DES CHEFS DE COMMUNAUTES
AUTOCHTONES ET UN MINISTRE QUEBECOIS
EXAMINENT LES DEFIS QUI ATTENDENT
CES COMMUNAUTES
Paris, 2 février (N°2001-18)
- Trois chefs de communautés autochtones et le ministre délégué aux Affaires
autochtones de la province du Québec ont discuté aujourd'hui à l’UNESCO de
l'état des relations entre le gouvernement et les communautés et de leurs
espoirs concernant leur développement futur lors d'une rencontre qui s’inscrit
dans le cadre de la Décennie Internationale des Populations Autochtones du
Monde (1995-2004). La rencontre a été organisée conjointement par la
Délégation permanente du Canada auprès de l’UNESCO et la Délégation
générale du Québec à Paris, en coopération avec la Division des politiques
culturelles de l’UNESCO.
Après une introduction de
Mounir Bouchenaki, Sous-Directeur général de l'UNESCO pour la culture, Guy
Chevrette, ministre des Transports et ministre délégué aux Affaires
aborigènes dans le gouvernement québécois, a expliqué qu'il y avait 54
communautés autochtones au Québec, allant de petits groupes à une communauté
de 8 000 personnes. Il y a environ 115 000 indigènes au Québec parmi lesquels
75 000 vivent dans une communauté autochtone et 40 000 vivent en villes ou en
agglomérations. La jeunesse est une donnée clé de cette population : 60 %
d'entre elle a moins de 30 ans, et parmi eux 34 % ont moins de 15 ans.
Guy Chevrette a déclaré que
le gouvernement québécois avait changé son approche de la population
indigène : “ Nous sommes réellement passés d'une approche de confrontation
à une approche misant sur le dialogue et la négociation pour résoudre les
dossiers les plus difficiles ”. Le ministre a dit que son objectif pour les
prochaines années était de réduire les inégalités entre les autochtones et
le reste de la population, surtout de créer des emplois pour les jeunes
autochtones touchés par un fort taux de chômage.
Pita Aatami, Président de la
société Makivik et représentant 10 000 Inuits de Nunavik, a expliqué comment
sa communauté essayait de survivre dans le monde moderne tout en préservant
ses traditions. “ Les Inuits étaient des nomades avant de signer la
Convention de la Baie James, ils ont commencé à vivre en communautés [établies]
et ont dû s'adapter à un monde différent, ce qui n'a pas été facile ”,
a-t-il expliqué. Malgré les 90 millions de dollars canadiens résultant de la
Convention de la Baie James et du Nord québécois de 1975 qui ont été
investis et utilisés pour créer une usine de traitement de la viande de
caribou, deux compagnies aériennes et une pêcherie, les changements ont été
bouleversants, surtout pour les personnes âgées de la communauté, a-t-il
expliqué.
Simon Awashish, Chef du Conseil
des Attikameks d'Obdejwan (2000 personnes), a déclaré que l'irruption du monde
moderne - en particulier les rapides changements dans les transports et dans la
communication - dans les communautés autochtones pouvait provoquer un choc mais,
a-t-il dit : “ Le plus dangereux, c'est de rester isolé. Nous devons nous
ouvrir au monde extérieur ”.
Clifford Moar, Chef du Conseil
des Innus de Mashteuiatsh, a expliqué que la clé du futur résidait dans la
construction d'une société qui conviendrait aux enfants de sa communauté et
contribuerait au bonheur de son peuple. M. Moar est convaincu que son peuple
peut vivre en harmonie avec les 290 000 personnes non autochtones qui habitent
sur la terre de son peuple : “ La terre appartient au Créateur. Notre rôle
est d'assurer un équilibre et de jouer notre rôle de gardien de cette terre,
mais nous devons avoir les moyens de le faire ”.
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