MESSAGE DU DIRECTEUR
GENERAL A L'OCCASION DE LA JOURNEE INTERNATIONALE DE LA TOLERANCE
Paris, 9 novembre (N°2000-113)-
Le Directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura, a délivré un message
à l’occasion de la Journée internationale de la tolérance, célébré le 16
novembre.
Voici le texte du message :
“ La vertu de clémence est
de n'être forcée, elle descend comme la deuce pluie du ciel ”,
écrivait jadis le grand Shakespeare. Mais hélas, en ces temps difficiles,
cette précieuse vertu qu'est la compassion est trop souvent mise à très rude
épreuve, dans trop de régions du monde. Il en va de même pour cette autre
vertu qui lui fait pendant : la tolérance. La compassion et la tolérance, nous
le savons trop bien, exigent un grand effort de volonté, une démarche
consciente et opiniâtre de l'esprit pour imaginer et ressentir les sentiments,
les pensées, les valeurs et les perceptions d'autrui.
La guerre se nourrit de
l'intolérance. La paix a besoin de son contraire. C'est pourquoi le système
des Nations Unies, et en son sein l'UNESCO, célèbre le 16 novembre la Journée
internationale de la tolérance. Pour l'UNESCO, cette journée rappelle qu'en
adoptant, le 16 novembre 1995, la Déclaration de principes sur la tolérance,
les Etats membres ont entendu marquer symboliquement leur volonté commune de
traduire leurs idéaux dans la pratique, au moyen de législations rigoureuses
et de mesures éducatives efficaces. La quête de la paix, qui est au coeur
même de la mission de toute la famille des Nations Unies, prend appui sur la
tolérance. Mais, malheureusement, au risque de faire mentir le poète, ni la
compassion ni la tolérance ne descendent comme la deuce pluie du ciel.
Elles exigent un immense effort d'éducation et de dialogue.
Nous ne parlons pas ici de la
tolérance dans son sens négatif, qui serait une sorte d'indifférence
dédaigneuse envers les autres. Tout au contraire, nous considérons la
tolérance comme une ouverture positive de l'esprit qui permet de comprendre les
autres, et, ainsi, de mettre en évidence ou de tisser des liens éthiques
communs. Il est bien connu que les préjugés, les rancunes, les peurs
accumulés, qui se nourrissent d'une ignorance mutuelle persistante, sont les
germes de la guerre. En remplaçant cette méfiance anxiogène par une meilleure
connaissance de la culture et des aspirations de l'autre, il nous est plus
facile de nous comprendre et d'ouvrir la voie à une paix durable.
Tels sont les objectifs
proclamés et l'axe fondamental de la mission éducative de l'UNESCO, sous
toutes les latitudes. Telle est aussi l'essence même de l'engagement de
l'UNESCO : contribuer à sauvegarder les témoignages exceptionnels du passé de
l'humanité sur tous les continents pour les donner à tous en partage. Tels
sont aussi les axes qui doivent nous guider pour explorer les orientations
futures de la science. Telle est, en somme, la mission de l'UNESCO : mieux
sensibiliser chacun à ce qui nous est commun à tous.
L'Organisation des Nations
Unies a placé l'année à venir sous le signe du dialogue entre les
civilisations. Ce sera là une autre façon de mettre en évidence les
vertus de l'exploration et de l'échange culturels. Nous engageons instamment
les nations et les citoyens, les gouvernements et les organisations non
gouvernementales, à prendre part au dialogue dans l'estime et le respect
mutuels.
C'est là précisément la
forme de tolérance universelle que l'UNESCO encourage et célèbre aujourd'hui.
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