LE SECRETAIRE GENERAL DE L’OUA
SOULIGNE L’IMPORTANCE CRUCIALE DE L’EDUCATION POUR L’AFRIQUE
Paris, 24 octobre (N°2000-105)
- Le Secrétaire général de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA),
Salim Ahmed Salim, a mis l’accent sur le rôle fondamental de l’éducation
face aux nombreux défis posés au continent africain, dans un discours qu’il
a prononcé ce matin devant le Conseil exécutif de l’UNESCO, réuni pour sa
160e session.
En accueillant le Secrétaire
général de l’OUA, tant la Présidente du Conseil exécutif, Sonia Mendieta
de Badaroux, que le Directeur général, Koïchiro Matsuura, ont souligné la
longue et fructueuse coopération entre l’UNESCO et l’Organisation de l’Unité
Africaine. Sonia Mendieta de Badaroux a réaffirmé que l’UNESCO était à l’écoute
de l’Afrique : “ On a trop souvent parlé à votre continent [···]. Le
Conseil exécutif veut bénéficier de la grande expérience accumulée par l’Organisation
de l’Unité Africaine ”. La Présidente du Conseil a ajouté : “ Pour l’UNESCO,
l’éducation en Afrique est la condition sine qua non du développement. C’est
elle qui est en train de faire émerger et de rendre plus visible un continent
qui a confiance en ses enfants ”.
Koïchiro Matsuura a insisté
sur le fait que les liens de coopération entre l’UNESCO et l’OUA doivent
être “ redéfinis à la lumière des nouvelles et pressantes réalités d’aujourd’hui
” et que l’éducation constitue “ le plus puissant vecteur d’un
développement véritable et durable, capable de terrasser de façon durable les
trois démons que sont la pauvreté, l’analphabétisme et la maladie ”.
Salim Ahmed Salim a souligné
la menace pour l’Afrique que représentent “ le fossé en matière d’information
et de connaissances, qualifié par certains de "fracture numérique",
[…] et le fossé technologique existant entre les pays avancés - auxquels il
faut ajouter quelques économies émergeantes - et des sociétés africaines qui
ont été reléguées […] dans des positions marginales ”.
Le Secrétaire général de l’OUA
a déclaré que cette fracture a contribué à ce que l’Afrique ait “ des
systèmes éducatifs dans une situation très grave, des agences de
développement scientifique et technologique extrêmement faibles, une grande
carence en infrastructures de base, des populations traumatisées par de
nombreuses catastrophes naturelles ou provoquées par l’homme, et un fardeau
de la dette écrasant ”.
Insistant sur le fait qu’il
fallait construire en Afrique “ un environnement de paix et de stabilité ”
afin que le continent puisse devenir un véritable acteur sur la scène mondiale,
le Secrétaire général de l’OUA a ajouté : “ Les Africains ont souffert
de la dévastation causée par d’incessants conflits ”, des conflits qui ont
sapé bon nombre des progrès réalisés par le continent depuis l’indépendance
et qui ont réduit le potentiel de croissance et de développement ”.
Salim Ahmed Salim a souligné l’importance
de l’éducation et de la culture pour la lutte contre la pandémie de Sida “
dont le seul remède est la prévention ”. Le Sida a anéanti d’un coup “
tous les progrès en matière d’espérance de vie réalisés au cours des
dernières décennies du XXe siècle ”, a-t-il déclaré avant d’ajouter que
la pandémie avait tué à elle seule plus de gens que tous les conflits de la
même période, des gens qui appartenaient pour la plupart au groupe d’âge le
plus productif des sociétés africaines, “ ce qui a battu en brèche nos
efforts de développement et de croissance économique ”
Après avoir souligné le rôle
crucial de l’éducation pour répondre aux défis posés à l’Afrique, le
Secrétaire général de l’OUA a mis en garde : “ L’investissement dans
les domaines de l’éducation et dans d’autres secteurs socialement
importants a décru de façon alarmante du fait du manque de ressources
budgétaires ” dans de nombreux pays africains, ce qui pénalise
particulièrement les femmes “ dont les effectifs à tous les niveaux de l’enseignement
restent très bas ”. Salim Ahmed Salim a déclaré qu’il comptait sur le
soutien de l’UNESCO pour aider à mettre en œuvre les plans de l’OUA visant
à promouvoir l’éducation et la formation en vue de parvenir au
développement durable ”. “ L’intérêt porté par l’UNESCO aux
problèmes de l’Afrique est un service qu’elle rend non seulement à notre
continent mais à l’humanité dans son ensemble ”, a-t-il poursuivi.
Le Secrétaire général de l’OUA
et le Directeur général de l’UNESCO doivent signer en fin d’après-midi un
communiqué conjoint marquant le renforcement dans ces directions de la
coopération entre les deux organisations.
****