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En ce qui concerne la sauvegarde des sites et monuments et la préservation des réserves de biosphère, lUNESCO met de plus en plus laccent sur une approche régionale par lanimation de stages régionaux, sous-régionaux et nationaux qui permettent aux étudiants, techniciens et spécialistes dapprofondir leurs connaissances dans le milieu qui leur est familier et davoir recours à des techniques fondées sur des matériaux et équipements locaux. Ces activités, organisées par le Centre du patrimoine mondial à lUNESCO, ont permis la mise en place dun réseau dexperts africains et lélaboration dun programme de formation qui sétalera sur 10 ans et qui sintitule "Africa 2009 ". Actuellement, le nombre total des sites en Afrique subsaharienne inscrits sur la Liste du patrimoine mondial est de 46 dont 29 sont des sites naturels, 16 des sites culturels et un site mixte. Compte tenu du nombre limité de sites et monuments africains inscrits sur la liste du Patrimoine Mondial, lUNESCO a mis au point une politique de stratégie globale devant permettre aux Etats africains de présenter des listes indicatives des biens culturels quils veulent faire figurer sur la liste du Patrimoine Mondial.
L'UNESCO a proclamé le vendredi 18 mai 2001, lors d'une cérémonie présidée par le Directeur général, dix-neuf chefs d'œuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité. Parmi ceux-ci, figurent les trois espaces culturels ou formes d'expression culturelle africaine suivants : la tradition orale du Gèlèdé (Bénin, soutenue par le Nigeria et le Togo) ; les trompettes Gbofe d'Afounkaha : la musique et l'espace culturel de la communauté Tagbana (Côte d'Ivoire) et l'espace culturel du Sosso-Bala (Guinée). Par patrimoine oral et immatériel, l'UNESCO entend : " l'ensemble des créations émanant d'une communauté culturelle fondées sur la tradition, exprimées par un groupe ou par des individus et reconnues comme répondant aux attentes de la communauté en tant qu'expressions de l'identité culturelle et sociale de celle-ci, les normes et les valeurs se transmettant oralement, par imitation ou par d'autres manières. Ses formes comprennent, entre autres, la langue, la littérature, la musique, la danse, les jeux, la mythologie, les rites, les coutumes et le savoir-faire de l'artisanat, l'architecture et d'autres arts. Outre ces exemples, seront prises en compte aussi les formes traditionnelles de communication et d'information ".
Lors de la proclamation, le Directeur général M.Koïchiro Matsuura a souligné que l'inscription sur la liste par l'UNESCO de ces chefs d'œuvre est un engagement de sa part à mettre tout en œuvre pour aider le ou les pays détenteurs du chef d'œuvre proclamé à financer le plan de sauvegarde.
LISTE CHEFS D'OEUVRE AFRICAINS DU PATRIMOINE ORAL ET IMMATERIEL ![]() Le patrimoine oral GèlèdéBENIN (soutenu par le Nigeria et le Togo) Pendant 100 ans, les communautés des Yoruba-Nago, Fon et Mahi ont pratiqué leurs rites et leurs danses après les moissons, ainsi que lors des sécheresses et des épidémies. Le rituel, qui fait appel à des masques sculptés, est chanté en yoruba et rappelle l'histoire et les mythes du peuple Yoruba-Nago. La communauté est divisée en groupes qui peuvent être dirigés par un homme ou une femme - c'est la seule société masquée où les femmes peuvent jouer ce rôle. Des chanteurs accompagnés par un tambour chantent pendant cette cérémonie nocturne, suivis par des danseurs accompagnés d'un orchestre. Des masques satiriques se moquent de certains comportements et attitudes. L'origine mythique du Gèlèdé est censée refléter le passage d'une société matriarcale à une société patriarcale. Le but est de calmer la colère des mères mythiques et les esprits des ancêtres. Des animaux sont souvent représentés : le serpent, symbole du pouvoir, ou l'oiseau, messager des "mères". Menaces : Développement technologique et tourisme mettent en péril le futur du Gèlèdé. Plan d'action : Des propositions incluent la création de centres communautaires pour la pratique du rituel et la formation d'artisans et d'étudiants. Un inventaire des meilleurs
groupes de Gèlèdé, des masques et des artisans est en cours de réalisation. Du matériel audiovisuel est nécessaire. Des lois sur le patrimoine sont en train d'être révisées. Des festivals nationaux et internationaux sont prévus, ainsi que la vente de produits artisanaux.
COTE D'IVOIRE Les trompettes traversières Gbofe d'Afounkaha sont utilisées dans des rituels et cérémonies traditionnelles. Le terme "gbofe" peut faire référence aux instruments, aux joueurs, à la musique des trompettes ou au spectacle dans son intégralité. Les Gbofe sont utilisés dans des rituels et cérémonies profondément enracinés dans la tradition des Tagbanas. La fabrication des instruments est également l'occasion d'un rituel, au cours duquel on coupe les racines de l'arbre qui est utilisé pour fabriquer les trompettes. Les trompettes vont par groupe de six - la cinquième étant la trompette solo - et elles sont accompagnées par des tambours traditionnels et par des danseurs - de sexe masculin - en costume qui interprètent des danses rituelles. Comme le dialecte tagbana est une langue tonale, certains "mots" peuvent être joués à la trompette et "traduits" par un chœur de femmes en costume. Parmi les thèmes de ces chansons figurent l'amour, le deuil, l'éducation et la vie quotidienne. Menaces : L'industrialisation et l'exode rural mettent en péril la poursuite de la
fabrication des trompettes Gbofe. Les jeunes sont moins intéressés par les traditions du Gbofe.
Plan d'action : Le Gbofe sera renforcé par son insertion dans les programmes scolaires, mais aussi à travers la recherche, des activités promotionnelles, et des festivals organisés dans la communauté Tagbana. On envisage de donner des bourses pour la formation de jeunes musiciens.
GUINEE L'instrument sacré Sosso-Bala symbolise la liberté et la cohésion de la communauté Mande depuis le XIIIe siècle. Le lieu du rituel, où le Sosso-Bala est pratiqué, est également la maison de la famille Dökala dans le village de Niagassola, en Guinée. Le Balatigui ou patriarche de la famille Dökala est le gardien du Sosso-Bala, une version plus grande du balafon, une percussion africaine. Le patriarche ne peut jouer du Sosso-Bala que pour des occasions spéciales comme le nouvel an islamique ou certaines funérailles. C'est également lui qui enseigne aux enfants - à partir de sept ans - à jouer de l'instrument sacré. Le Sosso-Bala accompagne des épopées du Moyen Age africain, et des hymnes célébrant les bâtisseurs de l'Empire du Mali. Menaces: Le Sosso-Bala et son site sont menacés par l'exode rural, les conditions de vie difficiles à Niagassola, le trafic d'objets d'art, ainsi que les fréquents incendies. Plan d'action : Parmi les propositions figurent des festivals de balafon, des conférences et l'initiation de jeunes à la fabrication de l'instrument. Un musée conservant le Sosso-Bala est projeté ainsi qu'une bibliothèque spécialisée à Niagassola. Une école où le Balatigui et ses frères pourraient transmettre leur savoir traditionnel est à l'étude ainsi qu'un institut de recherche. Les plans appellent au reboisement de Niagassola et de ses environs afin de protéger l'écosystème et de contrôler l'avancée du désert. |
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