Communiqué
N°2001-142
LA COMMISSION
MONDIALE D'ETHIQUE DES CONNAISSANCES SCIENTIFIQUES
ET DES TECHNOLOGIES DE L'UNESCO SE REUNIT A BERLIN
Paris, 17 décembre - La Commission mondiale d’éthique des connaissances
scientifiques et des technologies de l’UNESCO (COMEST) tient sa
deuxième réunion du 17 au 19 décembre, à Berlin, à l’invitation
du gouvernement allemand.
Pendant ces trois jours, la Commission présentera
le résultat de son travail depuis sa création par l’UNESCO en
1998. Les thèmes suivants seront au centre des débats : Ethique de l’eau douce, présidé par le comte de Selborne (Royaume-Uni)
; Ethique de l’énergie,
présidé par James Peter Kimmins (Canada) ; Ethique
de la société de l’information, présidé par Mme M.R.C. Greenwood
(USA) ; et Ethique de l’espace
extra-atmosphérique, présidé par Jens Erik Fenstad (Norvège).
Alain Pompidou, membre de l’Académie française des technologies,
parlera de l’Evolution de
la politique spatiale au bénéfice de l’humanité.
Un
Forum des jeunes sur l’éthique des sciences et des technologies
se tiendra aussi pendant la session et comprendra des interventions
de jeunes scientifiques allemand, hongrois, nigérian, philippin
et suédois.
Parmi les questions cruciales traitées par la COMEST figurent les sources
de déséquilibre, - problèmes potentiels ou inégalités résultant
des progrès de la science et de la technologie - qui réclament
une approche conjuguant les dimensions éthique, scientifique,
économique et politique. Aujourd’hui, par exemple, un peu plus
d’un milliard de personnes dans les pays industrialisés (environ
20 % de la population mondiale), consomment près de 60 % de l’énergie
totale du monde. Parmi les foyers qui ont accès à l’énergie dans
les pays en développement, les trois-quarts utilisent des énergies
issues de la biomasse (comme le charbon de bois, les résidus végétaux
et les bouses de vache) de façons dommageables pour la santé et
l’environnement.
S’agissant des ressources d’eau douce de la planète, y avoir accès
et les gérer sont des problèmes éthiques clés. La COMEST rappelle,
par exemple, qu’au cours des 50 prochaines années, jusqu’à 70
% de la population mondiale, la plupart dans les pays en développement,
souffrira de manque d’eau. Les coûts de construction et d’exploitation
d’un réseau d’eau sont d’ores et déjà supérieurs aux ressources
de beaucoup de ces pays. La privatisation offre peut-être une
solution, mais pose la question du prix de l’eau : comment établir
une politique tarifaire adaptée et équitable qui garantirait à
la fois l’accès de tous à l’eau et une préservation des ressources.
Le
rapport de la Commission sur l’éthique de l’espace extra-atmosphérique
met l’accent sur le rôle clé que les technologies de l’espace
peuvent jouer pour l’amélioration de la qualité de vie des êtres
humains. Les avancées extraordinaires en matière de télédétection
et téléobservation pourraient,
par exemple, améliorer grandement la surveillance de l’environnement
et des ressources naturelles vitales de la planète et ces techniques
jouent déjà un rôle majeur dans l’étude du climat et la météorologie.
Depuis 1999, il y a eu plus de 1200 produits et procédés dérivés
issus des seules missions de la NASA. Etant donné ce potentiel,
la COMEST recommande que l’espace extra-atmosphérique soit considéré
comme une partie du patrimoine de l’humanité et proclamé territoire
scientifique à la disposition de tous. Son rapport souligne la
nécessité de garantir un libre accès aux connaissances issues
des technologies spatiales, tout en protégeant les droits de propriété
intellectuelle. Le problème des débris se trouvant dans l’espace
y est aussi abordé, et la préparation d’un traité international
pour limiter la pollution spatiale est proposée. Selon le Comité
des utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique (COPUOS)
des Nations Unies, il y a plus de 8 500 objets répertoriés en
orbite autour de la Terre, et 600 astronefs en service.
Dans
son rapport sur l’éthique de la société de l’information, la COMEST
note que, bien que les technologies de l’information puissent
contribuer à une gouvernance démocratique, elles constituent également
des « facteurs de fragilisation des sociétés ». La COMEST
examine les droits et les responsabilités des gouvernements, des
ingénieurs, créateurs et individus dans ce domaine ; elle
s’interroge aussi sur d’autres sujets dont l’accès pour tous et
ses implications. Le rapport de la Commission souligne, par exemple,
que combler le fossé numérique n’est pas seulement un problème
financier : connecter le monde entier, en effet, entraînerait
une augmentation exponentielle de la consommation d’énergie, « ce
qui ne peut être considéré comme écologiquement durable ».
L’intérêt pour les aspects éthiques de l’eau,
de l’énergie, de l’information et de l’espace reflète le mandat
de la COMEST qui est de servir de forum intellectuel pour l’échange
d’idées et d’expériences, de détecter, sur ces bases, les signes
avant-coureurs des situations à risque et de remplir un rôle de
conseil auprès des décideurs.
La
Commission compte 18 importantes personnalités des domaines des
sciences, de la philosophie, de la culture, du droit et de la
politique, nommées ès qualité, ainsi que les présidents de grandes
organisations scientifiques non gouvernementales et les responsables
des principaux programmes scientifiques de l’UNESCO.
Cette
réunion de trois jours à Berlin devait commencer par les discours
de : Wolf-Michael Catenhausen, Secrétaire d’Etat parlementaire
au Ministère fédéral de l’Education et de la Recherche, Koïchiro
Matsuura, Directeur général de l’UNESCO, Tim Ingold (Royaume-Uni),
Professeur d’anthropologie sociale à l’Université d’Aberdeen,
et Vigdís Finnbogadottir, Présidente de l’Islande de 1980 à 1996,
et Présidente de la COMEST.
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Pour plus d’information sur la COMEST :
http://www.unesco.org/ethics/comest