LAVERON, Elena (1938-)

SEATED COUPLE
Bronze sculpture with green patina, signed "Laveron" and numbered "3/3" on verso
166 x 182 x 103 cm
Date of entry at UNESCO
Country of origin Spain
Donation made to UNESCO by the Spanish partners in the UN Pavilion following the exhibition of the sculpture in the United Nations Pavilion at the Universal World Fair in Seville (Spain) in 1992.
© Photo: UNESCO/N. Burke
Elena Laveron

Pareja Sentada (« Couple Assis ») d’Elena Laverón a été dévoilée pour la première fois lors de l’Exposition Universelle de 1992 à Séville au pavillon des Nations Unis. Accueillit à l’UNESCO la même année, elle orne désormais l’une des cours du bâtiment de l’Organisation situé rue Miolis (XVe arrondissement de Paris). Le couple se compose de deux figures assises sur un banc, l’une féminine et l’autre masculine. Tandis que l’homme semble enlacer sa compagne en passant son bras par dessus l’épaule de cette dernière, la femme répond à ce geste de tendresse en se tournant légèrement vers lui. Leurs épaules et leurs jambes se confondent au centre de la composition, le couple ne formant qu’une seule et même entité, traversée par des surfaces vides.

Les détails anatomiques sont limités aux signes distinctifs des genres ; en l’absence de buste, la figure féminine se distingue par la présence de sa poitrine accolée aux épaules, la largeur de ses hanches étant amplifiée par la longue jupe qu’elle porte. A contrario, la figure masculine, plus grande, comporte de larges épaules et un bassin étroit. La notion de couple semble pour le moins abstraite ; les membres humains, ainsi limités à l’état de formes rondes ou plates, se combinent et s’entrechoques. Le banc sur lequel sont assis nos deux protagonistes est intégré à la composition d’ensemble, reprenant le rythme des courbes ascendantes et descendantes des genoux.

L’histoire de l’art démontre que le thème du couple a longtemps inspiré les peintres et sculpteurs. Des artistes comme Gustave Klimt (Le Baiser, 1908), Auguste Rodin (Le Baiser, 1889) ou encore Henry Moore (King and Queen, 1954) ont vu dans le couple l’intérêt de l’exercice de composition autour de la fusion de deux éléments autonomes en mouvement. Au delà du visible, la réflexion d’Elena Laverón s’oriente vers un équilibre entre l’intérieur et l’extérieur, le vide qu’elle intègre faisant également partis intégrante de sa composition.



Bien qu’artiste multidisciplinaire, pratiquer la sculpture est cependant l’occasion de donner une nouvelle orientation à son art, où le corps occupe une place centrale. Il y a d’une part le mouvement, qu’elle retranscrit par le traitement infligé au corps alors réduit à ses composantes essentielles. Les œuvres traitant de la lutte (Lucha libre, 1970), la danse (Baillarina, 1989) ou encore le sport (Lanzador, 1995 ; Discóbolo, 1994) se voient exemptées des détails de la musculature et de l’ossature au profit de membres animés, réduisant ses figures au statut d’élan. D’autre part, outre la série des Pareja sentada (produite entre 1975 et 1992), ses questionnements autour de l’interaction des formes et le traitement des vides et des pleins s’illustre notamment dans la série des Maternidad produite entre 1966 et 1975.

Biographie de l'artiste

Née en 1938 dans la ville de Ceuta au Maroc, Elena Laverón présente très tôt des dispositions artistiques. C’est vers l’aquarelle et le dessin, initiée dès l’âge de 14 ans, qu’elle commence par faire ses preuves. Elle cultivera ses dons à l’Ecole des Beaux Arts de San Jorge, à Barcelone, entre 1954 et 1959. Outre la pratique du dessin et de la peinture, c’est en entrant en apprentissage auprès d’un sculpteur qu’elle se familiarise avec cette discipline, qui deviendra par la suite son moyen d’expression principal.

En tant que lauréate en 1958 du prix Aristide Maillol décerné par l’Institut Français de Barcelone, elle obtient une bourse d’étude pour poursuivre sa formation à Paris. C’est à l’atelier de la Grande Chaumière qu’elle fera la connaissance de Ossip Zadkine. De retour à Ceuta en 1960, Elena Laverón enseigna le dessin. Ses premières œuvres peintes et sculptées font déjà l’objet d’expositions dans les galeries parisiennes et à Bilbao. Même si quelques œuvres ont d’ors et déjà été produites, l’artiste en est encore au stade du balbutiement pour ce qui est de son orientation artistique. En effet, l’œuvre d’Elena Laverón est aussi varié en thèmes iconographiques qu’en techniques utilisés. Elle revisite dans les premières années de sa carrière les sujets religieux tel que la Crucifixion, la Piéta, la Cène ou la Création au travers de tapisseries, de tableaux de collage mais aussi de sculptures. L’artiste dispose également d’une œuvre peinte tout à fait autonome. Celle-ci est essentiellement constituée de paysages et de portraits au cadrage serré et à la touche très expressive. Les quelques mois passés aux côtés de Zadkine semblent cependant avoir révélés ses affinités et prédispositions pour la sculpture, à laquelle elle se dédit presqu’entièrement depuis les années soixante dix.

En 1970, l’Espagne sélectionne Elena Laverón pour représenter le pays lors de la VIIIe Biennale d’art contemporain d’Alexandrie. Elle y remporte le second prix de sculpture. En 1971 un autre second prix de sculpture lui est également remis lors de la « Bienal international del Deporte en el Arte » de Barcelone. Au delà des trophées, la renommé internationale dont jouit aujourd’hui l’artiste n’a d’égal que son talent ; à l’image du grand nombre de ses sculptures érigées en monuments publics en plus de celles présentes dans les musées du monde entier. D’une part en Espagne (essentiellement Málaga et Madrid) mais également aux Etats-Unis, notamment Atlanta et New-York.

Links

www.elenalaveron.com