TOH SWEE-HIN, Laureat 2000 du PRIX UNESCO
de l'EDUCATION POUR LA PAIX
Paris, 13 septembre {N°2000-86} - Le Directeur général de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura, a
décidé de décerner le Prix UNESCO de l'éducation pour la paix 2000 au
professeur Toh Swee-Hin, lauréat originaire de Malaisie dont la candidature
avait été présentée par les Philippines. Ce choix est intervenu sur
recommandation unanime d'un jury international qui s'est réuni les 11 et 12
septembre au siège de l'Organisation.
Des Mentions d'honneur ont été attribuées à Pierre Weil (France), Christiana
Ayoka Mary Thorpe (Sierra Leone) et à la Middle East Children Association
(Israël/Palestine) pour leurs " bonnes actions éducatives et mobilisatrices
en faveur de la paix et de la compréhension mutuelle ".
En choisissant Toh Swee-Hin, le jury a voulu récompenser " les efforts
exceptionnels du candidat dans la promotion des idéaux de paix et de
non-violence et pour son engagement pratique en faveur de la paix par
l'éducation de tous les différents partenaires sociaux ". Le lauréat est né
et a grandi en Malaisie. Citoyen australien, il réside au Canada. Ce
professeur et chercheur a joué un rôle pionnier dans la promotion de
l'éducation à la paix dans plusieurs pays - tels l'Ouganda, l'Afrique du
Sud, la Jamaïque, le Japon et les Etats-Unis - mais surtout aux Philippines,
à Mindanao, foyer depuis longtemps d'affrontements sociaux et culturels. En
tant que directeur (de 1994 à 1999) du Centre for International Education
and Development, il a su introduire l'éducation à la paix dans plusieurs
projets bilatéraux centrés sur le développement éducatif en Afrique, en Asie
et dans les Caraïbes. Il est également très actif au sein de réseaux et
d'associations internationales visant à la promotion de l'éducation à la
paix.
Psychologue, écrivain et éducateur, Pierre Weil a créé en 1987 la Fondation
Cité de la Paix qui avait pour mission de constituer et de gérer
l'Université Holistique Internationale de Brasilia, UNIPAIX, qui a été
inaugurée en 1988. En tant que recteur de l'Université, Pierre Weil a lancé
une approche transdisciplinaire de l'éducation à la paix, qui constitue une
synthèse de méthodes de l'Orient et de l'Occident. Par le biais d'UNIPAIX,
Pierre Weil exerce son action à trois niveaux : la sensibilisation, la
formation et la post-formation.
D'abord enseignante, puis proviseur et conseillère religieuse, Christiana
Thorpe a toujours cherché à promouvoir l'alphabétisation parmi les femmes et
à développer chez celles-ci la conscience de leurs droits moraux et civiques
et de leurs responsabilités. En tant que sous-secrétaire et secrétaire
d'Etat pour l'Education, elle a mené une action en faveur d'une réforme
radicale du système éducatif du Sierra Leone. Membre depuis 1994 du Forum
for African Women Educationalists (FAWE, Kenya), elle a créé la section FAWE
du Sierra Leone, dont elle est devenue la présidente.
La Middle East Children Association (MECA), organisation sans but lucratif,
a été créée en 1996 par des éducateurs israéliens et palestiniens. Elle
concentre son action sur le système éducatif des deux communautés et offre à
des enseignants et étudiants un espace pour explorer la tolérance, la
différence, le pluralisme, les droits de l'homme, la démocratie et le
respect réciproque. La MECA conçoit des projets éducatifs qui impliquent une
interaction entre Israéliens et Palestiniens, met en oeuvre des projets
d'action sociale et organise des conférences pour l'échange culturel et pour
mobiliser en faveur de la paix.
Le Prix - doté d'un montant de 25 000 dollars - a été créé en 1980
grâce à un don de la Japan Shipbuilding Industry Foundation. Il est destiné
à promouvoir des actions qui sensibilisent l'opinion publique et mobilisent
les consciences en faveur de la paix. La remise du prix aura lieu le 11
décembre (18h30) au siège de l'Organisation.
Parmi les lauréats précédents du Prix, on peut notamment citer : l'Institut
international de recherches sur la paix (SIPRI, Stockholm), Paulo Freire,
Frère Roger de Taizé, Rigoberta Menchu Tum, Mère Teresa, Prayudh Payutto,
Chiara Lubich et les Mères de la Place de Mai.
****