LE PATRIARCHE COPTE CHENOUDA III,
LAUREAT DU PRIX UNESCO-MADANJEET
SINGH POUR LA PROMOTION
DE LA TOLERANCE ET DE LA NON-VIOLENCE
Paris, 17 octobre (N°2000-103)
- Le Patriarche égyptien Chenouda III, chef de l'Eglise
copte orthodoxe, a été désigné aujourd'hui par le Directeur général
de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura, lauréat du Prix UNESCO-Madanjeet Singh pour la promotion de la tolérance et
de la non-violence, sur recommandation
d'un jury international.
Le jury était composé de cinq membres :
Nasser El-Ansary, Directeur
général de l'Institut du monde arabe (Paris) ; Inder Gudjral, ancien
Premier ministre indien qui n'a pas pu participer à la réunion ; le
sociologue mexicain Julio Labastida Martin del Campo, ancien Sous-Directeur
général de l'UNESCO chargé des sciences sociales et humaines
; Anatoli Torkunov, Recteur de l'Institut d'Etat des relations internationales
(Moscou) et l'écrivain et professeur de philosophie de 'Université
d'Abidjan-Cocody (Côte d'Ivoire), Tanella Boni. Cette dernière
présidait le jury.
Tanella Boni a déclaré : " Le Patriarche Chenouda
est un religieux qui se
consacre à la promotion de la tolérance. Nous pensons que la religion est un domaine où la tolérance doit être
particulièrement encouragée car c'est
souvent là qu'elle manque le plus ". L'engagement
du Patriarche Chenouda III en faveur de la paix et de la tolérance
se manifeste dans ses sermons, ses livres et le magazine officiel
de l'Eglise. Il a établi des relations de confiance avec les milieux
musulmans de son pays et il a également oeuvré en faveur du dialogue
interreligieux sur le plan international. Chenouda III a joué un
rôle actif dans l'apaisement des tensions interreligieuses qui ont pu survenir en Egypte.
Le jury a décidé d'attribuer deux Mentions d'honneur.
La première va au militant indonésien des droits
de l'homme Munir, fondateur de
la Commission des personnes disparues et des victimes de la violence
(KONTRAS) qui coordonne tout un réseau d'organisations non gouvernementales
et d'associations agissant dans les domaines de la violence
d'Etat et des conflits locaux. Munir est également membre de Simpati,
une organisation luttant contre la discrimination subie par la communauté
chinoise d'Indonésie.
La deuxième Mention d'honneur récompense l'ancienne
ministre de l'Education du
Sierra Leone et fondatrice de la branche nationale de l'organisation
non gouvernementale Forum for African Women Educationalists
(FAWE), Christina Ayoka Mary Thorpe. Par son travail, elle
essaye d'apporter des réponses aux besoins spécifiques des jeunes filles et des femmes traumatisées par la
guerre mais aussi de lutter contre
l'exclusion des filles enceintes et des filles-mères.
Trois Mentions spéciales ont été attribuées. La
première récompense l'organisation
non gouvernementale américaine Seeds of Peace (Les Graines
de la paix), fondée par l'ancien journaliste John Wallach et particulièrement
active en matière de promotion de la paix entre Arabes et
Israéliens. Depuis sa création en 1992, l'organisation - qui bénéficie
du soutien de plus de dix mille particuliers ou fondations américaines
- s'est consacrée à enseigner, à travers différents programmes
destinés aux jeunes, la tolérance et les capacités requises pour
le règlement des conflits.
Une autre Mention spéciale va au quotidien réformateur
iranien Salaam. Interdit
depuis l'année dernière, Salaam - qui a démarré en 1991- encourageait la
participation de tous à la vie de la collectivité, réclamait
une plus grande transparence de la part des autorités politiques
et militait pour la liberté de la presse. La
chaîne russe de radiotélévision Mir reçoit également une Mention spéciale. Créée en 1992, Mir couvre
aujourd'hui dix anciennes républiques
soviétiques. Elle cherche à promouvoir la compréhension et à répandre
les principes de tolérance et de non-violence au sein de la Communauté
des Etats indépendants, en enseignant à ses auditeurs et téléspectateurs
à écouter et à respecter l'autre.
Le Prix - doté d'un montant de 40 000 dollars - vise à
développer l'esprit de tolérance dans les
arts, l'éducation, la culture, la
science et la communication. Il est décerné tous les deux ans pour récompenser des réalisations
exceptionnelles - de personnes ou d'institutions
- qui ont contribué à promouvoir la tolérance. Le Prix a été
créé en 1995 grâce à la générosité de l'artiste, écrivain et diplomate indien Madanjeet Singh, ancien
militant du mouvement non-violent
du Mahatma Gandhi - Quit India - contre la domination britannique.
Madanjeet Singh a également été Ambassadeur de l'Inde en Asie,
en Amérique du Sud, en Afrique et en Europe.
Le Prix UNESCO-Madanjeet Singh pour la promotion de la
tolérance et de la
non-violence sera remis aux lauréats lors d'une cérémonie qui se
tiendra, au siège de l'UNESCO, le 16 novembre, Journée internationale de la tolérance et date anniversaire de la
fondation de l'Organisation. En
1998, le Prix avait été décerné de façon conjointe au Joint Action
Committee for Peoples Rights du Pakistan et à Narayan Dasai, militant
anti-nucléaire indien et promoteur de la compréhension et de la tolérance
religieuse et ethnique. En 1996, il avait récompensé le collectif
Pro-femmes Twese Hamwe, une association de groupes de femmes du
Rwanda.
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