LE JARDIN JAPONAIS DE L'UNESCO RETROUVE TOUTE SA SPLENDEUR
Paris, 15 septembre {N°2000-87}- Les visiteurs du Jardin japonais de l'UNESCO - ou
Jardin de la paix - peuvent à nouveau admirer la grâce et la splendeur
originelles de ce chef d'oeuvre de l'architecte paysagiste
américano-japonais, Isamu Noguchi (1904-1988). Après quatre décennies
d'exposition aux intempéries, le jardin a été entièrement rénové et a
retrouvé son éclat d'antan. Le Jardin rénové sera inauguré le 21 septembre
par le Directeur général de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura.
Situé au coeur de Paris, dans l'enceinte de l'UNESCO, le Jardin japonais est
un havre de tranquillité et une combinaison unique de tradition et de
modernité. Il a été offert à l'UNESCO par le gouvernement japonais en 1958.
Sur 1 700 m2, le jardin - avec ses cerisiers, ses pruniers, ses magnolias,
ses bambous et lotus, son ruisseau, son bassin, son pont et ses buttes
engazonnées - offre au visiteur une véritable expérience spirituelle et
esthétique grâce à sa représentation idéalisée et stylisée du monde. Il
forme un microcosme unique, ponctué par 80 tonnes de pierres sculpturales
choisies par Noguchi et envoyées du Japon.
Noguchi a voulu apporter au jardin japonais traditionnel sa touche
personnelle afin d'adapter l'espace à son environnement moderne. Sa partie
supérieure a ainsi peu à voir avec le jardin japonais conventionnel. Mais il
reste suffisamment de tradition japonaise dans cette oeuvre de Noguchi pour
que le jardin tranche avec son environnement. Le résultat est un contraste
frappant entre ancien et nouveau, entre ce qui est naturel et ce qui est de
la main de l'homme. La nature hybride du jardin reflète, par elle-même, les
efforts de Noguchi pour concilier ses influences culturelles, japonaises et
américaines.
Très proche de la tradition japonaise est la grande colline de pierres, qui
évoque la traditionnelle " Horai " (île où habitent les ermites). Une forte
influence japonaise se fait également sentir dans l'utilisation que Noguchi
a fait des pierres dans tout le jardin. Noguchi pensait que ce sont les
pierres qui font le jardin. Les plantes et les arbres vont et viennent, mais
ce sont les pierres qui donnent à un jardin son existence, elles en
constituent le squelette.
Noguchi a conçu son Jardin japonais comme un lieu où l'on peut se promener,
afin que la valeur relative des choses qui le composent puisse être perçue.
La zone pavée surélevée qui se trouve au centre du jardin inférieur rappelle
le " pays heureux ", le pays des morts dans la religion bouddhiste. On y
arrive et on en repart par des barrières temporelles que forment des marches
de pierres. C'est le pays de la musique et de la danse, et il peut être vu
de chaque point du jardin et de tous les étages des bâtiments environnants.
A une extrémité du jardin, près du bâtiment principal, se trouve la Fontaine
de la paix de Noguchi. Une haute pierre qui sert de source - la plus grande
pierre du jardin - domine un bassin rectangulaire et l'eau tombe en cascade
sur la calligraphie, d'inspiration japonaise, en miroir du mot " Wa ", paix
et harmonie en japonais.
Et justement, sortant du mur directement derrière la Fontaine de la paix, se
trouve l'Ange de Nagasaki. La statue ornait à l'origine la façade de
l'église Urakami à Nagasaki. C'est la seule partie de l'église qui a été
sauvée de la destruction lors de l'explosion de la bombe atomique lâchée sur
Nagasaki le 9 août 1945. Elle a été offerte à l'UNESCO par la ville de
Nagasaki en 1978.
A l'extrémité du patio situé derrière la Fontaine de la paix, se trouve
l'Espace de méditation, un cylindre de plein-pied, oeuvre de l'architecte et
artiste japonais Tadao Ando. Il est entouré d'une pente douce, parcourue en
permanence par l'eau courante, dont les dalles de granit proviennent de
Hiroshima. Exposées le 6 août 1945 au rayonnement de la bombe atomique, ces
dalles ont du être décontaminées avant d'être utilisées par Tadao Ando.
A l'autre extrémité du jardin, sur le mur du Bâtiment 3, se trouve " le
Rythme de l'eau ", une mosaïque peinte de l'artiste français Jean Bazaine.
L'aspect " vivant " de sa surface est le résultat d'une combinaison
remarquablement choisie de morceaux émaillés de céramiques et de pierres.
Un grand banc, installé près de la Fontaine de la paix, permet d'apprécier
au mieux la qualité sculpturale du Jardin japonais. Ce banc - un cèdre rouge
fendu en deux provenant des forêts Mac Millan Bloedel de la Colombie
britannique - a été donné à l'UNESCO par le gouvernement canadien.
Chaque année en mai, une oriflamme en forme de poisson est hissée sur le mât
pour célébrer le Jour du Garçon, une festivité traditionnelle japonaise. Le
jardin sert parfois pour des cérémonies du thé japonaises. Il est ouvert au
public de 10 à 18 heures chaque jour de la semaine.
Le maître jardinier japonais Toemon Sano, seizième du nom, a récemment
restauré le jardin, en suivant les volontés de Noguchi. Après 40 ans
d'existence, tant le sol que les arbres s'étaient affaiblis. Les travaux de
restauration, lancés en septembre dernier et terminés en mars de cette
année, ont été parrainés par la Fédération nationale des Associations UNESCO
au Japon, la Fondation culturelle pour la promotion du costume national du
Japon et l'Association commémorative de l'Exposition universelle japonaise
(1970).
A l'occasion de la Fête des Jardins de Paris, la Jardin de la paix sera
exceptionnellement ouvert au public pendant le week-end, les samedi 23 et
dimanche 24 septembre, de 10 à 18 heures.
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Les journalistes souhaitant assister à l'inauguration du Jardin japonais
rénové peuvent obtenir une invitation auprès du Service de presse de
l'UNESCO
tél. 01 45 68 17 44 ou 45.
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