LE CONSEIL EXECUTIF TRACE LES
PRIORITES ET ACTIVITES FUTURES DE L’UNESCO
Paris, 26 octobre (N°2000-107)
- Lors de sa 160e session qui a pris
fin hier mercredi, le Conseil exécutif de l’UNESCO, présidé par Sonia
Mendieta de Badaroux (Honduras), a largement donné son aval aux propositions du
Directeur général, Koïchiro Matsuura, visant à une réforme de l’Organisation
et au recentrage de ses programmes, propositions figurant dans son projet de
Stratégie à moyen terme 2002-2007 et le projet de Programme et Budget pour
2002-2003.
Dans son discours de clôture,
Sonia Mendieta de Badaroux a évoqué la mondialisation, thème majeur des
débats du Conseil. Elle a notamment déclaré : “ Le débat sur la
mondialisation […] a bien éclairé les effets néfastes de celle-ci en
matière d’éradication de la pauvreté dans le monde […]. Quelle que soit
la forme prise par la mondialisation ou la définition qu’on en donne, l’important
pour nous, au sein de cette Organisation, c’est que ce processus historique
doit apporter une contribution tangible aux questions dont l’UNESCO s’occupe
depuis ses débuts, à savoir la lutte contre la faim, la pauvreté, l’analphabétisme,
l’exclusion et la violence […] ”.
Les propositions de Koïchiro
Matsuura, en poste depuis novembre 1999, donnent corps à sa vision et
reflètent sa volonté de se concentrer sur les domaines où l’UNESCO peut
faire la différence. Ces domaines concernent : l’accès de tous à l’éducation
de base ; la protection du service public de l’éducation ; la lutte contre la
standardisation et l’appauvrissement des contenus éducatifs ; la promotion du
partage des connaissances ; la réduction de la fracture numérique ; la
protection et valorisation de la diversité culturelle à l’heure de la
mondialisation. L’Organisation doit aussi encourager la sensibilisation de l’opinion
et le débat autour des implications éthiques des progrès scientifiques dans
des domaines comme les sciences de la vie et l’utilisation des ressources
énergétiques.
Le Conseil exécutif a proposé
que les activités de l’UNESCO dans les années à venir s’inscrivent autour
du thème fédérateur “ contribuer à la paix et au développement humain à
l’ère de la mondialisation par l’éducation, la science, la culture et la
communication ”. Il a souligné la nécessité pour l’UNESCO de répondre
aux nouveaux enjeux dans les domaines de l’éducation, de la science, de la
culture et de la communication : 1) en élaborant et promouvant des principes et
des normes à caractère universel, reposant sur des valeurs communes, et en
préservant et consolidant le "bien public commun" ; 2) en favorisant
le pluralisme par la reconnaissance et la valorisation du principe de diversité
dans le respect des droits de l’homme ; 3) en promouvant la responsabilisation
et la participation à la société du savoir émergente grâce à un accès
équitable, au développement des capacités et au partage des connaissances.
Le Conseil a insisté sur la
nécessité de se fonder sur les résultats des grandes conférences
internationales organisées dans les domaines d’activité de l’UNESCO au
cours de la dernière décennie. Pour l’éducation, il demande que l’UNESCO
se consacre aux objectifs stratégiques suivants : affirmer le droit fondamental
à l’éducation conformément à la
Déclaration universelle des droits de l’homme ; améliorer la qualité de l’éducation
par la diversification des contenus et des méthodes et la promotion de valeurs
universellement partagées ; promouvoir l’expérimentation, l’innovation
ainsi que la diffusion et le partage de l’information et des meilleurs
pratiques de même que le dialogue sur les principes d’action dans les
domaines de l’éducation.
Dans les sciences,
l’UNESCO doit concentrer son action autour de trois axes : promouvoir des
principes et des règles éthiques pour guider le progrès scientifique et
technologique ainsi que les transformations sociales ; améliorer la sécurité
humaine par une meilleure gestion de l’environnement et du changement social ;
renforcer les capacités scientifiques, techniques et humaines de participation
aux nouvelles sociétés du savoir.
Pour la culture,
les priorités sont : promouvoir le développement d’instruments normatifs ;
protéger la diversité culturelle et encourager le pluralisme et le dialogue
interculturels ; renforcer les liens entre culture et développement. A cet
effet, le Conseil recommande qu’une attention particulière soit accordée à
la préservation du patrimoine oral et immatériel, aux cultures vivantes, aux
traditions et à la diversité linguistique.
En matière d’information et
de communication, le Conseil a insisté sur la nécessité pour l’UNESCO de
participer pleinement aux efforts internationaux visant à réduire la fracture
numérique. Il lui demande aussi de mettre l’accent sur la promotion de la
libre circulation des idées, sur l’accès universel à l’information ; sur
la promotion de l’expression du pluralisme et de la diversité culturelle dans
les médias et les réseaux d’information mondiaux et sur tout ce qui
contribue à combler l’écart en matière de communication et d’information.
Le Conseil a confirmé que pour
s’acquitter efficacement de ses tâches, l’UNESCO doit assumer - dans toutes
ses activités - les fonctions de laboratoire d’idées, d’organisme normatif,
de centre d’échange d’information, d’organisme de développement des
capacités dans les Etats membres et de catalyseur pour la coopération
internationale.
En ce qui concerne le projet de
Programme et Budget pour 2002-2003, le Conseil a approuvé la proposition du
Directeur général de donner la priorité absolue - et des ressources
financières accrues - à cinq domaines d’action : éducation de base pour
tous ; ressources en eau et écosystèmes ; éthique des sciences et des
technologies ; diversité, pluralisme et dialogue interculturel ; élargir l’accès
à l’information, en particulier celle qui relève du domaine public. Il a
également accepté les propositions visant à renforcer l’interdisciplinarité.
En outre, le Conseil a décidé
que l’UNESCO doit, à travers tous ses programmes, favoriser les activités
visant à réduire la pauvreté et à promouvoir l’utilisation des nouvelles
technologies de l’information et de la communication pour bâtir les
sociétés du savoir.
Les propositions examinées par
le Conseil exécutif seront encore affinées avant d’être soumises à la
Conférence générale des Etats membres de l’UNESCO, l’organe directeur
suprême de l’Organisation, lors de sa prochaine réunion à l’automne 2001.
Une des grandes décisions
prises par le Conseil prévoit la création d’un Programme Information pour
tous qui est appelé à jouer un rôle clé dans l’exécution de la mission de
l’UNESCO qui consiste à contribuer à “ l’éducation pour tous ” et au
“ libre échange des idées et des connaissances ” et à multiplier “ les
relations entre [les] peuples ”. Destiné à réduire l’écart entre les
info-riches et les info-pauvres, le Programme sera mis en œuvre à partir du
1er janvier 2001.
Un autre grand thème des
débats a été le Rapport du Commissaire aux comptes sur les comptes de l’UNESCO
pour 1998-1999. Le Conseil exécutif a déploré les manquements aux règles qui
ont été à l’origine des réserves dont le Commissaire aux comptes a assorti
son avis mais il a noté avec satisfaction que, dès son entrée en fonction, le
Directeur général a pris les premières mesures pour remédier à ces
problèmes Il s’est également félicité de ce que ce dernier ait décidé de
donner suite aux recommandations du Commissaire aux comptes.
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