MESSAGE DU DIRECTEUR GENERAL A L'OCCASION DE LA JOURNEE INTERNATIONALE DE LA FEMME
Paris, 6 mars {N°2000-17} - Le Directeur général de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura, a lancé
un message à l'occasion de la Journée internationale de la femme (8 mars).
Voici le texte intégral de ce message :
" En ce 8 mars de l'an 2000, il dépend de nous de faire de la Journée
internationale de la femme le point de départ d'une nouvelle ère des droits
de la femme. Le XXe siècle a vu pour la première fois l'irruption en masse
des femmes dans la vie publique en tant qu'électrices, travailleuses,
étudiantes, élues et cadres. En cette première année du XXIe siècle, un défi
s'impose à nous : faire de la période qui vient celle de la pleine
participation des femmes aux mécanismes de direction et à la prise de
décisions.
Il y a longtemps que les femmes ont prouvé leur capacité à parvenir à
l'excellence dans les métiers qu'elles ont choisis, mais leur aptitude à
accéder au sommet de la hiérarchie demeure beaucoup plus problématique. Si
les femmes constituent la majorité du corps enseignant, elles ne sont qu'une
minorité à diriger des établissements scolaires. Il y a beaucoup de femmes
chargées de cours, mais elles sont bien moins nombreuses que leurs collègues
masculins à occuper des chaires universitaires. Bon nombre d'entre elles se
tournent vers le barreau, mais rares sont celles qui arrivent au sommet de
la profession juridique ; quant aux femmes parlementaires, déjà minoritaires
dans toutes les assemblées nationales, elles constatent qu'elles sont encore
moins bien représentées quand il s'agit de distribuer les portefeuilles
ministériels ; et s'il y a beaucoup de femmes journalistes, très peu
exercent des responsabilités éditoriales. Dans tous les domaines de la vie
et dans les conseils d'administration, comités, commissions où se décident
les grandes orientations, les femmes se heurtent à un plafond de verre qui
les empêche d'atteindre le niveau où s'exercent vraiment l'influence et
l'autorité.
C'est pourquoi j'ai invité les médias à célébrer cette année la Journée
internationale de la femme en prenant une initiative : "8 mars : les femmes
font l'info" ; cette initiative pose le problème du rôle décisionnel des
femmes dans un cadre limité - celui du journalisme - mais c'est là un
domaine qui nous concerne tous. Nous sommes tous des auditeurs, des
téléspectateurs et des lecteurs confrontés chaque jour au flux
d'informations qui nous tiennent au courant de l'actualité et façonnent
l'opinion publique. En tant que consommateurs de ces informations dispensées
par les médias, nous avons tous intérêt à ce que ce soient les journalistes
les plus talentueux, sans distinction de sexe, qui contribuent à la
production de cette actualité.
Tant que les femmes ne sont pas pleinement représentées à des postes
d'autorité de la vie publique, professionnelle et économique, nous ne
pouvons pas dire qu'elles jouissent de la pleine égalité des droits. Pour sa
part, l'UNESCO poursuivra la tâche qu'elle s'est assignée : faciliter
l'éducation des filles car c'est la première et la plus importante étape
dans la bonne direction. Il faut encourager les filles à suivre et terminer
des études secondaires, en particulier dans les domaines scientifique et technique. Celles dont les
bons résultats autorisent à espérer qu'elles réussiront dans l'enseignement
supérieur doivent être encouragées à poursuivre leurs études. Après leur
formation initiale, les femmes doivent se voir offrir des chances réellement
égales à tous les stades de leur vie publique et professionnelle. Cela doit
être une priorité pour tous les gouvernements, toutes les institutions et
toutes les organisations dont les politiques ont une incidence sur
l'équilibre entre les sexes ".
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