LA JORDANIE VA ACCUEILLIR LE PROJET SESAME SYNCHROTON DESTINE A LA RECHERCHE ET A LA FORMATION DE SCIENTIFIQUES AU MOYEN-ORIENT
Paris, 22 juin {N°2000-61} - La Jordanie a été choisie pour accueillir SESAME (Rayonnement synchrotron pour les sciences expérimentales et appliquées au Moyen-Orient), un grand centre scientifique international de formation et de recherche.
Ce choix est intervenu lors d'une réunion de l'organe directeur du
projet SESAME, son Conseil intérimaire, qui s'est tenue hier à Amman (Jordanie)
en présence du Roi Abdullah.
Le Directeur général de l'UNESCO,
Koïchiro Matsuura, a salué cette décision et
déclaré : "En tant que centre scientifique et technologique international
de premier ordre, cet équipement sera grandement et concrètement
profitable à la région. Il va promouvoir la collaboration scientifique
entre les pays participants et constituera un important support à
la coopération scientifique internationale dans la région. Son utilisation par un large éventail de scientifiques de
différentes disciplines, ainsi que par
des ingénieurs et techniciens désireux de travailler avec le rayonnement synchrotron, encouragera la collaboration
entre les disciplines. Les pays partenaires
de SESAME profiteront d'une formation poussée de leurs ingénieurs
et techniciens dans des domaines et techniques de pointe".
Koïchiro Matsuura a aussi souligné que " la Jordanie a garanti le libre accès
à cet équipement pour tous les scientifiques intéressés ".
Ce projet, initié par l'UNESCO, de centre de recherche international pour le Moyen-Orient et la Méditerranée sera bâti autour de BESSY I, un équipement de
rayonnement synchrotron, qui a fonctionné jusqu'en 1999 à Berlin et que l'Allemagne souhaite donner. La valeur des éléments de BESSY I est estimée à environ
30 millions de dollars mais un total de 50 à 60 millions de dollars doit
être trouvé pour couvrir les frais d'installation de BESSY I qui doit aussi
être modernisé pour atteindre les niveaux de performance actuels.
Onze membres participent au projet : Arménie, Chypre, Egypte, Grèce, Iran, Israël,
Jordanie, Maroc, Oman, Autorité palestinienne, Turquie. Il a été officiellement
lancé lors d'une réunion à Paris, il y a un an. Le synchrotron sera au coeur de SESAME,
un centre international d'excellence technologique
fournissant des possibilités de formation et de recherche aux scientifiques
du Moyen-Orient travaillant en biologie structurelle, dans les sciences
de l'environnement et dans les sciences des matériaux, mais aussi sur
des applications médicales ou autres. Le coût de fonctionnement de SESAME
est estimé à 5 millions de dollars par an et la Jordanie s'est engagée
à fournir 1 million de dollars par an pendant cinq ans.
Il y a approximativement 45
équipements de rayonnement synchrotron en service
aujourd'hui dans le monde. Ce rayonnement consiste en un faisceau de particules
- généralement des électrons - tournant à grande vitesse dans un anneau
de stockage. Le rayonnement de synchrotron couvre une large gamme du spectre
électromagnétique de rayonnement (infrarouge aux rayons X durs). C'est
la meilleure source disponible de rayons X, ce qui constitue une précieuse
source d'information pour les scientifiques travaillant dans de nombreux
domaines et en fait un équipement éminemment multidisciplinaire.
Le projet vise à faire progresser la
recherche au Moyen-Orient tout en favorisant
une coopération pacifique parmi les communautés scientifiques de la
région. Koïchiro Matsuura a souligné que la coopération en matière de recherche est " importante pour le
développement économique et social de la région
" et qu'elle constitue un " excellent outil de construction de la paix ". Apportant son soutien au projet et
appelant " tous les pays du Moyen-Orient qui
n'en sont pas encore membres à rejoindre SESAME ".
Koïchiro Matsuura a déclaré : " En encourageant
d'étroites relations de travail entre les individus
et les institutions, la coopération scientifique offre une expérience
concrète des avantages de la tolérance, de la solidarité et de la compréhension.
Pour les jeunes scientifiques et les doctorants qui se serviront
de SESAME, le Moyen-Orient a toujours été synonyme de conflit et de
guerre. A travers leur rapprochement scientifique, ils seront à l'avant-garde
du rapprochement politique dont la région a un si grand besoin". L'UNESCO appuie le travail du Conseil
intérimaire, elle fournit un forum et un
cadre pour les consultations entre les pays intéressés à collaborer au projet.
Dans son discours au Conseil - qui
bénéficie de l'expertise de scientifiques
réputés venant du Moyen-Orient et d'autres régions -, Koïchiro Matsuura
a souligné hier le fait que SESAME " contribuera à lutter contre l'exode
des cerveaux en attirant des scientifiques basés au Moyen-Orient mais
aussi ceux qui sont originaires de la région et travaillent actuellement
à l'étranger ".
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