LE DIRECTEUR GENERAL PRECISE LES AXES DE SA REFORME DEVANT LE CONSEIL
EXECUTIF DE L'ORGANISATION
Paris, 25 février {N°2000-15} - Concentration et excellence dans le programme,
économies, rationalisation et transparence dans la gestion, sont les maîtres
mots de la réforme de l'UNESCO, présentée aujourd'hui par le Directeur
général de l'Organisation, Koïchiro Matsuura, au Conseil exécutif, réuni
pour une session d'information et présidé par Sonia Mendieta de Badaroux,
Ambassadeur et Déléguée permanente du Honduras auprès de l'UNESCO.
En introduisant la séance, la Présidente a souligné l'importance du dialogue
avec les Etats membres, dialogue qui contribue à clarifier les objectifs de
l'UNESCO pour les années à venir et " nous oblige à reconnaître et à
accepter nos différences dans l'intérêt de notre Organisation ".
Le Directeur général est revenu sur l'état de l'UNESCO et sur la réforme
entreprise depuis son entrée en fonction en novembre dernier. Il a reconnu
que la situation de l'Organisation était " encore plus grave " que ce qu'il
avait imaginé.
Le Directeur général a posé un diagnostic en six points et évoqué les
mesures déjà prises ou à prendre. Il a insisté sur l'adéquation entre les
compétences et les besoins au sein du Secrétariat, sur son rajeunissement et
l'amélioration de la répartition géographique du personnel, sur la formation
- il a qualifié les fonds consacrés à la formation permanente de "
dérisoires " - et sur l'importance de la transparence, " condition préalable
d'une saine gestion ".
La réforme entend aussi adapter la politique aux moyens disponibles et, dans
ce contexte, une réduction du nombre de bureaux permanents hors siège est
envisagée. L'objectif le plus important concerne la nécessaire concentration
du programme. Pour le Directeur général, " le programme lui-même doit être
radicalement repensé, en fonction d'une vision claire du rôle spécifique de
l'UNESCO au sein de la coopération internationale ". Il a demandé un effort
de recentrage de l'action en faveur notamment de l'éducation de base, de
l'enseignement des sciences, de la gestion des ressources en eau, de la
lutte contre la pauvreté, du patrimoine intangible, de la diversité
culturelle, ainsi que de l'accès des pays en développement aux nouvelles
technologies de l'information.
Insistant sur la grande priorité à accorder au suivi des grandes conférences
internationales, Koïchiro Matsuura a mis l'accent sur la conférence sur
l'éducation de base qui se tiendra du 26 au 28 avril à Dakar : " une
occasion unique pour l'Organisation de faire valoir ses positions propres et
de démontrer sa compétence dans la promotion d'approches nouvelles ".
Koïchiro Matsuura a poursuivi : " Le travail qui nous attend, dans les deux
années à venir, pour réformer notre programme et nos méthodes d'action, est
crucial. Mon ambition est de restituer à l'UNESCO sa place, toute sa place,
en tant qu'institution spécialisée du système des Nations Unies. Nous ne
pouvons plus revendiquer nos domaines de compétence comme un monopole. C'est
par l'exercice d'une expertise, d'un savoir-faire spécifiques dans des
domaines qui sont partagés avec beaucoup d'autres institutions que nous
démontrerons notre avantage comparatif. La compétence spécifique de l'UNESCO
réside sans doute dans sa fonction d'orientation, d'identification
d'approches novatrices, d'expérimentation de solutions nouvelles, de
collecte et diffusion d'expériences réussies. Elle est donc liée à une
exigence de qualité, pour ne pas dire d'excellence. Elle doit être présente
dans la formulation d'approches et de solutions beaucoup plus que dans
l'exécution concrète de projets ".
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