CLOTURE DE LA REUNION D’EXPERTS GOUVERNEMENTAUX SUR LE PROJET DE CONVENTION SUR LA PROTECTION DU PATRIMOINE CULTUREL SUBAQUATIQUE
Paris,
7 juillet {N°2000-65} - La troisième Réunion d’experts gouvernementaux sur le projet de Convention
sur la protection du patrimoine culturel subaquatique - qui a pris fin
aujourd’hui au siège de l’UNESCO - a rassemblé deux cent neuf experts représentant
84 pays. Les participants ont souligné les progrès réalisés, notamment en ce
qui concerne la définition précise du patrimoine culturel qui sera couvert par
la Convention.
Malgré l’unanimité autour de la nécessité de protéger le patrimoine culturel
subaquatique contre la destruction et le pillage, des négociations sont encore
nécessaires dans des domaines comme : l’application de la Convention aux
navires de guerre ; le traitement des vestiges du patrimoine culturel situés
sur le plateau continental, au-delà des 12 miles des eaux territoriales ; les
accords régionaux ; l’application de la Convention aux rivières et aux lacs.
Lors
de son discours du 3 juillet, à l’ouverture de la réunion, le Directeur général
de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura, a déclaré : “ Il faut agir de façon
urgente dans ce domaine car notre patrimoine culturel subaquatique a jusque-là
été peu ou pas du tout protégé dans de nombreuses régions du monde ”. La
législation maritime existante, notamment la Convention des Nations Unies sur
le droit de la mer (UNCLOS) de 1982, ne couvre pas de façon adéquate la
protection du patrimoine.
Koïchiro
Matsuura a également souligné que, bien que l’UNESCO ait déjà réussi à
créer tout un ensemble d’instruments juridiques visant à la protection du
patrimoine, il faut absolument encourager la ratification de ces instruments par
les Etats membres. “ Il ne suffit pas d’adopter une Convention au niveau
international. Encore faut-il qu’elle soit mise en vigueur par les
gouvernements afin d’acquérir force de loi dans le plus grand nombre possible
de pays ”, a-t-il ajouté.
Koïchiro
Matsuura a mis en garde contre les menaces pesant sur le patrimoine culturel :
“ Les atteintes délibérées au patrimoine culturel sont devenues monnaie
courante dans beaucoup de conflits contemporains et le trafic des objets d’art
reste un grave problème ”.
Des
experts participants à la réunion ont convenu que le cadre juridique actuel
permettait tous les abus. Robert Grenier, Directeur du Comité international sur
le patrimoine culturel subaquatique du Conseil international des monuments et
des sites (ICOMOS), a expliqué : “ La législation en matière d’épaves
autorise à aller chercher les objets engloutis sans tenir compte de la préservation
du patrimoine culturel puisque cette législation a été conçue pour protéger
les vaisseaux, les biens et les intérêts des propriétaires, ainsi que ceux
qui mènent ces opérations de récupération ou renflouement ”.
Lors
de son intervention à la réunion, Robert Grenier a évoqué les nombreuses épaves
de vaisseaux anglais et français du XVIIIe siècle pillées et détruites au
large de la Nouvelle Ecosse (Canada). Après avoir reposé deux siècles en paix
sur les fonds marins, ces vestiges rendus accessibles ces dernières décennies
par les progrès et la baisse des coûts des équipements de plongée ont été
détruits par des chasseurs de trésors ou autres. Les épaves du Louisbourg
Park, toujours en Nouvelle Ecosse, ont été citées comme un exemple de
protection efficace, grâce à la législation fédérale qui a permis la préservation
de 12 épaves du XVIIIe siècle.
Durant
la réunion d’experts, l’UNESCO et le ministère français de la Culture ont
publié le Volume II des Documents de base sur la protection du patrimoine
culturel subaquatique, un livre de 616 pages (avec des textes en
anglais, français et espagnol) fournissant des informations juridiques et des
exemples des meilleures et des pires pratiques dans le domaine du patrimoine
culturel subaquatique.
Les
experts participant à la Réunion comprenaient des représentants de la
Division des affaires maritimes et du droit de la mer des Nations Unies (DOALOS),
de l’Organisation maritime internationale (OMI), de l’Autorité
internationale des fonds marins (ISA), de l’ICOMOS, de la Confédération
Mondiale des Activités Subaquatiques (CMAS) et d’organisations non
gouvernementales concernées par ce thème.
C’est
son Conseil exécutif qui a demandé en 1993 à l’UNESCO d’étudier la
faisabilité d’une convention internationale de protection du patrimoine
culturel subaquatique. La Conférence générale, principal organe décisionnel
de l’UNESCO, a décidé de lancer ce chantier. Les experts gouvernementaux se
sont réunis pour la première fois en juin 1998 et ils tiendront leur quatrième
réunion au cours du premier semestre 2001.
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