|
Message du Directeur général de l'UNESCO
Le 3 mai, Journée mondiale de la liberté de la presse, revêt une importance particulière en cette année où nous célébrons le 50e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Les libertés fondamentales sont fragiles. Et c'est encore plus vrai pour la liberté d'expression et la liberté de la presse, auxquelles sont régulièrement opposés le bâillon, la prison, voire la mort. Il faut donc inlassablement plaider leur cause, se donner les moyens de leur existence, se tenir aux côtés des journalistes menacés parce qu'ils incarnent ces libertés.
Cette année encore, le décompte des violations de tous ordres dont l'assassinat d'une cinquantaine de journalistes dans l'exercice de leur métier pousse à ce constat inquiétant : aucune région du monde n'est épargnée. Ces violations sont le fait des gouvernements, mais aussi du crime organisé ou de groupes extrémistes pratiquant la terreur à l'encontre d'une profession susceptible de contrarier leurs projets.
Face aux détentions arbitraires, aux menaces physiques, aux tentatives de museler les médias, je lance un appel aux journalistes de la presse écrite, de la radio et de la télévision, aux organisations de cette profession, aux gouvernements et aux citoyens partout dans le monde, pour que nous nous mobilisions ensemble. Diffusons très largement la Déclaration universelle des droits de l'homme, dont l'article 19 stipule que : "tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit".
L'UNESCO agira chaque fois que cela sera nécessaire, car toute régression de la liberté d'expression et de la liberté de la presse entraîne une régression de la démocratie. Elle se mettra à la disposition des protagonistes lors des conflits, fera pression sur les gouvernements pour qu'ils diligentent des enquêtes en cas de violations graves de la liberté de la presse, contribuera au financement d'observatoires pour faciliter le libre exercice de la profession de journaliste. Seul un peuple bien informé est capable d'assumer son destin, de participer au fonctionnement démocratique des institutions et d'assurer la paix.
Promouvoir partout dans le monde la libre circulation des idées, par le mot et par l'image, telle est l'une des missions fondamentales de l'UNESCO. Aujourd'hui, elle est encore plus pertinente qu'il y a cinquante ans. Unissons nos forces pour instaurer partout des sociétés du savoir, de la liberté et de la justice.
Federico Mayor
|