Communiqué de presse N°2001-134
MESSAGE DU DIRECTEUR GENERAL DE L'UNESCO A L'OCCASION DE LA JOURNEE DES DROITS DE L'HOMME
Paris, 7 décembre - A l'occasion de la Journée des droits de l'homme, célébrée le 10 décembre, le Directeur général de l'UNESCO Koïchiro Matsuura, a lancé un message où il rappelle que " le respect des droits de l'homme est une condition indispensable de la paix, de la sécurité, de la stabilité et de la démocratie dans le monde et […] le but ultime du développement économique, politique, social et culturel ".
Voici le texte intégral du message du Directeur général :
" En cette Journée des droits de l'homme, qui marque l'anniversaire de l'adoption de la Déclaration universelle des droits de l'homme, nous reconfirmons notre attachement aux droits de l'homme et réfléchissons ensemble aux obstacles et aux menaces qui s'opposent à leur application. Ce faisant, nous nous souvenons que les droits de l'homme sont universels, indissociables, interdépendants et intimement liés. Les droits de l'homme ne sont pas le produit d'une école de pensée ou d'une culture. Ils sont l'aboutissement collectif de diverses civilisations qui considèrent toutes que le respect de la dignité humaine est la priorité ultime ; les droits de l'homme, par conséquent, appartiennent à toute l'humanité.
Les événements tragiques du 11 septembre ont clairement montré le danger et l'ampleur des menaces qui pèsent sur les droits de l'homme. Les attaques terrifiantes et sans pitié contre les Etats-Unis étaient une attaque contre les idéaux de la dignité humaine et de la démocratie dans le monde entier. La communauté internationale a exprimé sa détermination à empêcher, combattre et éradiquer le terrorisme. Elle est aussi convenue que la lutte contre le terrorisme ne relevait pas de la responsabilité exclusive des autorités de l'Etat. C'est la tâche commune des éducateurs, des spécialistes des médias, des chefs religieux et de la société civile dans son ensemble, qui doivent consolider davantage la culture des droits de l'homme et prévenir ainsi l'endoctrinement par la diffusion d'idéologies extrémistes. Toutefois, la lutte contre le terrorisme ne doit pas servir à développer de nouveaux préjugés et des stéréotypes négatifs, et elle ne doit pas non plus servir de prétexte à de nouvelles limitations des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La lutte contre l'extrême pauvreté, qui constitue un déni de la dignité humaine et des droits de l'homme, est une autre priorité de la communauté internationale. L'UNESCO, dans sa stratégie pour les années à venir, veille tout particulièrement aux efforts dans ce domaine, sachant que l'éducation, la culture, la communication et l'information, et les sciences sociales et naturelles, offrent de grandes possibilités dans la recherche de solutions aux problèmes de la pauvreté.
La mondialisation constitue une force dynamique et puissante qui devrait être mise à profit pour le développement et la prospérité de tous les pays, sans exception. Toutefois, si la mondialisation crée de grandes possibilités, ses bienfaits ne sont pas partagés de manière juste aux niveaux international et national. C'est notre devoir à tous d'humaniser la mondialisation et de la mettre au service de l'humanité tout entière.
Les échanges croissants et les contacts étroits entre diverses cultures et civilisations, rendus possibles par la mondialisation et l'emploi des technologies modernes, devraient servir à promouvoir les valeurs humaines communes, le pluralisme et le respect des droits de l'homme. Ils ne devraient pas aboutir à une homogénéisation culturelle mais servir à protéger la diversité culturelle. La Déclaration universelle sur la diversité culturelle, récemment adoptée par l'UNESCO, est un pas important vers la protection de la diversité culturelle et de l'identité culturelle et vers le renforcement de la compréhension et du respect mutuels, contribuant ainsi à prévenir de nouvelles divisions et de nouveaux conflits.
L'élimination du racisme, de la discrimination raciale, de la xénophobie et de l'intolérance qui y est associée est une tâche extrêmement importante dans des sociétés multiraciales, multiethniques et multiculturelles. La Conférence mondiale contre le racisme qui a eu lieu à Durban en septembre 2001 a adopté un programme d'action très complet et universel, dont l'application est devenue une responsabilité urgente pour la communauté internationale et tous ceux qui oeuvrent en faveur du respect des droits de l'homme pour tous.
La liste des priorités dans le domaine des droits de l'homme ne serait pas complète si nous n'ajoutions pas les efforts destinés à assurer une véritable parité entre les hommes et les femmes et la protection des droits des femmes, la promotion des droits des enfants et des personnes appartenant à divers groupes vulnérables, et l'application des droits sociaux, économiques et culturels, qui n'ont pas moins d'importance pour la protection de la dignité humaine que les droits civils et politiques.
A l'occasion de la Journée des droits de l'homme, je souhaite rappeler que le respect des droits de l'homme est une condition indispensable de la paix, de la sécurité, de la stabilité et de la démocratie dans le monde et que c'est le but ultime du développement économique, politique, social et culturel. Nous devons travailler collectivement et sans relâche pour atteindre cet objectif commun ".
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