181 GOUVERNEMENTS ONT ADOPTE LE CADRE D'ACTION AU FORUM MONDIAL SUR L'EDUCATION
Dakar, 28 avril 2000 {N°2000-43} - Les délégués de 181 pays au Forum mondial sur
l'éducation ont adopté aujourd'hui un Cadre d'action qui engage leurs
gouvernements à apporter une éducation de base de qualité pour tous,
notamment pour les filles, et se fait l'écho du souhait des pays et des
institutions bailleurs de fonds qu'"aucun pays sérieusement engagé dans
l'universalisation de l'éducation de base ne voit ses efforts contrariés par
le manque de ressources".
Bien que des progrès notables aient été enregistrés dans de nombreux pays,
il est inacceptable, ont souligné les 1500 participants au Forum, qu'à
l'aube du nouveau millénaire plus de 113 millions d'enfants - surtout des
filles - soient privés d'éducation primaire, que 880 millions d'adultes
soient encore analphabètes, que la discrimination sexuelle continue de
s'exercer à tous les niveaux du système éducatif et que la qualité de
l'éducation dispensée ne réponde pas aux besoins des sociétés.
Pour répondre aux défis du vingt-et-unième siècle, le Cadre d'action de
Dakar insiste sur l'importance de l'éducation des filles et de la qualité de
l'éducation, et sur la nécessité d'atteindre tous ceux qui continuent d'être
exclus de l'éducation - filles, enfants travailleurs, enfants des minorités
ethniques et enfants frappés par la violence, les conflits, les handicaps et
le VIH/SIDA.
L'éducation a été clairement reconnue comme un droit fondamental de l'homme
et comme la clé du développement et d'une paix durables entre et dans les
pays. Les participants se sont donc engagés à poursuivre les objectifs
suivants :
1) développer et améliorer sous tous leurs aspects la protection et
l'éducation de la petite enfance, et notamment des enfants les plus
vulnérables et défavorisés ;
2) faire en sorte que d'ici 2015 tous les enfants, notamment les filles et
les enfants en difficulté et appartenant aux minorités ethniques, aient la
possibilité d'accéder à un enseignement primaire obligatoire et gratuit de
qualité et de le suivre jusqu'à son terme ;
3) répondre aux besoins éducatifs de tous les jeunes en assurant un accès
équitable à des programmes adéquats ayant pour objet l'acquisition de
connaissances ainsi que de compétences nécessaires dans la vie courante et
pour l'exercice d'une citoyenneté active ;
4) améliorer de 50 % les niveaux d'alphabétisation des adultes, et notamment
des femmes, d'ici 2015, et assurer à tous les adultes un accès équitable aux
programmes d'éducation de base et d'éducation permanente ;
5) éliminer les disparités entre les sexes dans l'enseignement primaire et
secondaire d'ici 2005 et instaurer l'égalité dans ce domaine en 2015 en
veillant notamment à assurer aux filles un accès équitable et sans
restriction à une éducation de base efficace et de qualité ;
6) améliorer sous tous ses aspects la qualité de l'éducation de façon à
obtenir pour tous des résultats d'apprentissage reconnus et quantifiables -
notamment en ce qui concerne la lecture, l'écriture et le calcul et les
compétences indispensables dans la vie courante .
Pour réaliser ces objectifs, les délégués ont appelé au développement de
systèmes fiables de gouvernance et de gestion éducatives, à la mise en
oeuvre de programmes éducatifs de lutte contre le VIH/SIDA, à la prise en
compte des besoins des systèmes éducatifs affectés par les conflits armés, à
la création d'écoles sûres et accueillantes, à la maîtrise des nouvelles
technologies de l'information et de la communication et au suivi
systématique des progrès réalisés. Ils se sont également engagés à
encourager la participation de la société civile au contrôle et à la mise en
oeuvre des stratégies de développement de l'éducation.
L'application des stratégies se fera essentiellement au moyen des mécanismes
existants, surtout au niveau national. Les pays participants devront
préparer, au plus tard pour 2002, un Plan global d'Education pour tous
(EPT), après consultation avec leur société civile. Ce plan sera élaboré
dans le contexte général des efforts de réduction de la pauvreté et des
stratégies de développement, et, entre autres, devra spécifier des réformes,
prévoir des indicateurs de performance à mi-parcours et établir des
priorités budgétaires, de façon à ce que les objectifs soient atteints au
plus tard en 2015. Des stratégies concrètes seront identifiées pour intégrer
les exclus de l'éducation.
Les activités régionales qui soutiendront les efforts nationaux s'appuieront
sur les organisations, réseaux et initiatives régionaux et sous-régionaux
existants, et pourront être élargies si nécessaire. L'Organisation des
Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) assurera
le Secrétariat, à charge pour le Directeur général de l'UNESCO de réunir
chaque année un petit groupe mobilisateur composé de hauts responsables des
gouvernements, des organisations de la société civile et des agences pour le
développement.
Gene Sperling, conseiller du Président des Etats-Unis pour les affaires
économiques, a annoncé que son gouvernement allait cette année augmenter de
50 % son aide bilatérale à l'éducation de base. Il a ajouté que
l'administration des Etats-Unis accentuerait l'effacement de la dette des
pays engagés dans le développement de l'éducation de base, et souligné que
le Cadre d'action final adopté à Dakar figurerait au premier rang des
priorités du prochain sommet du G7 à Okinawa, au Japon. 8 milliards de
dollars EU supplémentaires par an sont estimés nécessaires pour réaliser
l'EPT.
Evénement majeur du suivi de la Conférence mondiale sur l'éducation pour
tous qui s'est tenue à Jomtien, en Thaïlande, en mars 1990, le Forum mondial
sur l'éducation a réalisé la synthèse des résultats du bilan de l'EPT à l'an
2000, vaste exercice d'évaluation conduit depuis deux ans dans 181 pays par
des équipes nationales, en collaboration avec des consultants du Programme
des Nations Unies pour le développement (PNUD), de l'UNESCO, du Fonds des
Nations Unies pour la population (FNUAP), du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), de la Banque
mondiale, d'organismes d'aide bilatérale, de banques de développement et
d'organisations non gouvernementales.
Les chefs d'Etat et les décideurs de 181 pays, ainsi que les représentants
de plus de 100 organisations non gouvernementales internationales et
locales, ont participé au Forum de Dakar, organisé par le PNUD, l'UNESCO, le
FNUAP, l'UNICEF et la Banque mondiale. Parmi les participants figuraient
Kofi Annan, Secrétaire général des Nations Unies, Peter Piot, Directeur
exécutif de l'ONUSIDA, Mark Malloch Brown, Administrateur du PNUD, Koïchiro
Matsuura, Directeur général de l'UNESCO, Carol Bellamy, Directrice exécutive
de l'UNICEF, Nafis Sadik, Directrice exécutive du FNUAP, et James
Wolfensohn, Président de la Banque mondiale.
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