LE CORBUSIER (1887 - 1965)

UNESCO, 1956
Tapisserie en laine (Ateliers Pinton <br><br>Frères, Manufacture d'Aubusson)
350 x 680 cm
Date d'entrée à l'UNESCO
Pays d'origine Suisse
Pays donateur Suisse
Donation faite à l'UNESCO par la Suisse en 1962.
© Photo : UNESCO/J.C. Bernath
F.L.C./Adagp, Paris

Cette œuvre, offerte par la Suisse et entrée dans la Collection de l’UNESCO en 1962, est une tapisserie réalisée par les ateliers Pinton Frères en 1956 dans la manufacture d’Aubusson, à partir d’un carton de Le Corbusier.

Originaire d’Asie puis d’Afrique du Nord, l’art de la Tapisserie est attesté à Aubusson dès le XVe siècle et connaît son apogée sous Louis XIV quand, en 1664, son Premier Ministre Colbert fait d’Aubusson une Manufacture Royale. Cette technique artistique tombera ensuite dans l’oubli, et ne connaîtra une réelle renaissance qu’à la fin des années 1930, grâce à l’artiste peintre Jean Lurçat.

Cette tapisserie représente, de manière abstraite, le plan des bâtiments de l’Organisation. Par sa composition pure, l’œuvre se rapproche des créations architecturales de Le Corbusier. Il y a chez l’artiste la volonté d’épurer, d’assainir ses sujets afin de rendre des compositions claires, ordonnées et simples.

Le Corbusier emploie ici des aplats de couleurs, juxtaposant dans sa composition des couleurs vives, éclatantes et pures, telles le rouge, le vert, le jaune. Ces couleurs sont présentées sous forme de plages uniformes sans aucune nuance. Mises côte à côte sur la surface, elles contrastent violemment à la fois avec les couleurs voisines et avec le fond blanc.

Les lignes de la tapisserie, plus ou moins épaisses, alternent entre des droites et des courbes, ce qui donne une composition équilibrant construction et fluidité. Les formes semblent ainsi se compléter et se répondre, et le spectateur perçoit dans cette œuvre une alternance de vides et de pleins grâce aux effets de juxtaposition.

Biographie de l'artiste

Charles-Édouard Jeanneret, dit Le Corbusier, naît à La-Chaux-de Fonds dans le canton de Neuchâtel en Suisse le 6 Octobre 1887. Il suit des cours à l’École d’art de sa ville natale. Ces cours sont dispensés par le peintre et sculpteur L’Eplattenier qui pousse son élève à devenir architecte, et lui confie même à 18 ans la construction d’une villa (la Villa Fallet). Il fait de nombreux voyages à l’étranger qui marqueront sa carrière, et prend le pseudonyme Le Corbusier en 1920. Il est à la fois architecte, urbaniste, décorateur, peintre et homme de lettres.

Dans le domaine de l’architecture, Le Corbusier est l’un des principaux représentants du Mouvement Moderne, courant qui s’appuie sur cinq caractéristiques : les pilotis ; le plan libre ; la fenêtre en longueur ; la façade libre ; et le toit-jardin. Dans le domaine de l’urbanisme, il invente « l’Unité d’habitation », qui intègre tous les équipements collectifs nécessaires à la vie : garderie, laverie, piscine, école, commerces, bibliothèques… L’urbaniste a toujours placé l’Homme au centre de ses conceptions architecturales. Il préconise notamment la séparation des lieux de travail et de repos.

En ce qui concerne la peinture, elle joue pour Le Corbusier le rôle de laboratoire expérimental pour ses créations architecturales : « je pense que si l’on accorde quelque chose à mon œuvre d’architecte, c’est à ce labeur secret [la peinture] qu’il faut en attribuer ». Il peint environ 450 toiles entre 1918 et 1965, réalise 7000 dessins et exécute 27 cartons pour tapisseries. Ses thèmes centraux sont la nature morte à ses débuts, suivi par la femme, et ensuite le taureau. Dans un premier temps, Le Corbusier ne représente donc que des objets, qu’il sépare en deux catégories: les objets qui proviennent d’un travail artisanal ou industriel (verres, bouteilles, bols…) et les objets qui proviennent de la nature (coquillages, pierres, racines d'arbre, os).

A travers le Purisme, dont il est l’un des initiateurs, il prône, dès les années 1920, l’ordre, les formes simples, l’organisation et la pureté. Ce mouvement représente de manière sobre et rigoureuse des objets de la vie quotidienne. Le Corbusier applique la doctrine du purisme à la fois aux arts plastiques et à ses créations architecturales.

Pendant les années 1930, il s’intéresse aux problèmes de concentration urbaine et œuvre notamment à Alger et Rio de Janeiro. Il met ensuite en pratique ses théories architecturales à l’échelle d’une ville indienne, Chandigarh, dans les années 1950. A partir de là, les projets architecturaux se multiplient autour du monde et incluent autant des cités universitaire ou des unités d’habitation que des églises, mais partant toujours de sa conviction que « là où naît l'ordre, naît le bien-être. »

Le Corbusier meurt en 1965 au Cap Martin, à l’âge de 77 ans.

Liens

www.fondationlecorbusier.asso.fr/