L'UNESCO EN AFRIQUE
LES SCIENCES SOCIALES ET HUMAINES



TRANSFORMER L'ETRE EN PROFONDEUR : LES SCIENCES SOCIALES ET HUMAINES

  • PAIX, DROITS DE L'HOMME ET DEMOCRATIE







  • Paix, droits de l'homme et démocratie


    Projet "Donner des moyens d'action aux femmes rurales au niveau communautaire"


    Le programme UNESCO-DANIDA des droits de l'homme cherche à faciliter la mise en place d'une approche transdisciplinaire en réponse aux problèmes sociaux complexes. L'objectif de ce programme est de promouvoir le respect des droits humains et de contribuer à faire entendre la voix des classes les plus pauvres de la population. Dans ce cadre, le projet " Donner des moyens d'action aux femmes" fait partie d'un effort cohérent qui vise à développer le département de Kokologho au Burkina Faso. Il dispose d'un budget de 189.212 dollars des Etats-Unis, et il est prévu pour une durée de 22 mois (juillet 1999 - avril 2001). Depuis le début de 1998, deux ONG françaises ont financé la construction d'un centre communautaire pour femmes et de cinq puits. Le noyau du projet concerne les droits de l'homme, plus particulièrement les droits des femmes ainsi que les droits de celles qui participent à ce projet. Prenant en compte la vie et les défis quotidiens des femmes et de leurs communautés, la formation en droits de l'homme a été menée d'une manière très concrète, l'objectif étant d'autonomiser les femmes, de les informer de leurs droits et de leurs responsabilités, ainsi que des liens concrets qui existent entre leurs vies et leurs droits. La formation en droits de l'homme vise à établir le lien entre les vies quotidiennes des communautés, les droits de la personne humaine et le développement selon une manière très concrète, en vue de contribuer au développement durable de la communauté. Grâce à la complémentarité des activités du projet, la femme deviendra consciente de son rôle au sein de la société en tant que citoyenne informée, consciente et active. Il s'agit d'une approche ascendante ; aussi la formation est-elle basée sur des besoins locaux très concrets tels qu'ils ont été identifiés par les bénéficiaires et prend-t-elle en considération le faible niveau d'alphabétisation voire d'analphabétisme des populations bénéficiaires. Les composantes de la formation sont comme suit : (i) les droits de l'homme et les droits des femmes; (ii) l'eau et la santé; (iii) le jardin de plantes; et (iv) l'implication des femmes dans l'économie de marché. Les résultats à ce jour sont comme suit : (i) la formation dans le domaine des droits humains et des droits des femmes a été effectuée. En outre, deux représentations théâtrales sur le droit des femmes ont été données dans les villages afin de susciter l'adhésion à cette question. (ii) Cinq comités pour la gestion de l'eau ont été mis en place. Ils ont reçu une formation dans le domaine de l'eau et de la santé ainsi que dans la gestion des puits. Les comités ont récemment vu leurs compétences renforcées grâce à l'organisation d'un deuxième cycle d'ateliers. (iii) Trois jardins de plantes ont été créés et sont entretenus par des groupes locaux de villageois. Une pharmacie d'herbes médicinales a été mise en place au centre communautaire de femmes de Kokologho. (iv) Une formation en production de beurre de karité, "soumbala" et d'autres produits a été effectuée ainsi qu'une autre dans le domaine de l'utilisation et de la maintenance de divers types de machines (par exemple, les machines pour enlever les coquilles). Certaines formations ont été effectuées en plusieurs cycles afin de renforcer les compétences acquises. (v) Une formation en crédit a été également organisée. Elle concerne la manière de chercher un crédit et de le gérer. Une petite boutique a été créée au sein du centre communautaire pour femme de Kokologho. (vi) A présent, la Federation of Women's Association Neerwaya (et les femmes qui ont assisté aux formations) bénéficie d'une période de consolidation des activités. Lors des " Journées Agroalimentaires " organisées fin 2000, un prix leur a été octroyé (une machine pour enlever les coquilles) pour la qualité de leur production. Le projet est arrivé à terme. Une évaluation finale a été effectuée en avril 2001.

    Dans le cadre du Programme des droits de l'homme, une Chaire UNESCO en éducation pour la paix et la résolution pacifique des conflits a été créée en juillet 1999 à l'Université nationale du Burundi; une Chaire UNESCO pour la Culture de la paix et les droits de l'homme a été créée en juillet 2000 à l'Université du Mali, et a bénéficié d'une contribution de 10.000 dollars des Etats-Unis pour couvrir les dépenses liées à ses activités; et une Chaire UNESCO pour la Culture de la paix, le règlement pacifique des conflits, les droits humains, la démocratie et la bonne gouvernance est en voie de création à l'Université de Kinshasa, en République démocratique du Congo. D'autre part, les titulaires des chaires UNESCO en droits de l'homme en Ethiopie, au Bénin, au Burundi, en Afrique du Sud, au Mali et en Gambie ont activement participé à la réunion annuelle des directeurs des instituts des droits de l'homme qui a eu lieu au Siège de l'UNESCO du 22 au 24 janvier 2001.

    Un séminaire international sur l'Education pour les droits de l'homme au troisième millénaire : Problèmes et Challenges pour les Chaires UNESCO dans les pays de l'Afrique du Sud a été organisé par la Chaire Oliver Tambo à East London, en juin 2000. La Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance qui y est associée aura lieu à Durban, Afrique du Sud, du 31 août au 7 septembre 2001. Le Directeur général de l'UNESCO a été invité à y participer. L'UNESCO se prépare activement à cet événement.

    Dans le cadre des Réseaux régionaux pour la promotion de la tolérance, de la non-violence et de la solidarité, la deuxième réunion du Réseau Afrique aura lieu à Dakar, Sénégal, du 19 au 22 mars 2001, sur le thème : "Identités et citoyenneté. Pour la tolérance et un avenir de paix en Afrique", avec trois sous-thèmes : "Le sens d'un idéal : tolérance et pluralisme", "Etat, citoyenneté et appartenances : promouvoir une culture de paix civile" et "Tolérance, paix et citoyenneté africaine : au delà de l'Etat nation". Cette rencontre, organisée par l'UNESCO et la Commission nationale du Sénégal pour l'UNESCO, rassemblera des participants de onze pays africains : Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d'Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée Bissau, Mali, Togo, Sierra Leone, ainsi que la Confédération africaine des Clubs UNESCO et la Chaire UNESCO des droits de l'homme de Côte d'Ivoire. Le Sénégal sera représenté par des instituts et organisations qui s'occupent des droits de l'homme et de paix, et par des universitaires chercheurs en la matière.

    Le Programme des Sciences sociales et humaines en Afrique Australe n'a cessé d'apporter son soutien aux activités nationales pour la célébration de l'Année Internationale de la Culture de la Paix et la Non-Violence pour les Enfants du Monde. En Namibie, le Bureau de l'UNESCO à Windhoek était membre du Conseil Consultatif National qui a été mis en place pour planifier et organiser les activités de l'Année Internationale pour la Culture de la Paix. Après son lancement officiel par son excellence le Dr Sam Nujoma, Président de la République de Namibie et l'organisation d'une marche pour la paix à la même occasion le 14 septembre 1999, le Conseil Consultatif National a organisé les activités suivantes pour commémorer l'an 2000 : (i) un 'Dialogue National' impliquant l'ensemble des 13 régions du pays s'est tenu en juin 2000. Des activités de suivi comprenant des ateliers régionaux dans certaines régions telles que Hardap ont été organisées. (ii) Des signatures ont été réunies en faveur du Manifeste 2000. (iii) A l'occasion de la Journée Internationale pour la Tolérance célébrée le 16 décembre 2000, des émissions spéciales ont été organisées sur ce thème à la télévision et la radio, y compris sur 'Talk of the nation' (NBCTV) et 'Crossfire (NBC Radio). (iv) Un concours pour l'élaboration d'un texte et d'une affiche autour du thème 'si la paix régnait dans mon pays' a été organisé dans les écoles associées en Namibie. (v) Un calendrier d'anniversaires sur la tolérance a été publié. Les poèmes et les affiches retenus proviennent du concours organisé conjointement par le Bureau de l'UNESCO à Windhoek et la Commission nationale pour la Commémoration de la Journée Internationale pour la Tolérance en 1998.

    Le projet "Formation et plaidoyer en faveur d'une Culture de la Paix et de la Non-violence au Malawi" vise à renforcer la démocratie, le développement et la reconstruction du pays, à travers de meilleures conditions pour une plus grande tolérance, compréhension et pour une culture de la paix entre les différents groupes et régions du pays. Il a été mis en place à l'initiative de la Commission nationale du Malawi pour l'UNESCO puis développé en étroite collaboration avec le Programme de l'UNESCO des Sciences sociales et humaines en Afrique Australe. La Commission nationale finlandaise a contribué au lancement de ce projet et l'on espère recueillir 25.000 dollars dans le cadre du Programme de participation de l'UNESCO. Le Programme sera coordonné, mis en place et géré par la Commission nationale du Malawi pour l'UNESCO en étroite collaboration avec le Bureau de l'UNESCO à Windhoek.

    Dans le sillage de la conférence de Zanzibar et dans le cadre du projet spécial de l'UNESCO sur " les femmes et la culture de la paix en Afrique ", une étude sur " les Femmes et la culture de la Paix en Namibie " a été préparée. Elle couvre la période pré et post indépendance en Namibie en faisant référence aux rôles actuels et traditionnels de la femme dans la médiation dans les conflits, et la construction d'une culture de la paix dans la région d'Owanbo.

    Le Bureau de l'UNESCO à Windhoek a été à l'origine de l'organisation à Pretoria d'un "Séminaire sur les Femmes, la Paix et la Sécurité en Afrique", et a également contribué au financement de ce séminaire, y compris la production d'une vidéo.




    Projet "Droits de l'homme, citoyenneté et démocratie locale au Sénégal"

    Lancé en 1999, le projet "Droits de l'homme, citoyenneté et démocratie locale au Sénégal" soutient le renforcement des institutions démocratiques locales, à savoir les conseils élus à chaque niveau de la décentralisation administrative : région, commune et communauté rurale. En 2000, un cycle de formation aux droits de l'homme et à la gouvernance locale a été organisé dans le département de Kaffrine, permettant de former directement une centaine d'élus locaux, et d'initier un dialogue sur ces questions entre élus et communautés locales, au moyen de séminaires de restitution et d'émissions radio locales. La formation a porté sur la réalisation des droits de l'homme dans le cadre du développement local : concrètement, elle vise l'intégration progressive d'objectifs de droits de l'homme dans les plans de développement local, formulés par les communautés dans le cadre de la politique de décentralisation. Un cycle de formation similaire sera organisé à Kédougou en 2001. Le matériel de formation aux droits de l'homme et à la gouvernance locale testé et affiné au cours des trois cycles de formation successifs (St Luois, Kaffrine et Kédougou) sera finalisé et publié.

    Projet "Victim Friendly Sexual Offences Courts" (les Tribuneaux des Victimes des Abus Sexuels)

    En réponse à la hausse de la violence contre les femmes et les enfants en Namibie, le Bureau du Procureur Général, les Forces de la police namibienne, le Ministère de la Santé et les services sociaux, le Centre d'assistance légale (LAC), le PNUD, l'UNESCO, l'UNICEF, l'Ambassade royale des Pays Bas et le Département pour le développement International (DIFD) ont mis en place le projet du Tribunal des Victimes d'Abus Sexuels en Namibie, du mois d'août 1999 au mois de décembre 2000. Le but principal de ce projet est d'agir en faveur de l'élimination de la violence contre les femmes et les enfants en Namibie par le renforcement du pouvoir de ceux qui travaillent avec les victimes tels que les travailleurs sociaux, les policiers, les hommes de loi, en particulier les procureurs, les magistrats et les juges, en vue de s'assurer que les victimes de viols et d'abus sexuels reçoivent l'aide nécessaire et que les coupables soient poursuivis. Ce projet se compose de trois parties principales : (i) une tournée d'étude pour les procureurs et les policiers au Royaume Uni; (ii) une tournée d'étude pour les procureurs et les travailleurs sociaux en Afrique du Sud. Ces deux tournées avaient pour but de donner aux participants l'occasion d'étudier les lois, les méthodes policières et les mécanismes de protection des victimes de violences sexuelles, ainsi que les systèmes et les procédures pour combattre la violence contre les femmes et les enfants dans d'autres pays. (iii) Deux ateliers pour la formation aux procédures légales et l'écoute des témoignages d'enfants : le premier pour les travailleurs sociaux et les policiers et le second pour les procureurs et les magistrats. Le Bureau de l'UNESCO à Windhoek était le principal acteur quant aux ateliers de formation des travailleurs sociaux, policiers, magistrats et procureurs. L'UNESCO a fourni une assistance financière et technique. L'UNESCO a commandé aussi une évaluation auprès d'un consultant indépendant. L'étude a démontré que les différentes parties du projet ont de loin atteint les objectifs visés.



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