“ ETHIQUE, PROPRIETE
INTELLECTUELLE ET GENOMIQUE ” THEME
D’ UN COLLOQUE INTERNATIONAL A L’UNESCO
Paris, 24 janvier (N°2001-11)
- Le Colloque international Ethique, Propriété intellectuelle et génomique
va réunir à l’UNESCO, du 30 janvier au 1er février prochain, une
centaine de chercheurs, juristes, philosophes et représentants d’organisations
nationales et internationales qui débattront du thème controversé de la
légitimité du brevetage du vivant.
Que se passe-t-il quand le
principe du brevet rencontre l’humain ? Quelles règles doivent être
maintenues, modifiées, édictées ? Pour beaucoup, la connaissance fondamentale
des séquences génétiques ne saurait être assimilée à une invention et ne
peut donc pas être brevetée. De plus, autoriser le dépôt de brevets sur des
séquences de gènes serait un obstacle à la recherche sur les gènes et
creuserait encore davantage le fossé entre pays industrialisés et en
développement.
Dans ce domaine complexe, le
colloque devrait permettre d’ouvrir des pistes permettant de concilier les
principes éthiques de base, la dynamique de la recherche post-génomique, les
intérêts légitimes de l’industrie, la protection des inventeurs et le souci
d’équité dans l’accès à l’information scientifique et l’application
aux populations des résultats de la recherche.
Le 30 janvier au matin, la
première séance - Ethique et protection de la propriété intellectuelle
- présidée par Michèle Jean, ancienne Sous-ministre de la Santé (Canada) est
destinée à apporter l’éclairage éthique aux débats plus techniques qui
vont suivre. Elle verra les interventions de Mireille Buydens, avocate,
Professeur à l’Université catholique de Louvain et à l’Université libre
de Bruxelles (Belgique), d’Axel Kahn, Directeur du Département de génétique
à l’Institut Cochin (Paris) et Président du Groupe d’experts de haut
niveau pour les sciences de la vie à la Commission européenne, de la
consultante néo-zélandaise Elizabeth Longworth, et d’Audrey Chapman,
Directrice du programme Sciences et droits de l’homme à l’American
Association for the Advancement of Science (AAAS).
La séance de l’après-midi,
présidée par Nicole Questiaux, Présidente de la Conférence européenne des
comités nationaux d’éthique du Conseil de l’Europe, portera sur Etat
des textes législatifs ou réglementaires en vigueur ou en préparation. A
cet état des lieux, participeront : Tim Holbrook, Professeur au Chicago Kent
College of Law (Etats-Unis), Hector Gros Espiell (Uruguay), Professeur de droit
international, Koichi Sumikura, Professeur de science, de technologie et de
propriété industrielle, Université de Tokyo (Japon), et Jacques Warcoin,
conseil en propriété industrielle, Cabinet Regimbeau (France).
Une table ronde intitulée Panorama
des approches de grandes institutions nationales et internationales se
tiendra le 31 janvier au matin et permettra une confrontation des différentes
approches. Animée par Najib Zerouali Ouariti, ministre de l’Enseignement
supérieur, de la Formation des cadres et de la Recherche scientifique du Maroc,
elle rassemblera Maria Freire, Directrice de l’Office du transfert des
technologies des National Institutes of Health (Etats-Unis), Bruno Hansen,
Directeur des Sciences du vivant, actions de recherche pour la biotechnologie, l’agriculture
et l’alimentation à la Direction générale de la recherche, Commission
européenne, Ryuichi Ida, Président du Comité international de bioéthique de
l’UNESCO (CIB), ainsi que des représentants de l’Organisation mondiale pour
la propriété intellectuelle (OMPI), de l’Organisation mondiale du commerce
(OMC) et de l’Organisation pour la coopération et le développement
économiques (OCDE).
La troisième séance, mercredi
après-midi, traitera de la Spécificité du brevetage de gènes
et sera présidée par Emmanuel Roucounas, Professeur de droit international à
l’Académie d’Athènes (Grèce). La mise en évidence de l’expression d’un
gène équivaut-elle par exemple à la découverte du principe actif de telle
variété végétale ? Faut-il distinguer le gène et sa fonction ? Cinq
intervenants tenteront de répondre à ces questions : Samir Kumar Brahmachari,
Directeur du Centre pour les technologies biochimiques de New Delhi (Inde) ;
Kate Murashige, juriste, Morrison & Foester (Etats-Unis) ; Marco Segre,
Professeur de médecine légale et de bioéthique à l’Université de São
Paulo, Président de la Société brésilienne de bioéthique ; Friederike
Stolzenburg, Conseil en propriété industrielle, Vossius & Partners (Allemagne),
et Huanming Yang, Directeur du Centre du génome humain de l’Académie
chinoise des sciences médicales, Secrétaire général du Projet chinois sur le
génome humain.
La quatrième séance (jeudi
matin), présidée par Michael Kirby, Juge à la Cour Suprême d’Australie, se
demandera Quel type de cadre juridique peut assurer la protection de la
propriété intellectuelle liée aux recherches en génomique ? Destinée à
rassembler les idées et suggestions, elle réunira : Bernard Edelman, Docteur
en droit, enseignant à l’Université de Paris I ; Bartha Maria Knoppers,
Professeur à la Faculté de droit de l’Université de Montréal (Canada),
André Rémond (France), Directeur principal, Office européen des brevets
(Munich), et Sandy Thomas, Directrice du Nuffield Council on Bioethics (Royaume-Uni).
Une synthèse des débats sera
proposée jeudi après-midi, avant la séance de clôture, par Maurice Cassier,
sociologue, Chargé de recherches au CNRS (Centre de recherche médecine,
sciences, santé et société, CERMES, France).
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Pour plus d’informations,
consultez le site : www.unesco.org/ethics