LA COLLECTION DES ŒUVRES D'ART DE L'UNESCO

MOORE, Henry (1898-1986)

Royaume-Uni

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MOORE, Henry (1898-1986)
SILHOUETTE AU REPOS

Sculpture en travertin

400 x 500 x 285  cm

Date d'entrée à l'UNESCO


Acquisition faite par l'UNESCO lors de la décoration artistique du Siège de l’Organisation à Paris en 1958.

Pays d'origine
  Royaume-Uni


© Droits réservés
© Photo: UNESCO/M. Claude


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En 1957, le « Comité pour l’Architecture et les œuvres d’art » de l’UNESCO, en collaboration avec le Comité de conseillers artistiques, sélectionne onze artistes pour entreprendre la décoration artistique de son Siège permanent à Paris, inauguré en 1958. Dans ce contexte, l’UNESCO passe une commande à Henry Moore pour une sculpture placée au centre de la piazza du Siège de l’Organisation et faisant face au nouveau bâtiment. "Silhouette au repos" bénéficie d’un éclairage optimal et d’une visibilité idéale. En 1965, lors de l’agrandissement du Siège de l’Organisation, la sculpture est déplacée et jouxte désormais un des patios du Bâtiment IV.

Les esquisses préparatoires conservées au British Museum (Londres) ou les maquettes conservées notamment au Tate Modern (Londres) ou à l’Art Gallery d’Ontario à Toronto (Canada), traduisent la décision de Moore d’appliquer à sa sculpture un traitement horizontal en harmonie avec les lignes horizontales de l’édifice en arrière-plan. Le choix de la pierre, du marbre travertin souvent utilisé dans le bâtiment, s’effectue afin qu’un contraste se produise avec les reflets ombrés de l’œuvre dans les fenêtres.

Travaillant habituellement dans son atelier en Angleterre, l’artiste, pour bénéficier de la fourniture en travertin, séjourne à Querceta en Italie. Au pied des montagnes de Carrare, Henry Moore travaille pendant près d’un an à la réalisation de "Silhouette au repos". L’œuvre, la plus grande sculpture que Moore ait jamais taillée, fut ensuite transportée à Paris en quatre pièces.

"Silhouette au repos" semble être l’archétype d’une terre mère fertile : sa forme évoque la figure féminine autant que la terre. La pulsion de pénétrer au travers de la surface, pulsion caractéristique dans l’œuvre de Moore, a amené ce dernier à créer une figure dont la vie ne repose pas seulement dans les grands blocs de pierre mais aussi dans les espaces vides où pénètre la lumière. L'oeuvre invite le spectateur à la contempler sous différents angles, provoquant chaque fois une nouvelle révélation. De face, la sculpture offre un corps gigantesque de formes rondes ainsi qu’un bel équilibre entre le torse vertical de petite taille et l’éminence massive et rocheuse des jambes. Habituellement à contre-jour, le dos de la sculpture, vu du hall d’entrée, est baigné dans la lumière filtrant au travers des vides de la poitrine et des cuisses.

Biographie de l'artiste
Henry Spencer Moore est né le 30 juillet 1898 à Castleford, Yorkshire (Royaume-Uni). Malgré son désir de devenir sculpteur, il débute sa vie active en tant que professeur dans sa ville natale. Victime d’une attaque de gaz à Cambrai lors de la première guerre mondiale, son statut d’invalide de guerre permet à Moore d’obtenir une bourse : il peut alors intégrer la Leeds School of Art puis le Royal College of Art à Londres (Royaume-Uni). Avant d’être nommé en 1924 professeur dans cette dernière institution, il effectue des voyages dans le Nord de l’Italie et à Paris. Entre 1930 et 1935, Henry Moore fait partie du "7 and 5 Society", un groupe d’artistes qui comprend entre autres Barbara Hepworth (1903-1975) et Ben Nicholson (1894-1982). Il retrouve en 1933 ces deux artistes en participant à "Unit One", le mouvement d’art fondé par le peintre Paul Nash (1889-1946). Touché par l’art précolombien autant que par l’art primitif, Moore se fait reconnaître auprès de ses pairs par ses sculptures aux formes compactes.

En 1940, les bombardements allemands sur la ville de Londres l’amènent à la création d’une œuvre graphique unique : nommé artiste officiel de guerre par le War Artists Advisory Committee, il dessine sans relâche les scènes de la vie des habitants de Londres. En 1946, Moore effectue son premier voyage aux Etats-Unis pour l’ouverture d’une rétrospective de son œuvre au Museum of Modern Art de New York. La création à Londres en 1977 de The Henry Moore Foundation est suivie en 1982 par celle, à Leeds, de The Henry Moore Institute. .

Mondialement connu et reconnu, Henry Moore est décédé à Much Hadham, Hertfordshire (Royaume-Uni) le 31 août 1986.

Liens
www.henry-moore-fdn.co.uk