LE
RESEAU MONDIAL DES RESERVES DE BIOSPHERE REÇOIT LE
PRIX PRÍNCIPE DE ASTURIAS
Paris,
25 octobre (Nº2001-115)
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Le Réseau mondial des réserves de biosphère -
actuellement 411 sites dans 94 pays - recevra le 26
octobre, lors d´une cérémonie à Oviedo (Espagne),
le Prix Príncipe de Asturias de la Concordia (pour l´Entente)
2001, octroyé à des personnes ou institutions ayant
contribué à la fraternité entre les hommes, à la défense
de la liberté ou à la conservation et protection du
patrimoine de l´humanité.
Le
Réseau mondial des réserves de biosphère regroupe
des zones ou territoires délimités dans les écosystèmes
terrestres ou côtiers destinés à concilier la
conservation de la biodiversité avec l´utilisation
rationnelle des ressources biologiques.
Des
lieux très divers et parfois très connus - tels que
Fontainebleau en France, Serengeti/Ngorongoro en
Tanzanie ou le Vésuve en Italie - y figurent.
Distingué
parmi 37 candidatures de 22 pays, le Réseau mondial
des réserves de biosphère du Programme sur l’homme
et la biosphère (MAB) de l’UNESCO recevra demain à
Oviedo le Prix Príncipe de Asturias de la
Concordia. Ce prix est doté de 25 000 dollars, argent
qui sera utilisé pour le fonctionnement du Réseau,
et d'une sculpture de Joan Miró. Le Prix Principe de
Asturias, un des plus prestigieux du monde hispanique,
est décerné chaque année dans huit domaines
(communication, sciences sociales, arts, lettres,
recherche scientifique et technique, coopération
internationale, sports, entente). Parmi les précédents
lauréats du Prix pour l'Entente - qui existe depuis
1986 -, on peut citer la Real Academia española
(2000), Médecins sans frontières (1991), l'Union
mondiale pour la nature (UICN) et le Fonds mondial
pour la nature (WWF) en 1988.
“ Le
Secrétariat du MAB se réjouit particulièrement du
fait que le Réseau mondial des réserves de biosphère
ait été proposé pour ce prix par un groupe local
travaillant à l’intérieur d’une réserve de
biosphère. Ceci illustre l’engagement de communautés
locales envers leurs propres réserves de biosphère
ainsi que l’importance de la contribution du Réseau
mondial dans son ensemble pour améliorer les rapports
des habitants avec la nature ”, déclare Peter
Bridgewater, Secrétaire du programme et Directeur de
la Division des sciences écologiques de l’UNESCO.
Alors
que, pendant longtemps, la création d'aires protégées,
parcs nationaux ou réserves n'a visé qu'à protéger
la faune et la flore sauvages - parfois au détriment
des populations locales, ignorées ou expulsées des
territoires protégés -, ces réserves de biosphère
du Programme MAB
incarnent
une autre vision de la conservation de la nature, une
vision n'excluant plus l'homme de façon systématique
et essayant au contraire de concilier conservation et
utilisation durable des ressources biologiques. Avant
l'heure, c'est-à-dire bien avant que des expressions
comme "biodiversité" et "développement
durable" n'aient cours, les premières réserves
traçaient la voie dans cette direction.
Le
nombre de réserves de biosphère peut être important
dans certains pays : ainsi la Fédération de Russie
en compte 25 ; la Chine, 21 ; l’Espagne,
20 ; l’Allemagne, 13 ; l’Australie, 12 ; le
Mexique, 12 ; l’Argentine, 10, la France 10. En
plus, il n’est pas rare que des réserves de biosphère
se trouvent à cheval entre deux, voire plusieurs
pays, débordant ainsi les frontières des Etats.
Le
Réseau mondial se compose d’un certain nombre de réseaux
régionaux tels AfriMAB, IberoMAB, EuroMAB ou ArabMAB.
De nouvelles réserves viennent faire partie chaque
année du Réseau : ainsi, le mois de septembre
dernier, 18 nouveaux sites situés dans 13 pays sont
venus s’y ajouter et deux réserves déjà
existantes ont été élargies. La mise en réseau des
réserves de biosphère est destinée à favoriser les
échanges d'information et d'expérience et à
faciliter des activités en commun dans des domaines
comme la recherche scientifique, l'éducation relative
à l'environnement et la formation de spécialistes.
Par exemple, le Réseau des réserves de biosphère de
l’Asie de l’Est développe la coopération parmi
les gens qui travaillent dans les réserves de biosphère
de Chine, du Japon, de la République de Corée, de la
République populaire démocratique de Corée et de la
Fédération de Russie.
La
répartition - par régions - de ces réserves de
biosphère à travers le monde s’établit aujourd´hui
comme suit : l’Afrique compte 42 sites dans 21 pays
; les Etats arabes, 13 réserves dans 6 pays ;
l’Asie et le Pacifique, 76 sites dans 18 pays ;
l’Europe et l’Amérique du Nord, 216 réserves
dans 33 pays : l’Amérique latine et les Caraïbes,
64 sites dans 16 pays.
Quelles
sont les caractéristiques essentielles d´une réserve
de biosphére? Les réserves sont des aires portant
sur des écosystèmes terrestres et côtiers qui
doivent remplir trois fonctions fondamentales complémentaires
et interactives: 1) Une fonction de conservation, pour
assurer la préservation des paysages, des écosystèmes,
des espèces et de la diversité biologique; 2) Une
fonction de développement, pour encourager un développement
écomomique durable sur les plans écologique,
sociologique et culturel local; 3) Une fonction d´appui
logistique, pour la recherche, la surveillance
continue, la formation et l´éducation en matière de
conservation et de développement aux niveaux local, régional
et mondial.
Véritables
sites pilotes, les réserves de biosphère comportent
trois zones interdépendantes : une aire centrale généralement
soustraite aux activités humaines ; une zone tampon
qui entoure ou côtoie l'aire centrale et qui
contribue à sa protection ; enfin, une aire de
transition qui peut être le lieu d'activités
agricoles et d'établissements humains contribuant au
développement socio-économique régional.
Des
régimes de gestion différents sont appliqués à
chaque zone et à chaque type d'écosystème. On
essaye d'impliquer les multiples acteurs et usagers.
Les paysans et éleveurs peuvent ainsi, comme à
Mananara (Madagascar), travailler aux côtés des
agents de l'administration forestière, des
scientifiques et des ingénieurs. On cherche aussi un
équilibre, parfois
difficile, entre les différents intérêts en jeu.
Les
aires centrales de certaines réserves de biosphère
peuvent comporter des sites de valeur universelle qui
rejoignent les critères de la Convention du
Patrimoine mondial. Il en est ainsi de la réserve de
biosphère Delta du Danube en Roumanie où les aires
centrales, précieuses pour les oiseaux aquatiques,
sont aussi un site du Patrimoine mondial, ou la réserve
de biosphère du Pantanal au Brésil qui couvre 25
millions d’hectares et contient 15 aires centrales
dont une est site du Patrimoine mondial.
L’histoire
du Réseau des réserves, né en 1976, prend son
origine dans le Programme MAB (Man and Biosphere) de
l’UNESCO. L´Homme et la biosphère est un
programme international de recherche, de formation et
de diffusion de données concernant la biosphère.
Lancé en 1971, ce programme - auquel adhèrent
volontairement les Etats membres - intéresse plus
d’une centaine de Comités nationaux composés de
scientifiques et de décideurs. Cet important projet
est né du constat que la survie de l’homme sur
terre dépend de l’exploitation rationnelle des
ressources de la planète et vise à l’instauration
d’une culture, d’une philosophie de vie
harmonieuse entre l’homme et son environnement.
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Pour
plus d'informations et une liste complète des réserves
de biosphères,
consultez
le site : www.unesco.org/mab