MESSAGE
DU DIRECTEUR GENERAL POUR LA JOURNEE INTERNATIONALE DE
LA TOLERANCE
Paris,
13 novembre (N° 2001-125) - A l’occasion de la
Journée internationale de la tolérance, célébrée
le 16 novembre, le Directeur général de l’UNESCO,
Koïchiro Matsuura, a lancé un message dans lequel il
demande à la communauté internationale, aux parents,
enseignants et médias, de mettre en oeuvre, jour
après jour, “ une éthique de dialogue, d’ouverture
et de respect mutuel ”.
Voici
le texte intégral de ce message :
“
Un terrible palier a été franchi cette année dans l’escalade
de la violence. Les attentats terroristes qui se sont
produits le 11 septembre dernier sont, au-delà du
pays visé, une offense à la dignité humaine, à ce
qui fait la raison d’être de l’UNESCO et à celle
du système des Nations Unies.
Cette
violence aveugle, criminelle, a frappé en plein
milieu de l’Année des Nations Unies pour le
dialogue entre les civilisations, qui elle-même
faisait suite à l’Année internationale de la
culture de la paix. Faut-il en conclure que les
efforts de l’UNESCO pour promouvoir un idéal de
tolérance et de non-violence, de compréhension
mutuelle et de solidarité sont vains et que notre
mission est irréaliste ? Certainement pas.
C’est
une raison de plus pour renforcer l’action que nous
menons en vue d’éliminer les causes profondes qui
sont à l’origine de la violence. Parmi elles
figurent la pauvreté et l’exclusion, l’ignorance
et la discrimination. C’est donc à une stratégie
préventive d’ensemble, dans toutes ses dimensions
sociales, économiques et culturelles, que nous devons
plus que jamais travailler, en étroite concertation.
Cette solidarité sans faille dans la réflexion et l’action
est indispensable pour parer aux injustices et aux
dangers d’une certaine forme de mondialisation et
couper ainsi à la racine l’intolérance et le
fanatisme : il nous faut repenser la mondialisation,
lui donner un visage humain, plus équitable et qui
prône d’autres valeurs que mercantiles. La
Conférence générale de l’UNESCO, à sa 31e
session, vient d’adopter à l’unanimité la
première Déclaration universelle sur la diversité
culturelle. La reconnaissance par tous de notre
diversité créatrice est un pas décisif qui scelle l’adhésion
à des valeurs et des principes éthiques communs.
Cette
attitude active porte un nom : tolérance. Motivée
tant par le respect des droits humains et des
libertés fondamentales que par l’ouverture à
autrui - reconnu à la fois dans sa différence et sa
ressemblance -, la tolérance est la base même du
dialogue et du pluralisme. Aujourd’hui plus que
jamais sa mise en pratique, en particulier par le
moyen de l’éducation,
est requise.
L’Année du dialogue entre les civilisations que
nous célébrons en 2001 l’exige, mais aussi l’application
du programme d’action de la Conférence mondiale
contre le racisme, la discrimination raciale, la
xénophobie et l’intolérance, qui a eu lieu cette
année à Durban et qui a posé un jalon capital dans
la lutte contre le racisme et l’intolérance.
En
1995, la Déclaration de principes sur la
tolérance a été adoptée par l’UNESCO pour
faire face à la montée généralisée de la
violence, de l’exclusion et de la discrimination à
l’encontre des groupes nationaux, ethniques,
religieux et linguistiques.
A l’occasion
de la Journée internationale de la tolérance, je
lance un appel à la communauté mondiale, aux
gouvernements, aux parlementaires, aux parents, aux
enseignants, aux médias, aux organisations non
gouvernementales et aux institutions de la société
civile, pour que, conformément aux principes
énoncés dans la Déclaration, ils mettent en
œuvre, jour après jour, une éthique de dialogue, d’ouverture
et de respect mutuel ”.
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