UN PROJET DE PLUSIEURS MILLIONS DE DOLLARS POUR PROTEGER LES SITES DU PATRIMOINE MONDIAL EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO
Paris, 6 janvier {N°2000-01} - Les gouverneurs de la Fondation des Nations Unies (UNF) ont décidé d'apporter leur soutien au projet du Centre du patrimoine mondial de l'UNESCO, "Conservation de la biodiversité dans des régions qui subissent des conflits armés : Protection du patrimoine naturel en République démocratique du Congo" en lui octroyant une dotation initiale de 2 895 912 dollars destinée à cinq Parcs nationaux de la République démocratique du Congo (RDC).
Le projet portant au total sur 4 786 000 dollars, une somme de 1 290 688 dollars doit encore être obtenue d'autres sources pour financer tout un éventail d'activités destinées, entre autres, à protéger des espèces en danger n'existant que dans les sites concernés : le rhinocéros blanc du nord et la girafe de savane du Parc national de la Garamba ; l'okapi de la Réserve de faune à okapis (Ituri) ; le gorille de montagne du Parc national des Virungas et le gorille Guaer du Parc national Kahuzi-Biega.
L'afflux de réfugiés dans les zones limitrophes, les activités des forces rebelles, le banditisme et un braconnage croissant ont un impact négatif sur ces sites. L'expansion de la chasse commerciale porte également sérieusement atteinte au mode de vie - chasse / cueillette - des Pygmées Mbuti de la Réserve à okapis et d'autres populations indigènes dont la survie dépend largement de la chasse traditionnelle.
Le Parc national de la Salonga, autre site naturel congolais inscrit sur la Liste du patrimoine mondial, va également bénéficier du projet. Les 5 sites concernés par le projet sont tous inclus sur la Liste du patrimoine mondial en péril, suite aux affrontements armés persistants dans la partie orientale de la RDC.
Les millions de dollars investis dans ces parcs au cours des décennies écoulées seront perdus si les sites ne sont pas protégés lors de l'actuelle période de troubles. Depuis maintenant plusieurs années, les sites ne reçoivent aucun soutien financier du gouvernement de la RDC et les revenus du tourisme font également défaut.
Le projet, développé par le Centre du patrimoine mondial de l'UNESCO et la Division des sciences écologiques de l'Organisation, a été approuvé en novembre dernier par la Fondation des Nations Unies - l'association américaine à but non lucratif qui gère le don d'un milliard de dollars effectué en 1998 par Ted Turner, le fondateur de CNN, pour appuyer des causes défendues par les Nations Unies - ainsi que par le Fonds des Nations Unies pour les partenariats internationaux (UNFIP) qui appartient au système des Nations Unies. Le projet a été développé en coopération avec l'Union mondiale pour la nature (IUCN) et une Task Force d'organisations partenaires, notamment GTZ-Allemagne, l'Institut Congolais pour la conservation de la Nature (ICCN), le Fonds mondial pour la nature (WWF) et l'International Rhino Foundation (IRF).
Le projet cherchera à faciliter l'interaction entre l'UNESCO et les autorités concernées en vue d'apporter un soutien au personnel de terrain. Le projet fournira salaires et équipements afin d'aider ce personnel à mener à bien ses tâches, prendra des mesures - notamment de formation - visant à renforcer la surveillance, à effectuer un suivi de l'évolution de la biodiversité, à appuyer des programmes intégrant les besoins des communautés indigènes et la protection du site, à établir des mécanismes de financement à long terme pour la conservation des sites en RDC.
Il s'agit du deuxième projet UNF/UNFIP en faveur de sites du Patrimoine mondial depuis mai 1999. La Fondation a déjà apporté son appui à une autre initiative de l'UNESCO, le projet pour le "Contrôle et éradication des espèces envahissantes : Condition nécessaire pour la conservation de la biodiversité endémique du site du patrimoine des îles Galapagos". Outre ces deux projets, les gouverneurs de la UNF ont également approuvé, lors de leur réunion de novembre 1999, une Stratégie pour le Programme de biodiversité qui entend faire du Patrimoine mondial un instrument de la conservation de la biodiversité d'importance mondiale. La stratégie doit conduire à un engagement de plusieurs millions de dollars de l'UNF/UNFIP en faveur du Patrimoine mondial et elle sera mise en oeuvre en coopération avec plusieurs agences du système des Nations Unies, dont l'UNESCO.
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