30e ANNIVERSAIRE DE LA CONVENTION DE L'UNESCO CONCERNANT LES MESURES A
PRENDRE POUR INTERDIRE ET EMPECHER L'IMPORTATION, L'EXPORTATION ET LE
TRANSFERT DE PROPRIETE ILLICITES DES BIENS CULTURELS
Paris, 13 novembre (N°2000-116) - Le 30e anniversaire.shtml de la Convention de l'UNESCO de
1970 concernant les mesures à prendre pour interdire et empêcher
l'importation, l'exportation et le transfert de propriété illicites des
biens culturels - le premier instrument juridique mondial de protection
du patrimoine culturel contre le vol et le pillage -, sera célébré le 15
novembre au siège de l'Organisation.
Ratifiée à ce jour par 91 Etats, la Convention de 1970 concerne la
protection de biens culturels " désignés, par chaque Etat, comme étant
d'importance pour l'archéologie, la préhistoire, l'histoire, la
littérature, l'art ou la science ". Son adoption par la Conférence
générale des Etats membres de l'UNESCO, le 14 novembre 1970, a constitué
une étape importante vers la reconnaissance du fait que le bien culturel
ne peut être considéré comme une marchandise ordinaire.
Lors de cette journée d'anniversaire, des personnalités venant de
Suisse, du Royaume-Uni, du Nigeria, d'Australie, de France et d'Italie,
notamment le chef de la police du patrimoine artistique italien,
dresseront le bilan de la situation. Le problème du trafic illicite
demeure sérieux et, selon INTERPOL, seulement 5 à 10 % des biens
culturels volés sont retrouvés. Les intervenants discuteront de la
réponse juridique apportée par cette Convention et celle de 1995 sur les
objets culturels volés ou illicitement exportés (UNIDROIT).
Des représentants d'INTERPOL, de l'Office central de lutte contre le
trafic des biens culturels (OCBC, France), du Conseil international des
musées (ICOM) et le coordinateur du projet " Object-ID " étudieront les
mesures concrètes à prendre pour mettre en oeuvre les Conventions,
telles que la réalisation d'inventaires et la formation des services de
police. La journée s'achèvera par une cérémonie officielle, dès 18h,
réunissant des hauts représentants gouvernementaux et des ambassadeurs
d'Etats membres de l'UNESCO.
La Convention reconnaît que les biens culturels " sont un des éléments
fondamentaux de la civilisation et de la culture des peuples, et qu'ils
ne prennent leur valeur réelle que si leur origine, leur histoire et
leur environnement sont connus avec la plus grande précision ".
Y figure également la reconnaissance qu' " il est indispensable que
chaque Etat prenne davantage conscience des obligations morales touchant
au respect de son patrimoine culturel comme à celui de toutes les
nations ".
Parlant de l'importance de la Convention, le Directeur général de
l'UNESCO, Koïchiro Matsuura, a déclaré : " La Convention est un outil
précieux pour la sauvegarde du patrimoine. Elle prépare le terrain pour
une coopération internationale qui est indispensable à la préservation
du patrimoine. En célébrant cet anniversaire, nous devons redoubler
d'efforts pour mobiliser le plus de soutien possible de la part des gouvernements
et de la société civile afin de voir la Convention entièrement
appliquée. "
Malgré les succès remportés pendant les trente dernières années dans la
lutte contre le vol des biens culturels et les restitutions réussies de
biens volés à leurs pays d'origine, il n'a pas été possible de mettre
fin au trafic qui cause des dommages importants au patrimoine culturel à
travers le monde. Aussi longtemps qu'on continuera à ne pas vouloir
s'interroger sur l'origine des oeuvres d'art qu'on achète et qu'on vend,
il y aura des individus prêts à tirer parti des occasions qu'offrent
conflits, instabilité politique et corruption de par le monde, de
s'emparer d'objets de collection qu'ils pourront vendre à l'étranger en
réalisant un grand profit. Il reste beaucoup à faire pour sensibiliser
les gouvernements, l'opinion publique, les collectionneurs et les
marchands d'art, à la nécessité de respecter le contexte originel des
biens culturels. L'UNESCO utilise l'anniversaire pour lancer une
campagne de sensibilisation sur le besoin de protéger le patrimoine
culturel du vol, des fouilles clandestines et du commerce illicite.
L'UNESCO travaille à l'application de la Convention avec un grand nombre
d'organisations nationales et internationales, y compris avec INTERPOL
et l'Institut international pour l'unification du droit privé (UNIDROIT)
qui, en 1995, a adopté la Convention sur les objets culturels volés ou
illicitement exportés. L'UNESCO a créé en 1978 le Comité
intergouvernemental pour la promotion du retour des biens culturels à
leurs pays d'origine ou de leur restitution en cas d'appropriation
illicite qui compte 22 membres et qui est chargé d'étudier et de
négocier la restitution des biens culturels.
A l'occasion de cet anniversaire sera également lancé un Code
international de déontologie pour les négociants en biens culturels,
approuvé par l'organe directeur suprême de l'UNESCO, la Conférence
générale, en novembre 1999. Les négociants qui adoptent le Code
s'engagent à ne pas faire commerce d'objets qui pourraient être volés,
provenir de fouilles clandestines ou avoir été exportés illégalement,
ainsi qu'à coopérer pour le retour à leurs pays d'origine. Le Code aide
les négociants à se démarquer de ceux qui ne se préoccupent pas de la
provenance des objets qu'ils achètent et vendent, ou qui, en toute
connaissance de cause, sont à l'origine d'acquisitions illégales. Il
permet également aux collectionneurs inquiets de l'avenir des cultures
qui les intéressent de prendre parti pour le commerce légal plutôt que
pour le trafic illicite. Le Code fait partie des efforts de l'UNESCO
pour promouvoir une déontologie visant à éviter le dommage causé par le
trafic au patrimoine culturel.
Dans le cadre de sa campagne de sensibilisation pour la protection du
patrimoine culturel, l'UNESCO a produit un kit d'information. Il
comprend une série de cartes postales d'objets culturels volés. L'UNESCO
souhaite utiliser de telles cartes postales dans le cadre d'une campagne
de sensibilisation d'envergure montrant des trésors du patrimoine
culturel et illustrant la nécessité d'arrêter le trafic illicite des
oeuvres d'art, et permettant peut-être d'identifier et de retrouver des
objets disparus.
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Le kit d'information sera disponible sur Internet :
www.unesco.org/bpi/convention1970