Message du Directeur général
de l'UNESCO
à l'occasion de la Journée mondiale de la poésie
(21 mars 2002)
Aimer la poésie pour aimer les autres
S'il est une chose aux contours indéfinis, aux définitions impossibles,
c'est bien la poésie. On la reconnaît cependant toujours : elle
est communication à l'état pur, liberté absolue du verbe,
lieu où se confondent réel, possible et nécessaire.
La poésie accompagne l'humanité depuis la nuit des temps. Elle
se pratique et s'apprécie à tous les âges, dans tous les
contextes culturels. Si elle ponctue la vie et l'histoire des peuples, et
se nourrit des modes et des préoccupations du moment, elle porte en
elle un élément universel qui ignore les frontières du
temps et de l'espace. Ainsi pouvons-nous être saisis d'une émotion
immense à l'écoute d'un poème conçu ailleurs,
un ailleurs dont on ignore tout, et qui pourtant est le miroir de notre propre
existence.
Saisissons cette année 2002, déclarée Année des
Nations Unies pour le patrimoine culturel, pour encourager la poésie,
sa création, sa traduction, sa diffusion. Ouvrons les portes des écoles,
des universités, mais aussi celles de nos lieux de travail et de vie
à cet art essentiel et majeur. Car aimer la poésie nous aide
à aimer les autres.
J'invite les autorités publiques de tous les pays, le monde associatif
et la société civile tout entière à se mobiliser
pour que la poésie soit à l'honneur en ce 21 mars, mais aussi
de façon durable.
Koïchiro Matsuura