REUNION DU COMITE D'EXPERTS SUR LE RENFORCEMENT DU ROLE DE L'UNESCO EN VUE DE PROMOUVOIR LA DIVERSITE CULTURELLE
Paris, 21 septembre {N°2000-91}- Le Directeur général de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura, a
ouvert ce matin, au siège de l'Organisation, la première réunion du Comité
d'experts sur le renforcement du rôle de l'UNESCO en vue de promouvoir la
diversité culturelle à l'heure de la mondialisation.
Le Directeur général a d'abord rappelé que « l'idée que les biens et
services culturels doivent être pleinement reconnus et traités comme n'étant
pas des marchandises comme les autres, et que leur libre circulation ne
saurait être soumise aux seules règles du marché » avait déjà germée dans le
rapport de la Commission mondiale de la culture et du développement, Notre
Diversité créatrice, et que cette idée avait constitué l'un des acquis
principaux de la Conférence intergouvernementale sur les politiques
culturelles pour le développement (Stockholm).
Il a également évoqué la résolution approuvée par la Conférence générale de
l'UNESCO lors de sa dernière session, résolution qui soulignait la nécessité
pour l'UNESCO et ses Etats membres de promouvoir la diversité culturelle à
l'heure de la mondialisation et plus particulièrement au moment de
l'ouverture d'un nouveau cycle de négociations commerciales internationales,
et qui recommandait à cette fin la réunion d'un Comité d'experts.
A propos du mandat de ce Comité, Koïchiro Matsuura a précisé qu'il
fallait l'envisager « en fonction de la vocation propre de l'UNESCO, de ses
buts et de ses moyens » mais qu'il fallait aussi « considérer l'existence,
l'action, la place des autres instances pour mieux percevoir ce que l'UNESCO
peut et doit apporter, éventuellement en coopération avec d'autres instances
». Il a poursuivi : « En tant que seule organisation de la famille des
Nations Unies à détenir un mandat en matière de culture, l'UNESCO doit jouer
un rôle de premier plan vis-à-vis de tout ce qui intéresse, concerne, la
culture au plan international. Il reste à déterminer comment il lui revient
d'intervenir le plus efficacement ».
Considérant la mondialisation, le Directeur général a déclaré : « Bien
qu'elle offre à l'humanité des chances exceptionnelles pour communiquer
davantage, échanger plus librement des idées comme des biens, elle comporte
aussi des risques très lourds d'aggravation des inégalités, d'uniformisation
des cultures et des modes de vie, de perte des identités ou, au contraire,
d'exacerbation de celles-ci à travers des replis identitaires ». Il a ajouté
: « Il est du devoir de l'UNESCO de réagir, de proposer des alternatives, de
mobiliser la communauté internationale dans son ensemble ».
Koïchiro Matsuura a exprimé le souhait que le Comité d'experts parvienne,
dès demain, à des propositions qu'il puisse communiquer à la prochaine
session du Conseil exécutif de l'Organisation (9-25 octobre 2000) et à la
seconde Table ronde des ministres de la Culture qui se tiendra en décembre
prochain à Paris. Il a ajouté : « Vos discussions, vos idées, vos
expériences seront de surcroît probablement très utiles aux Etats membres
pour la mise en place ou la révision de leurs politiques culturelles, ce qui
constitue un enjeu majeur pour l'avenir ».
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