 | Christina Anyanwu |
Née en 1950 à Mbaise (Etat d'Imo), Christina Anyanwu étudie le journalisme aux Etats-Unis. Diplômée de l'Université du Missouri (BA of Journalism) et de l'Université de Floride (Master of Science in Mass Communication), elle revient exercer son métier dans son pays, notamment à la National Television Authority, où elle produit Newsline, un magazine d'actualité.
Commissaire de l'Information dans l'Etat d'Imo en 1989, elle est également depuis cette date, directrice et rédactrice en chef du Sunday Magazine, journal connu pour son indépendance. Aujourd'hui le Sunday Magazine a cessé de paraître faute d'argent. Incarcérée à la prison de Kaduna, au Nord-Est du Nigeria, la journaliste est isolée de ses codétenus. Elle a droit à une visite mensuelle d'un membre de sa famille mais n'a d'accès ni aux journaux, ni à la radio. Christina Anyanwu est mère d'une fille et d'un garçon (16 et 20 ans) réfugiés aux Etats-Unis.
 La journaliste nigériane Christina Anyanwu lauréate du prix mondial de la liberté de la presse UNESCO/Guillermo Cano
Paris, {Unescopresse}- Le Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO/Guillermo Cano 1998 a été décerné par le Directeur général de l’UNESCO, Federico Mayor, à la journaliste nigériane Christina Anyanwu.
Ce prix, d'un montant de 25 000 dollars, est attribué chaque année sur recommandation d'un jury indépendant de quatorze professionnels de l'information de toutes les régions du monde, présidé par le journaliste français Claude Moisy, président du groupe consultatif de l’UNESCO pour la liberté de la presse. La remise du prix a lieu à l'occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée le 3 mai.
« Christina Anyanwu souffre depuis bientôt trois ans de conditions d'emprisonnement extrêmement sévères dans un pays où la presse indépendante et la liberté de l'information ont pratiquement disparu, » a déclaré Claude Moisy en annonçant la décision du jury.
Les délibérations du jury ont été marquées par l'absence forcée d'un de ses membres, Pius Njawe, directeur du journal camerounais Le Messager, qui purge une peine de deux ans de prison ferme après avoir été accusé de « propagation de fausses nouvelles ». « Je déplore que Pius Njawe, défenseur infatigable de la liberté de la presse dans son pays et en Afrique, ait été empêché d'être parmi nous » a déclaré Federico Mayor, Directeur général de l’UNESCO. « Depuis le mois de décembre, nous avons entrepris des démarches auprès des autorités camerounaises pour obtenir sa libération. Hélas, sans succès. En cette année du cinquantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme, je suis consterné par la lourdeur de la peine qui lui a été infligée. Cela démontre une fois de plus que le combat pour la liberté d'expression est toujours à recommencer. »
La lauréate du Prix, Christina Anyanwu, est la directrice et rédactrice en chef du Sunday Magazine, publié à Lagos au Nigeria. Selon le Comité mondial de la liberté de la presse et Reporters sans frontières qui ont proposé sa candidature, elle est détenue dans une prison du Nord-Est du Nigeria, dans des conditions particulièrement difficiles. Souffrant d'hypertension, de typhoïde et de malaria, elle a également connu de graves problèmes de vue.
Après avoir été arrêtée à la suite d'un article sur une tentative de coup d'Etat contre le gouvernement nigérian le 1er mars 1995, et condamnée par un tribunal militaire d'exception à la prison à vie, lors d'un procès à huis clos, le 4 juillet 1995, sa peine a été ramenée à 15 ans de prison le 10 octobre 1995. Selon les mêmes sources, son procès a été caractérisé par de nombreuses irrégularités, notamment quand elle s'est vu refuser le droit de faire appel. Christina Anyanwu est l'une des quatre journalistes emprisonnés depuis la tentative de coup d'Etat dans son pays, où l'on ne compte plus les agressions contre les journalistes et le non-respect de la liberté de la presse.
La Journée mondiale de la liberté de la presse et le prix UNESCO/Guillermo Cano s'inscrivent dans le cadre de la mission de l’UNESCO en faveur de la libre circulation de l'information et des activités qu'elle mène pour promouvoir la liberté de la presse, l'indépendance et le pluralisme des médias.
Créé en 1997 par le Conseil exécutif de l’UNESCO, le prix est destiné à distinguer une personne, une organisation ou une institution qui a contribué d'une manière notable à la défense et/ou à la promotion de la liberté de la presse où que ce soit dans le monde, surtout si, pour cela, elle a pris des risques. L'an dernier, le prix avait été attribué à Gao Yu, journaliste chinoise emprisonnée. Le prix porte le nom du journaliste et éditeur colombien Guillermo Cano, assassiné dans l'exercice de sa profession. Les candidatures sont proposées par les organisations professionnelles régionales et internationales travaillant dans le domaine de la liberté de la presse.
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