KOICHIRO
MATSUURA PROPOSE UNE OPERATION DE SAUVEGARDE DU
PATRIMOINE DE JERUSALEM
Paris,
16 octobre (N°2001-107) - En ouverture du débat de
politique générale de la 31e
session de la Conférence générale de l’UNESCO, le
Directeur général Koïchiro Matsuura a lancé
aujourd’hui un appel pour que soit entrepris, sous
les auspices de l’UNESCO, “ une action de portée
internationale en faveur de la sauvegarde du
patrimoine de la vieille ville de Jérusalem”.
“
En ces jours sombres de notre histoire commune,
dominés par la peur, le feu et le sang, il serait bon
que la communauté internationale entreprenne une
action d’envergure, qui témoigne de la conscience
de son unité et de sa volonté de se réunir autour d’une
grande œuvre de coopération, de concorde et de paix
”, a déclaré Koïchiro Matsuura.
Il a
proposé, si cette initiative en faveur du patrimoine
de Jérusalem recueillait un large soutien, de
rechercher les moyens destinés à financer cette
opération qui sera menée “ sur des bases
strictement professionnelles et techniques, et en
dehors de toute considération politique ”.
“ J’en
appelle à la communauté internationale, a-t-il
déclaré, pour ce que je considère un devoir de
dignité, pour qu’en cette période de trouble et de
déraison, nous manifestions - par un acte hautement
symbolique - notre foi dans le devenir d’une
humanité réconciliée avec elle-même ”.
Face
aux événements du 11 septembre, “ les
indispensables initiatives politiques, diplomatiques,
sécuritaires et financières qui sont en train d’être
prises par la communauté internationale doivent être
complétées par d’autres, à dimension "culturelle"
”, a souligné le Directeur général, avant de
poursuivre : “ Ces tragiques événements auront
soudain placé les valeurs qui sont au cœur de la
mission de l’UNESCO - la tolérance, le dialogue, le
respect, la compréhension mutuels : en un mot la
culture de la paix - au premier rang des priorités
internationales ”.
Appelant
à “ redoubler d’effort pour renforcer la
connaissance et la compréhension de la diversité des
cultures, mais aussi l’aptitude à accepter l’autre,
dans sa différence, et à l’accueillir dans une
volonté de "vivre ensemble" ”, Koïchiro
Matsuura a souligné la nécessité de mettre en place
au niveau international “ des instruments d’un
nouveau mode de dialogue ” mais aussi de “
définir de nouvelles règles du jeu, établir des
normes et des principes de régulation, ou tout
simplement de fonctionnement, qui puissent être
acceptables par tous ”.
Le
Directeur général a développé plusieurs aspects de
ce renforcement de l’action normative de l’UNESCO,
destinée à protéger et à consolider “ les biens
publics communs ” :
Le
projet de déclaration sur la diversité culturelle,
soumis à la Conférence générale. Premier texte
de portée internationale dans ce domaine, il
propose une approche de la diversité en tant que
facteur d’inclusion et non de division ;
L’élaboration
d’un instrument international pour la sauvegarde
du patrimoine culturel immatériel “ appelé à
terme à devenir le complément de la Convention du
patrimoine mondial de 1972 ” ;
La
Convention sur la protection du patrimoine
subaquatique, qui répond à un besoin urgent et qui
permettra de disposer “ d’un arsenal complet d’instruments
normatifs visant à protéger le patrimoine
matériel ” ;
La
préparation d’un texte international affirmant
les principes fondamentaux de la bioéthique. A cet
égard, le Directeur général a récemment
réaffirmé au Secrétaire général des Nations
Unies, Kofi Annan, que l’UNESCO était prête à
entreprendre les travaux préparatoires en vue d'une
Convention interdisant le clonage humain ;
Toujours
dans le domaine de la bioéthique, l’élaboration
d’un instrument international sur les données
génétiques, traitant notamment des questions
concernant la confidentialité et les
discriminations basées sur des critères
génétiques.
S’agissant
des activités de l’UNESCO dans les deux ans à
venir, le Directeur général a indiqué sa volonté
de “ centrer les efforts et les ressources sur cinq
domaines d’action considérés comme absolument
prioritaires : l’éducation de base ; les ressources
en eau et les écosystèmes ; l’éthique des
sciences et des technologies ; la diversité, le
pluralisme et le dialogue interculturel ; et l’accès
à l’information pour tous, en particulier dans le
domaine public ”.
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