déjà concernés par la phase II en plus d'un ou de deux nouveaux pays. Les activités suivantes ont été entreprises en Afrique au cours du biennium 2000-2001: (i) Au Cameroun, l'ONG APEHM, qui travaille dans le domaine de l'intégration sociale et de l'éducation des enfants handicapés, est responsable de l'exécution des activités dans le cadre de ce projet à petite échelle. Le projet vise à faciliter l'élaboration d'une politique, la formation des enseignants, la mise en place de services d'aide et la sensibilisation des parents et de la communauté à propos de l'éducation et l'intégration sociale des enfants handicapés, en particulier l'intégration des enfants handicapés dans les écoles ordinaires. Les écoles participant à ce projet disposent de plusieurs classes intégrées et l'équipe d'aide continue ses efforts afin d'atteindre une approche globale à l'intérieur des écoles dans le but d'impliquer et de former la totalité du personnel éducatif. (ii) Au Ghana, en collaboration avec l'Association Nationale des Sourds du Ghana, le projet sur l'éducation des sourds vise à former une équipe nationale de formateurs à l'enseignement de la langue des signes, la documentation des signes et le développement de matériels de formation. Le projet vise également à répondre aux besoins en communication chez les sourds par le renforcement des structures existantes, la mise à disposition de l'orientation technique, la formation du personnel et le développement d'une base de ressources humaines. La Division de l'Education spéciale considère que les buts et les objectifs du projet ont été atteints. En effet, seize adultes sourds ont été formés en langue et en documentation des signes. Trente quatre professeurs à l'intention des sourds ont été formés en structures et à l'enseignement de la langue des signes alors que treize interprètes ont suivi une formation en techniques d'interprétation en cette même langue. Une équipe chargée de la diffusion des acquis des ateliers a été formée et un dictionnaire de langue des signes est en cours de production. Les partenariats établis sont probablement le point fort à développer et à maintenir afin de jeter les bases pour un développement futur de la langue des signes. Un partenariat de confiance et de coopération a été mis en place entre la Division de l'Education spéciale et l'Association Nationale des Sourds du Ghana. Des débats sont organisés autour des questions de l'éducation des personnes sourdes et de la langue des signes. En guise de suivi du projet, la Division de l'Education spéciale informera les directeurs des écoles de sourds afin qu'ils intègrent l'enseignement et l'apprentissage de la langue des signes dans leurs plans et objectifs trimestriels. Les adultes sourds seront encouragés à faciliter les programmes de formation en langue des signes dans les écoles alors que la Division de l'Education spéciale continue d'explorer les possibilités d'offrir un emploi d'assistants aux adultes sourds. Deux ateliers de suivi sont envisagés au cours de cette année à l'attention des professeurs pour personnes sourdes et des interprètes. La Division de l'Education spéciale continuera de coordonner et de superviser les activités de la langue des signes et d'établir des rapports à l'attention du Service de l'Education du Ghana. Un budget consacré aux activités en langue des signes sera présenté au gouvernement à travers le Service de l'Education du Ghana et la Division des Besoins spéciaux en éducation va explorer d'autres sources de financement. (iii) A Madagascar, le Ministère de l'Education se charge de mettre en place un projet pilote dans le domaine de l'éducation intégratrice, l'objectif étant d'avoir une expérience pilote dans ce domaine à Madagascar et de la développer progressivement. Les enseignants au sein de trois écoles pilotes ont reçu une formation et sont suivis régulièrement par une équipe du projet. Des formateurs provenant d'un collège de formation des enseignants sont désormais impliqués dans le suivi du projet. De plus, ce collège a décidé d'inclure un module sur les classes intégratrices dans le cadre de son programme d'enseignement. Les professeurs ont commencé à adopter de nouvelles méthodes d'enseignement et l'on peut voir désormais une meilleure communication avec les enfants qui ont des besoins spéciaux. Le travail dans les écoles se poursuit, avec une importance accrue accordée à la formation des enseignants et aux visites régulières effectuées par les équipes d'aide. En outre, un effort supplémentaire sera entrepris dans le travail avec le collège de formation des enseignants. L'équipe du projet tente de rassembler des fonds pour que le projet puisse se poursuivre. (iv) A l'Ile Maurice, L'Association des parents d'enfants mal adaptés de l'Ile Maurice (APEIM) est une organisation nationale de parents qui œuvre, entre autres, pour l'intégration des enfants handicapés dans les écoles ordinaires. Ce projet vise à sensibiliser et à informer le grand public, les autorités et les enseignants ainsi que le personnel des écoles. Il a pour objectif également de promouvoir les droits de ces enfants à l'éducation. Le projet cherche à jouer le rôle de catalyseur afin de mettre cette question à l'ordre du jour au sein de la communauté et des autorités responsables. Le projet a démarré avec six écoles, intégrant six enfants présentant des handicaps intellectuels au sein de classes ordinaires. Toutes les classes ont enregistré des développements positifs à l'exception d'une seule. Il s'agit de la seule école qui ne s'est pas portée volontaire pour participer à ce projet. Il est possible que les difficultés découlent de ce fait. Il est envisagé que treize nouvelles écoles participent à ce projet lors de la prochaine rentrée scolaire. La campagne de sensibilisation APEIM, en partenariat avec l'UNICEF, a été intensifiée en janvier 2001 grâce à trois clips télévisés qui soulignent les droits de l'enfant, et un film de 20 minutes sur l'éducation intégratrice à l'attention des enseignants. Ces deux supports sont destinés à être utilisé lors des séances de formation. Sachant que le chemin vers l'intégration est long à parcourir, l'équipe œuvre dans le but de recevoir une aide plus conséquente de la part du Ministère de l'Education. Une politique nationale pour l'éducation des enfants à besoins spéciaux est en cours d'élaboration en Ile Maurice. Afin d'appuyer ce processus, l'UNESCO a envoyé un consultant au printemps 2001 pour travailler de concert avec ledit ministère, les ONG et les autres parties concernées par le développement de cette politique. (v) En Afrique du Sud, le Gauteng Education Department est chargé de l'exécution du projet. L'une des fonctions de ce département consiste à développer et à assurer la mise en place d'une politique répondant aux divers besoins des personnes handicapées en matière d'apprentissage. Ce projet a réuni deux écoles ; l'une étant une école ordinaire avec peu de moyens dans une région rurale désavantagée tandis que l'autre est une école voisine, bien équipée, pour aveugles. Beaucoup d'efforts ont été consentis en matière de sensibilisation de toutes les parties concernées, y compris le personnel des deux écoles, les parents des écoliers et la communauté. Des ateliers de formation à l'intention des parents sont organisés une fois par mois et les résultats obtenus à ce jour sont très encourageants. Le projet est géré par le Bureau UNESCO de Pretoria.
Développement de politique et de pratiques durables en matière d'éducation intégratrice
" Le développement de politique et de pratiques durables en matière d'éducation intégratrice " est une recherche comparée et concertée d'action et de développement de projets dans le domaine des politiques et des pratiques en matière de l'éducation intégratrice. Le projet, à l'initiative du Canterbury Christ Church University College au Royaume Uni, qui en assure la coordination, avec la participation de l'Université de Manchester (Royaume Uni), repose sur le savoir et l'expérience des chercheurs et des acteurs de terrain en Angleterre, en Afrique du Sud, au Brésil et en Inde. Il vise à réduire l'exclusion académique et sociale.
Favoriser l'alphabétisation et l'éducation non formelle des jeunes et des adultes Le "Programme de formation des éducateurs de base", visant à mettre au point une politique intégrée de formation des éducateurs de l'éducation de base des secteurs tant formel que non formel compte neuf pays, dont six d'Afrique, à savoir: Gambie, Guinée, Kenya, Mali, Sénégal et Zambie. Tous ces pays ont vu leurs plans nationaux d'action entérinés par les experts étrangers en février 2001.
L'action du Bureau de l'UNESCO à Dakar en faveur des centres de ressources pédagogiques à base communautaire (CAC) animés par les clubs UNESCO s'inscrit dans le cadre du suivi de Jomtien. Dès le milieu de l'an 2000, le projet de caravane d'alphabétisation, lancé au Sénégal au titre du programme d'entraide de l'UNESCO avec des fonds du Programme ordinaire de l'UNESCO et le concours actif de l'Ambassade des Pays-Bas à Dakar, était opérationnel, ce qui a permis d'atteindre, entre autres, l'objectif consistant à doter le Sénégal d'un réseau de dix centres de ressources pédagogiques. Au second semestre 2000, le projet régional de construction et d'équipement de centres de ressources pédagogiques au Mali, en Mauritanie et en Gambie a été complété, avec des retombées dont a bénéficié également un centre de ressources pédagogiques au Burkina Faso. Un nouveau centre de ressources pédagogiques a été créé au Sénégal (à Bakoum, région de Kolda) et le premier centre de Guinée a vu le jour à Bolivel. Par ailleurs, l'équipe d'évaluation animée par l'INEADE (Institut pour le développement de l'éducation de Dakar) a complété son étude sur la finalité et le fonctionnement des CAC animés par les clubs UNESCO en Afrique. Cette évaluation critique fournit des indications qui devraient permettre d'amplifier la dynamique existante.
Un programme de contrôle et d'évaluation de l'éducation non formelle a été lancé conjointement par la Division de l'éducation de base et l'Institut de statistique de l'UNESCO, avec le concours de l'Institut international d'alphabétisation de l'Université de Pennsylvanie. Des directives ont été préparées pour la mise en place d'un système d'information et de gestion de l'éducation non formelle et des bases de données et des schémas de contrôle de l'éducation non formelle ont été élaborés dans le cadre d'un projet de recherche orientée vers l'action en Tanzanie.
Certains programmes d'éducation non formelle en Afrique, à titre d'exemple le projet sur l'acquisition des savoirs-faire professionnels en Afrique du Sud, le programme communautaire de mise en valeur des savoir-faire professionnels en Namibie et le programme à l'intention des populations nomades et tribales au Kenya ont été passés en revue en coopération avec le Groupe de travail de l'ADEA sur l'éducation non formelle, de manière à analyser les caractéristiques spécifiques et la typologie des programmes d'éducation non formelle. Le rapport sur les résultats de cet examen et de cette analyse est en cours d'élaboration.
D'autre part, les données d'expérience acquises par l'UNESCO en matière de production de matériel de lecture et de programmes radiophoniques tenant compte des sexospécificités et destinés à consolider les acquis de l'alphabétisation en Afrique ont été regroupées et publiées, à l'occasion de la réunion sur l'éducation des filles qui s'est tenue dans le cadre du Forum de Dakar. Par ailleurs, en liaison étroite avec le le projet spécial "Promotion de l'éducation des jeunes filles et des femmes en Afrique", le recueil Histoires africaines a été imprimé et diffusé dans le monde entier pour présenter les matériaux élaborés au cours des séminaires UNESCO/DANIDA dans l'optique d'une documentation qui tienne compte de la problématique des genres. Une série de brochures de postalphabétisation rédigées au début de l'année 2000 dans le cadre d'ateliers bénéficiant du soutien de l'UNESCO a également été diffusée.
A l'occasion de la Journée internationale de l'alphabétisation célébrée le 8 septembre 2000, le prix "Association internationale pour la lecture" a été décerné à l'Organisation pour l'alphabétisation des adultes au Zimbabwe (ALOZ, Zimbabwe). Et dans le cadre des politiques du livre, l'exécution du programme relatif au développement durable du livre a progressé dans tous les pays participants, à savoir, le Burkina Faso, le Malawi, le Mali, le Mozambique, la Namibie, l'Ouganda et la Tanzanie, avec la mise au point de politiques nationales en matière de manuels scolaires, l'établissement de mécanismes de coordination conjoints secteur privé/secteur public et la formation du personnel du secteur du livre. Une des activités majeures organisées au cours de ce biennium a été la première consultation internationale sur le secteur du livre, qui s'est tenue en Ouganda (janvier 2000). Dans le cadre du Bilan de l'EPT en l'an 2000, une étude thématique sur l'approvisionnement en livres et l'environnement de l'apprentissage a été entreprise conjointement avec le Groupe de travail de l'ADEA sur les livres et le matériel éducatif et présentée au Forum de Dakar. D'autre part, l'UNESCO coopère avec l'Association internationale pour la lecture à l'organisation d'ateliers visant à former des formateurs de formateurs à la réflexion critique dans le cadre de l'enseignement des aptitudes à la lecture au Nigeria et en Tanzanie.
L'Initiative UNESCO/DANIDA relative aux matériels d'enseignement de base en vue du développement durable du livre a appuyé l'organisation d'ateliers de formation en Guinée, au Burkina Faso, en Ouganda, en Namibie et au Malawi dont l'objetif était de former des formateurs et de perfectionner des spécialistes dans les domaines suivants : la publication, la conception et la production de manuels; les auteurs de livres pour enfants; les compétences nécessaires à l'élaboration de guides pour les enseignants; et les recherches à entreprendre en matière de développement du livre et de gestion de l'impression. Dans le cadre de cette initiative, l'UNESCO a apporté une assistance financière à tous les pays pour qu'ils puissent participer à la Foire internationale du livre tenue en août 2000 au Zimbabwe. Un guide devant orienter les travaux des conseils d'approbation des manuels scolaires a été établi en collaboration avec le Mozambique.
Dans le cadre du développement des micro-entreprises, les activités suivantes sont en cours en Afrique : (i) au Bénin, assistance aux tisserands par la création d'un fonds de garantie et l'organisation de formation, et collaboration avec une institution de micro-financement afin de fournir aux adolescentes (dont les parents bénéficient de micro-crédits) un programme intégré d'éducation, de formation et de santé; (ii) à Madagascar, collaboration avec une association locale pour promouvoir et développer la condition économique et sociale des tisserands : mise en place d'un système de microfinancement, et de formation en gestion.
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