LA VILLE DE ZABID, LE PARC
NATIONAL DU DJOUDJ, LE FORT ET LES JARDINS DE SHALIMAR SONT INSCRITS SUR LA
LISTE DU PATRIMOINE MONDIAL EN PERIL
Cairns, 28 novembre (N°2000-129)
- La ville historique yéménite de Zabid, le Parc national des oiseaux du
Djoudj, au Sénégal, le Fort et les Jardins de Shalimar, au Pakistan, ont été
inscrits aujourd’hui sur la Liste du patrimoine mondial en péril par le
Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO, réuni depuis hier à Cairns (Australie)
et présidé par l’Australien Peter King.
La Ville historique de Zabid
(Yémen). Cette ancienne capitale du Yémen (du XIIIe au XVe siècle) a eu une
très grande importance dans le monde arabe et musulman du fait de son
université islamique. Aujourd’hui déclinante, Zabid est en très mauvais
état de conservation. Une mission d’experts a pu constater la sérieuse
détérioration de son patrimoine, notamment le remplacement d’environ 40 %
des maisons par des habitations en béton, ainsi que la dégradation des autres
maisons et notamment du souk ancien. Le gouvernement du Yémen a sollicité l’inscription
de Zabid sur la Liste du patrimoine en péril pour faciliter sa sauvegarde.
Le Parc national des oiseaux du
Djoudj (Sénégal). Située dans le
delta du fleuve Sénégal, cette zone humide de 16 000 hectares constitue un
sanctuaire vital mais fragile pour un million et demi d’oiseaux, tels le
pélican blanc, le héron pourpre, la spatule africaine, la grande aigrette et
le cormoran. La zone est aujourd’hui menacée par une fougère aquatique, la Salvinia
molesta, qui prolifère au point de traverser le fleuve et d’envahir le
parc mauritanien voisin de Diawling. Une tentative de contrôle biologique - par
introduction de scarabées mangeurs de plantes fournis par l’Afrique du Sud -
n’a pas donné les résultats escomptés. Ici aussi, les autorités nationales
sont favorables à l’inscription pour faciliter leur tâche et pour faire
appel à des bailleurs de fonds.
Le Fort et les Jardins de
Shalimar, à Lahore (Pakistan). Témoin
de l’apogée de la brillante civilisation moghole, le Fort renferme des palais
et mosquées de marbre, ornés de mosaïques et de dorures. Les jardins,
étagés sur trois terrasses, avec des pavillons, des cascades et plans d’eau,
témoignent d’un raffinement rarement égalé. Des réservoirs vieux de 375
ans - qui alimentaient en eau les fontaines des jardins - ont été détruits en
juin 1999 pour élargir une route qui longe les jardins au Sud. Les murailles du
jardin ont également été détériorées. Face aux atteintes déjà
constatées et aux menaces pesant sur le site, le Comité a décidé de son
inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril, répondant ainsi à la
demande du gouvernement pakistanais de mobiliser la communauté internationale
en faveur de la sauvegarde du site.
La Liste du patrimoine mondial
en péril compte désormais 30 sites à travers le monde. Y figurent notamment
des réserves naturelles et des sites historiques comme Angkor (Cambodge), les
parcs nationaux des Everglades et de Yellowstone (Etats-Unis), Tombouctou (Mali)
et plusieurs parcs de la République démocratique du Congo.
Avec la Liste du patrimoine
mondial en péril, l’UNESCO entend attirer l’attention des autorités et de
l’opinion publique sur la nécessité de protéger les sites culturels et
naturels de valeur universelle qui sont particulièrement menacés par des
causes naturelles ou par l’intervention humaine. Elle est révisée tous les
ans, lors de la réunion du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO. La
réunion de cette année se tient - depuis le 27 novembre et jusqu’au 2
décembre - en Australie. Le Comité devrait annoncer le 30 novembre les
nouveaux sites inscrits sur la Liste du patrimoine mondial.
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Pour plus d’informations,
consultez le site : http://www.unesco.org/whc/