Le Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO/Guillermo Cano est attribué au mexicain Jesus Blancornelas


Paris, 15 mars 1999 - Le Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO/Guillermo Cano 1999 a été attribué aujourd'hui par le Directeur général de l'UNESCO, Federico Mayor, au journaliste et éditeur mexicain Jesus Blancornelas, sur recommandation d'un jury international composé de professionnels des médias.

Jesus Blancornelas, âgé de 63 ans, est le cofondateur et rédacteur en chef de Zeta, un hebdomadaire basé à Tijuana et connu pour ses révélations sur la corruption liée notamment au trafic de drogue. Il est également vice-président de la Société mexicaine des journalistes qu'il a contribué à créer en 1998 afin de lutter pour la liberté de la presse. En novembre 1997, suite à ses enquêtes, Jesus Blancornelas a été victime d'une tentative d'assassinat. Il s'est aussi lancé dans une longue investigation sur le meurtre en 1988 d'Hector Félix Miranda, autre fondateur de Zeta.

Le Prix, d'un montant de 25.000 dollars, est attribué chaque année sur recommandation d'un jury indépendant de quatorze professionnels de l'information de toutes les régions du monde présidé par le journaliste français Claude Moisy, Président du Groupe consultatif de l'UNESCO pour la liberté de la presse. La remise du Prix aura lieu cette année à Bogota (Colombie) à l'occasion de la célébration, le 3 mai, de la Journée mondiale de la liberté de la presse.

Commentant la décision du jury, Claude Moisy a déclaré : "Le choix de Jesus Blancornelas illustre opportunément le fait que, dans certaines régions du monde, la presse est maintenant moins la victime de la répression des gouvernements que des agressions de groupes terroristes, de mafias et de trafiquants qui ne tolèrent pas que les journalistes dénoncent leurs crimes et leurs abus. C'est particulièrement le cas en Amérique latine oú 18 journalistes ont été assassinés en 1998".

La Journée mondiale de la liberté de la presse et le Prix UNESCO/Guillermo Cano s'inscrivent dans le cadre de la mission de l'UNESCO en faveur de la libre circulation de l'information et des activités qu'elle mène pour promouvoir la liberté de la presse, l'indépendance et le pluralisme des médias.

Créé en 1997 par le Conseil exécutif de l'UNESCO, le Prix est destiné à distinguer une personne, une organisation ou une institution qui a contribué d'une manière notable à la défense et/ou à la promotion de la liberté de la presse oú que ce soit dans le monde, surtout si, pour cela, elle a pris des risques. L'an dernier, le Prix avait été attribué à la journaliste nigériane Christina Anyanwu, qui se trouvait alors en prison. La lauréate précédente, la journaliste chinoise Gao Yu, était également détenue lorsqu'elle avait été choisie pour recevoir ce Prix qui porte le nom du journaliste et éditeur colombien Guillermo Cano, assassiné alors qu'il essayait de rendre compte des activités des barons de la drogue de son pays. Les deux lauréates ont retrouvé leur liberté après avoir été récompensées par le prix.



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