LE PRIX MONDIAL DE LA LIBERTE DE LA PRESSE UNESCO/GUILLERMO CANO EST
ATTRIBUE AU JOURNALISTE SYRIEN NIZAR NAYYOUF
Paris, 17 mars {N°2000-24} - Le Prix mondial de la liberté de la presse
UNESCO/Guillermo Cano 2000 a été attribué aujourd'hui par le Directeur
général de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura, au journaliste syrien Nizar Nayyouf,
sur recommandation d'un jury international composé de 14 professionnels des
médias.
Nizar Nayyouf, rédacteur en chef du mensuel Sawt al-Democratiyya
(La Voix de
la démocratie), publication du Comité de défense des libertés démocratiques
en Syrie (CDF), et collaborateur de l'hebdomadaire Al-Hurriya, est
emprisonné depuis le 10 janvier 1992. Il a été condamné à 10 ans de travaux
forcés pour appartenance à une organisation interdite - le CDF - et pour
propagation de fausses nouvelles. Maintenu aujourd'hui en isolement à la
prison militaire de Mezze à Damas et affaibli par la torture, il se trouve
dans un état de santé alarmant.
Le Prix, d'un montant de 25.000 dollars, est attribué chaque année sur
recommandation d'un jury indépendant, de quatorze professionnels de
l'information de toutes les régions du monde, présidé par la journaliste
belge Mia Doornaert, Présidente du Groupe consultatif de l'UNESCO pour la
liberté de la presse et ancienne Présidente de la Fédération internationale
des journalistes. La remise du Prix aura lieu cette année à Genève, à
l'occasion de la célébration, le 3 mai, de la Journée mondiale de la liberté
de la presse.
Cette Journée et le Prix UNESCO/Guillermo Cano s'inscrivent dans le cadre de
la mission de l'UNESCO en faveur de la libre circulation de l'information et
des activités qu'elle mène pour promouvoir la liberté de la presse,
l'indépendance et le pluralisme des médias. Créé en 1997 par le Conseil
exécutif de l'UNESCO, le Prix est destiné à distinguer une personne, une
organisation ou une institution qui a contribué d'une manière notable à la
défense et/ou à la promotion de la liberté de la presse où que ce soit dans
le monde, surtout si, pour cela, elle a pris des risques.
La journaliste chinoise Gao Yu, la journaliste nigériane Christina Anyanwu,
et le journaliste mexicain Jesús Blancornelas sont les précédents lauréats
du Prix. Comme Nizar Nayyouf, Gao Yu et Christina Anyanwu étaient détenues
quand le Prix leur a été attribué. Elles ont été libérées depuis.
Le Prix UNESCO/Guillermo Cano porte le nom du journaliste et éditeur
colombien Guillermo Cano, assassiné alors qu'il essayait de rendre compte
des activités des barons de la drogue de son pays. Son fils, Guillermo Cano,
membre du jury, a attiré l'attention de ses collègues sur la situation
dramatique de la presse dans son pays où les journalistes continuent d'être
menacés, enlevés ou assassinés.
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