OUVERTURE DE LA 159e SESSION DU CONSEIL EXECUTIF DE L'UNESCO SOUS LE SIGNE DE LA REFORME
Paris, 15 mai {N°2000-49} - La 159e session du Conseil exécutif de l'UNESCO - l'un des organes directeurs de l'Organisation - a été ouverte aujourd'hui par sa Présidente, Sonia Mendieta de Badaroux (Honduras), qui a qualifiée d' « historique » cette session portant notamment sur le programme de réforme du Directeur général et incluant un débat thématique sur L'UNESCO à l'heure de la mondialisation.
Tant la Présidente du Conseil exécutif - qui compte 58 membres et se réunit deux fois par an - que le Directeur général, Koïchiro Matsuura, ont souligné l'urgence de réformes à l'ouverture de cette session, la première depuis leur entrée en fonction en novembre dernier.
Sonia Mendieta de Badaroux a évoqué le Forum mondial sur l'éducation qui s'est tenu récemment à Dakar (Sénégal) et s'est félicitée du succès enregistré par l'UNESCO dont le leadership a été reconnu : « Lors de ce Forum, le rôle de l'UNESCO a été réaffirmé et sa visibilité dans le domaine de l'éducation de base pour tous renforcée ».
La Présidente a déclaré : « Le Forum mondial sur l'éducation a été une conférence de grande envergure et le monde entier - en particulier les pays en développement - place ses espoirs dans l'UNESCO et dans ses interlocuteurs pour que l'éducation pour tous se transforme en réalité palpable au fur et à mesure que nous entrons dans le nouveau millénaire ». A ses yeux, les activités de suivi [de Dakar] fourniront à l'Organisation « une excellente chance de lancer de nouvelles initiatives et d'assumer sa fonction d'avant-garde en matière d'éducation ».
Après avoir souligné que « les conséquences critiques de la mondialisation constituent l'un des principaux défis qui se posent à l'Organisation », Sonia Mendieta de Badaroux est revenu sur les grands thèmes qui seront abordés lors de cette 159e session, notamment la réforme de l'Organisation. Elle a exprimé au Directeur général sa reconnaissance pour tout ce qu'il a déjà entrepris dans le cadre de cette réforme et elle a précisé : « Il s'agit d'un processus en devenir mais on peut déjà sentir le vent du changement souffler sur l'Organisation, tant en matière de politique du personnel et de questions budgétaires que de gestion ».
La Présidente du Conseil a rappelé que le débat thématique sur L'UNESCO à l'heure de la mondialisation se tiendra le 17 mai. Y participeront : Jean-Claude Trichet, Gouverneur de la Banque de France, Mohammed Al Rumaihi, écrivain koweïtien, et Luc Montagnier, Président de la Fondation Mondiale Recherche et Prévention Sida. Un débat sur le Forum de Dakar aura lieu le 25 mai au matin.
Le Directeur général, Koïchiro Matsuura, a souligné que les réformes en cours à l'UNESCO « ne visent pas à améliorer la gestion de l'Organisation pour la satisfaction que cela peut procurer en soi, mais à redessiner une Organisation qui réponde à sa mission originelle [···], une véritable "organisation de la connaissance", capable d'élaborer des stratégies novatrices pour faire face aux enjeux contemporains ».
Pour le Directeur général, « la crédibilité de l'UNESCO a été affectée par une certaine difficulté à adapter sa vision stratégique au rythme des évolutions du monde actuel ». Il a cité en exemple le patrimoine immatériel - enjeu vital pour la préservation de la diversité culturelle - qui a été trop négligé alors qu'il s'agit d'une « question des plus brûlantes à l'heure de la mondialisation et des risques d'uniformisation et d'acculturation qu'elle peut générer ». Il a aussi souligné que « l'Organisation n'a pas encore pris la pleine mesure de cette donne radicalement nouvelle que constitue l'essor de la société de l'information et des nouvelles technologies. Leur potentiel pour élargir la portée de l'éducation de base, en particulier en direction des exclus et des groupes défavorisés, pour enrichir la qualité de l'acte éducatif, pour améliorer l'accès aux connaissances scientifiques et favoriser l'interaction des cultures, ce potentiel n'a certainement pas été suffisamment exploité ».
Le Directeur général a évoqué le succès du Forum de Dakar d'où l'UNESCO est ressortie « non seulement avec un mandat renforcé mais avec une responsabilité de premier plan » parce qu'elle a su mettre en avant son profil unique : sa « capacité à mobiliser à la fois la volonté politique des gouvernements et l'engagement de la société civile ». Koïchiro Matsuura a poursuivi : « Mon ambition est de faire de l'UNESCO une instance incontestée de référence, et je dirai même d'autorité intellectuelle, stratégique et éthique, dans tous les domaines qui touchent à sa compétence. Pour ce faire, l'UNESCO doit d'abord se réorganiser comme un centre mondial d'écoute, de collecte, d'évaluation et de rediffusion des savoirs et expériences disponibles de par le monde, argumentés et documentés selon les plus hautes exigences de qualité et de professionnalisme ».
A ses yeux, la nouvelle UNESCO ne deviendra une réalité que grâce à l'engagement politique - de haut niveau et continu - de ses Etats membres en faveur de la plate-forme de réforme sur laquelle il a été élu. Après avoir souligné que la réforme requise pour l'UNESCO devait être d'envergure et radicale - ce qui signifiera beaucoup de sacrifices -, Koïchiro Matsuura a précisé qu'il travaillait « sous de sévères contraintes, principalement financières » et que le rythme de mise en œuvre des changements serait aussi fonction des ressources qui seraient mises à la disposition de l'Organisation.
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