LE CONSEIL EXECUTIF EFFECTUE UNE VISITE CULTURELLE EN TUNISIE
Tunis, 30 octobre (N°2000-108)
- Le Conseil exécutif, présidé par Sonia Mendieta de Badaroux (Honduras), a
effectué du 26 au 29 octobre une visite culturelle en Tunisie, visite qui l’a
conduit de Carthage à Kairouan, en passant par la Médina de Tunis, trois sites
inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Ce séjour culturel, à l’invitation
du gouvernement tunisien, a été l’occasion de souligner les relations
privilégiées existant entre la Tunisie et l’UNESCO. Le samedi 28 octobre,
les membres du Conseil ont ainsi été reçus par le Président de la
République tunisienne, Zine El Abidine Ben Ali, qui a décoré de l’Ordre
national du Mérite la Présidente du Conseil exécutif, Sonia Mendieta de
Badaroux, ainsi qu’Ahmed Sayyad, Sous-Directeur général du Secteur des
relations extérieures et de la coopération, représentant du Directeur
général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura. Sonia Mendieta de Badaroux a
profité de cet entretien pour évoquer avec le Président Ben Ali les acquis et
la place de la femme dans la société tunisienne. Au nom des membres du Conseil
exécutif, la Présidente a octroyé au Président tunisien la Médaille d’or
de Carthage.
Dès le 26 octobre, le rôle de
plaque tournante joué depuis l’époque punique par la Tunisie a été
évoqué par la Présidente du Conseil exécutif au Palais Beït Al-Hikma,
siège de l’Académie tunisienne des Sciences, des Lettres et des Arts : “
La géographie et l’histoire semblent s’être alliées pour faire de la
Tunisie un carrefour de la Méditerranée ”. Elle a ajouté, citant l’historien
Jean-Jacques Aillagon : “ C’est sur ce terreau qu’est née la première
pensée universelle de l’Occident moderne. Le parcours de l’Antiquité
tunisienne nous renvoie sans cesse à notre propre culture, culture que nous
avons parfois reçue de notre passé commun, de notre romanité commune, de
notre Christianisation commune ”.
Sonia Mendieta de Badaroux a
poursuivi : “ Nos rêves d’Orient nous ont maintes fois conduit à Carthage,
la Carthage punique, pour y trouver des images nouvelles, des sensations
inespérées, des émotions étourdissantes. Presque tout de la ville fondée
par la Princesse de Tyr a été dispersé : Carthage est désormais partout,
sous nos pas, dans nos yeux, dans nos rêves ”.
Outre Carthage, son site - pour
lequel l’UNESCO avait lancé une grande Campagne internationale de sauvegarde
dès 1972 - et son musée regroupant une grande partie des objets découverts
sur place, d’autres grandes étapes ont jalonné le parcours tunisien du
Conseil. Notamment Kairouan, plus importante cité musulmane du Maghreb et
brillant foyer de la culture arabo-musulmane pendant cinq siècles, ainsi que le
dédale de la Médina de Tunis, autour de la Mosquée Azzaïtouna, ou le Musée
national du Bardo et sa collection, unique au monde, de mosaïques romaines. A
côté de cette prestigieuse Tunisie d’hier, celle du présent et du futur n’a
pourtant pas été oubliée, avec des visites du nouvel Hôtel de Ville de
Tunis, qui témoigne de la volonté de réhabiliter la Médina, et du Centre
National de Télédétection, centre de traitement de données fournies par
satellite.
Dans leurs allocutions, les
autorités n’ont d’ailleurs pas manqué de mentionner cette modernité
tunisienne et les contributions qu’a pu y apporter l’UNESCO. Le
Représentant de la Tunisie au Conseil exécutif et Président de l’Académie
tunisienne des Sciences, des Lettres et des Arts, Abdelwahab Bouhdiba, a ainsi
évoqué les projets de développement en soulignant que les projets phares -
utilisation de l’eau salée pour l’irrigation, résistance à l’aridité,
lutte contre l’analphabétisme, etc. - avaient été ceux entrepris en
collaboration avec l’UNESCO, avant d’ajouter qu’il souhaitait voir “ se
poursuivre et s’enraciner ce partenariat ”. Propos qui ont fait écho à
ceux du ministre de l’Education et Président de la Commission nationale
tunisienne pour l’éducation, la science et la culture, Iadh El Ouederni, :
“ La Tunisie entretient des relations privilégiées avec l’UNESCO ”.
Devant les membres du Conseil exécutif, le ministre de l’Education a
également cité les consultations en cours dans son pays pour réfléchir sur l’école
de demain comme un exemple actuel de la volonté de s’ouvrir sur le monde qui
a toujours caractérisé la Tunisie.
Pour sa part, le ministre des
Affaires étrangères, Habib Ben Yahia, a qualifié les relations entre l’UNESCO
et la Tunisie d’essentielles avant d’ajouter : “ Nous croyons dans le
message de l’UNESCO pour préserver un patrimoine culturel aussi riche et
diversifié ”. Il a rappelé que son pays avait à transmettre “ un message
éternel, un message de tolérance, illustré par la Charte de Carthage de 1995
”. Ce rôle de la Tunisie a également été souligné par la Présidente du
Conseil qui a rappelé le choix par l’UNESCO de Tunis comme Capitale
culturelle régionale 1997, “ reconnaissance éloquente de ce rôle joué par
la Tunisie dans le dialogue entre les civilisations ”.
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