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LA JOURNEE MONDIALE DE LA LIBERTE DE LA PRESSE METTRA L'ACCENT SUR LES CRIMES IMPUNIS COMMIS CONTRE
DES JOURNALISTES
Paris, mars 1999 - L'UNESCO célébrera la Journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai, avec des manifestations à Bogota (Colombie) et ailleurs, manifestations qui mettront l'accent sur le thème choisi pour cette année : l'impunité dont bénéficient trop souvent les crimes commis contre des journalistes et autres professionnels de l'information.
Il s'agit d'un problème particulièrement préoccupant. Dans de nombreux pays, meurtres, violences et intimidations sont utilisés pour faire taire des journalistes et la plupart de ces crimes ne donnent lieu ni à enquête ni à châtiment. 1998 a enregistré un triste record avec, au moins, 20 journalistes tués dans l'exercice de leur métier. Au total, plus de 500 journalistes ont été assassinés au cours des 10 dernières années. A ces crimes, il faut encore ajouter d'innombrables actes de violence commis contre les professionnels de l'information : arrestations arbitraires, menaces, agressions, harcèlement et même torture. L'Amérique latine et les zones de conflit armé sont les plus risquées pour ceux qui exercent le métier de journaliste.
Ce problème a conduit les Etats membres de l'UNESCO à adopter, lors de la dernière Conférence générale de l'Organisation (Novembre 1997), une résolution qui les appelle à prendre "les mesures nécessaires pour [...] établir le principe de l'imprescriptibilité des crimes [...] quand ces crimes sont perpétrés pour empêcher l'exercice de la liberté d'information [úú] ; [...] poursuivre et condamner ceux qui sont les instigateurs des assassinats de personnes exerçant leur droit à la liberté d'expression ; [...] disposer que les auteurs d'infractions commises contre des journalistes [...] seront traduits devant les juridictions ordinaires ou de droit commun".
Les violences exercées contre les journalistes sont le thème du message que lanceront, à l'occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, le Directeur général de l'UNESCO, Federico Mayor, et le Haut-Commissaire aux droits de l'homme, Mary Robinson. Dans ce message, ils reconnaissent la contribution essentielle de cette profession à la liberté d'expression et à la démocratie.
Bogota, la capitale de la Colombie, a été choisie pour accueillir l'événement principal de la Journée mondiale : la remise du Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO/Guillermo Cano à son lauréat 1999, le journaliste et éditeur mexicain Jesus Blancornelas, qui a dénoncé la corruption dans son hebdomadaire Zeta et lutté pour la liberté de la presse à travers la Société mexicaine des journalistes qu'il a contribué à fonder en 1998. Le choix de la patrie de Guillermo Cano pour la cérémonie de remise du Prix est particulièrement bien adapté au thème de cette Journée mondiale de la liberté de la presse puisque Guillermo Cano, éditeur colombien, a lui-même été assassiné et que ses meurtriers présumés n'ont toujours pas été punis.
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