LE
PRESIDENT NIGERIAN OLUSEGUN OBASANJO APPELLE AU
RENFORCEMENT DE LA COOPERATION NORD-SUD
Paris,
15 octobre (N°2001-104)- “ L’agenda de l’UNESCO
est brutalement passé au premier plan des
préoccupations politiques mondiales ”, a déclaré
le Président du Nigeria, Olusegun Obasanjo, en
faisant référence aux attentats du 11 septembre aux
Etats Unis, lors de son discours devant la Conférence
générale de l’UNESCO, ce matin à Paris.
S’exprimant
pendant la séance d’ouverture de la Conférence
générale, l’organe décisionnel suprême de l’UNESCO
qui réunit tous les deux ans les Etats membres de l’Organisation
pour déterminer son programme et son budget, le
Président nigérian a dit qu’à la lumière des
événements du 11 septembre “ cette Conférence
générale offre opportunément un forum de réflexion
sur les implications de cette dimension entièrement
nouvelle du terrorisme et de la menace contre une paix
mondiale fondée sur des conventions et des valeurs
partagées internationalement. Il faut d’urgence
revoir et renforcer le système mondial d’échange
et de coopération pour que les organisations du
système des Nations Unies, telles que l’UNESCO,
puissent réaliser leurs potentialités et leurs
attentes ”.
Il a
déclaré que “ le Nigeria, pour sa part, attend de
l’UNESCO qu’elle serve de forum permanent où les
pays du monde pourront réaffirmer leur engagement en
faveur de comportements pacifiques, redoubler leurs
efforts de tolérance, et donner un sens pratique au
très recherché - et très nécessaire - concept de
dialogue entre les cultures, les civilisations et les
religions ”.
Déplorant
que la récente Conférence de Durban contre le
racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et
les autres formes d’intolérance “ ait été
obscurcie par la discorde et des disputes politiques
”, le Président Obasanjo a déclaré : “ Nous
semblons avoir perdu une opportunité de faire face
aux vrais défis : s’attaquer aux préjugés, aux a
priori et aux discriminations qui forment le terreau
de l’inhumanité de l’homme envers l’homme ”.
“
Ce sont les défis qui figurent dans l’Acte
constitutif de l’UNESCO ”, a-t-il poursuivi.
Soulignant l’importance du retour des Etats-Unis et
de Singapour comme membres à part entière de l’Organisation,
il s’est félicité que le Congrès américain
agisse dans ce sens : “ Nous espérons que les
prochaines semaines apporteront une conclusion
fructueuse à ces initiatives ”.
Le
Président Obasanjo a fait part de sa préoccupation
face aux restrictions budgétaires imposées à l’UNESCO
et a appelé “ nos amis Etats membres, notamment les
pays industrialisés, à aider au changement de cette
politique budgétaire plutôt contre-productive ”.
Soulignant
le progrès réalisé en matière d’éducation au
Nigeria, le Président Obasanjo a salué la
coopération entre son pays et l’UNESCO notamment en
ce qui concerne l’éducation de base, l’enseignement
technique et professionnel, et la politique
scientifique.
Se
félicitant de l’importance accordée à l’éradication
de la pauvreté dans les programmes de l’UNESCO, il
a déclaré que “ l’éradication de la pauvreté
ne peut être envisagée sans s’intéresser au
fléau de l’illettrisme et aux moyens d’élever de
façon systématique le niveau global de connaissances
de la population ”. Le Président Obasanjo a
souligné : “ L’UNESCO a un rôle important à
jouer […] afin de mettre l’accent sur la
signification fondamentale des dimensions éducatives
et culturelles, et de mettre ainsi en lumière l’importance
d’intégrer des dimensions scientifique et de
communication dans les politiques réussies de
réduction de la pauvreté. Le visage de la pauvreté
ne peut être résumé uniquement en termes
monétaires, il est plus complexe et varié ”.
“ C’est
en Afrique que le défi de l’enseignement est le
plus grand ”, le Président Obasanjo a-t-il
déclaré en mettant en garde : “ Il est possible qu’avant
la moitié de la prochaine décennie, plus de 30 % des
enfants n’auront jamais été à l’école, ni
appris à lire ou à écrire. Cela est politiquement
et moralement inacceptable ”.
Il a
ajouté que “ nos obligations d’éducation pour
tous doivent tenir compte des besoins extraordinaires
d’éducation préventive pour lutter contre le sida
”. Le Président Obasanjo a appelé la communauté
internationale à contribuer généreusement au Fonds
mondial des Nations Unies contre le VIH-sida.
“
Les pays en développement se sentent abandonnés par
la chute dramatique de l’aide publique au
développement ”, a-t-il déclaré, appelant tous
les partenaires du développement à “ décider un
plancher de 0,5 % du PNB dans les cinq prochaines
années. […] Laissez-moi plaider, une fois de plus,
en faveur d’un abandon de la dette des pays
africains, fardeau qui bride leur développement
national et les budgets de l’éducation et des
autres services sociaux ”.
Le
Président Obasanjo a reconnu “ qu’il y a eu
récemment des évolutions en matière d’annulation
de la dette comme le programme pour les Pays Pauvres
Très Endettés (PPTE). Mais c’est insuffisant ”,
a-t-il dit, “ Ce qu’il faut c’est la suppression
de ce fardeau, afin de donner une chance de survie aux
pays qui luttent en même temps pour joindre les deux
bouts et pour payer leur dette. Nous devons également
créer des initiatives innovantes […] comme des
échanges dette-éducation ”.
Le
Président Obasanjo a souligné l’importance du
travail de l’UNESCO en vue de combler le fossé
numérique qui sépare les pays développés et les
pays en développement et il a mis en garde : “ S’il
n’y a pas d’action efficace mise en œuvre en matière
de technologies de l’information et de la
communication pour mettre fin au gouffre qui sépare
maintenant le monde industrialisé de la plupart des
pays en développement, nous courons au désastre. Les
inégalités ne peuvent que s’agrandir et condamner
une partie importante de la communauté internationale
au ghetto de la marginalisation et du
sous-développement. On ne peut en imaginer les
conséquences ”.
“ C’est
seulement grâce à une vraie solidarité et une vraie
coopération internationale que nous pouvons
travailler ensemble au bien des peuples, et envisager
- pour réaliser l’espoir des fondateurs de notre
Organisation - une UNESCO qui puisse faire avancer, à
travers les échanges éducatifs, scientifiques et
culturels des peuples du monde, les objectifs d’une
paix internationale et du bien commun du genre humain
”, a-t-il conclu.
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