DECLARATION CONJOINTE DES CO-ORGANISATEURS DU FORUM MONDIAL SUR L'EDUCATION
Paris, 21 avril 2000 {N°2000-37} - Dans une déclaration conjointe, les co-organisateurs du
Forum mondial sur l'éducation qui va se tenir du 26 au 28 avril à Dakar
(Sénégal) appellent - et s'engagent eux-mêmes - à renforcer le soutien à
l'éducation de base dans le monde.
Voici la déclaration lancée par Mark Malloch Brown, Administrateur du
Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Koïchiro Matsuura,
Directeur général de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la
science et la culture (UNESCO), Carol Bellamy, Directeur exécutif du Fonds
des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), Nafis Sadik, Directeur exécutif
du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et James D.
Wolfensohn, Président de la Banque mondiale :
" Nous, co-organisateurs du Forum mondial sur l'éducation à Dakar (Sénégal),
en avril 2000,
Rappelons que l'éducation :
* est un droit consacré par la Déclaration universelle des droits de
l'homme ;
* est la condition indispensable de tout développement économique,
social et humain et de l'accès équitable de tous les pays aux bénéfices de
la mondialisation ;
* joue un rôle fondamental dans la promotion de la paix civile et
internationale ainsi que du respect mutuel entre les cultures et les peuples
;
Affirmons que l'éducation pour tous devrait s'insérer dans le cadre de
politiques viables et intégrées associées aux efforts en faveur de
l'élimination de la pauvreté, aux stratégies en matière de population et à
la promotion de l'égalité et de l'équité entre les sexes ;
Soutenons pleinement la vision et les objectifs fondamentaux énoncés par la
communauté internationale dans la Déclaration sur l'éducation pour tous,
adoptée à Jomtien en 1990 ;
Reconnaissons les progrès considérables accomplis par l'éducation de base
dans certains pays ;
Alarmés, cependant, par la situation inacceptable qui, souvent, s'aggrave
dans d'autres pays, et qui se caractérise par : la persistance de taux
d'analphabétisme élevés ; la non-scolarisation d'un grand nombre d'enfants,
notamment de filles ; des disparités, en particulier entre les sexes, en
matière d'éducation ; l'insuffisance de la qualité et de la pertinence des
systèmes éducatifs et des contenus de l'éducation,
1. Soulignons la nécessité impérieuse de prendre immédiatement - face à
cette calamité mondiale inadmissible, et qui n'est pas une fatalité - des
engagements forts et durables à tous les niveaux afin d'assurer la
réalisation effective de l'éducation pour tous ;
2. Exhortons les gouvernements, en particulier ceux des pays où le
désintérêt envers l'éducation de base a créé une situation critique, à
réserver d'urgence à l'éducation pour tous la plus haute priorité aux plans
politique, budgétaire et législatif, à s'employer à atteindre tous les
exclus de l'éducation, et à reconnaître qu'il sera impossible de relever les
défis pressants auxquels l'éducation pour tous est confrontée sans une
volonté politique résolue, des réformes radicales et des approches
nouvelles, d'ordre conceptuel aussi bien que pratique ;
3. Nous engageons à accroître de manière significative les ressources
destinées à l'éducation pour tous ainsi qu'à redoubler d'efforts en matière
de : conseil pour l'élaboration de politiques ; coopération technique ;
formation et renforcement des capacités ; encouragement de la coopération
entre pouvoirs publics et société civile ; mobilisation d'une assistance
financière accrue en faveur des pays qui se sont dotés d'un plan crédible et
ont prouvé la réalité de leur engagement vis-à-vis de l'éducation ;
élargissement et renforcement du partenariat en faveur de l'éducation pour
tous ;
4. Lançons un appel à la communauté internationale, aux institutions de
développement et de financement, et aux bailleurs de fonds multilatéraux,
bilatéraux et privés, pour qu'ils soutiennent la cause de l'éducation pour
tous et la considèrent comme faisant partie intégrante de leurs
responsabilités globales, qu'ils mettent en oeuvre des mécanismes de
coordination et de collaboration efficaces, en particulier à l'échelon
national, et qu'ils veillent ainsi à ce qu'aucun pays témoignant d'une
volonté réelle de réaliser l'éducation pour tous et disposant de plans
viables à cette fin n'en soit empêché par le manque de ressources ;
5. Demandons instamment aux organisations non gouvernementales, aux
médias et à la société civile dans son ensemble, y compris le secteur privé,
de poursuivre leur mobilisation et de renforcer leur participation à
l'éducation pour tous, en particulier par des stratégies novatrices, à
l'appui des efforts déployés par les pouvoirs publics pour s'acquitter de
leur obligation d'assurer l'universalité de l'éducation ".
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