LA JOURNEE INTERNATIONALE DE LA
LANGUE MATERNELLE VA CELEBRER LE
PLURALISME LINGUISTIQUE ET LA
DIVERSITE CULTURELLE
Paris, 20 février (N°2001-23)
- Dans un monde qui voit la moitié de ses 6 à 7000 langues menacées de
disparition, l’UNESCO s’apprête à célébrer, pour la deuxième année
consécutive, la Journée internationale de la langue maternelle (21 février)
qui s’inscrit dans le cadre de ses efforts pour protéger le patrimoine
immatériel de l’humanité et préserver la diversité culturelle.
En 1999, la Conférence générale,
organe directeur suprême de l’UNESCO, a reconnu le rôle joué par la langue
maternelle dans le développement de la créativité, des capacités de
communication et d’élaboration des concepts, mais aussi le fait que les
langues maternelles constituent le premier vecteur de l’identité culturelle.
En célébrant la Journée internationale de la langue maternelle, on entend
promouvoir à la fois le développement individuel et la diversité culturelle
de l’humanité. Durant la même session, la Conférence générale a
également adopté une résolution recommandant des mesures en faveur du
multilinguisme.
Dans un message lancé à l’occasion
de cette Journée, le Directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura,
souligne l’importance de la préservation des langues. Il met l’accent sur l’importance
primordiale et durable de la langue maternelle “ qui a nourrit dès la plus
tendre enfance nos pensées les plus intimes ”. Il insiste ensuite sur l’inestimable
valeur culturelle et intellectuelle des langues : “ Chacune d’entre elles
est un univers conceptuel, un assemblage complexe et fascinant de sons et d’émotions,
d’associations et de symboles, de représentations du mouvement et du temps. […]
La carte linguistique du monde actuel reflète la précieuse diversité de notre
patrimoine humain composite : tangible, là où existent les écrits et les
livres, immatériel et vulnérable lorsqu’il revêt de préférence d’autres
formes ”.
Koïchiro Matsuura souligne aussi
le rôle des langues dans l’établissement du dialogue entre les cultures :
“ Encourager l’apprentissage des langues, développer la traduction, créer
la familiarité des cultures par le dialogue […], c’est une façon de
construire la paix ”.
Les activités de l’UNESCO dans
ce domaine des langues incluent notamment Initiative B@bel, qui entend
promouvoir un meilleur équilibre linguistique sur Internet et le partage des
connaissances. Initiative B@bel a été mis en place pour développer des
outils - notamment de traduction automatique - qui faciliteront la communication
multilingue dans le cyberespace, pour faire aussi en sorte que davantage de
ressources publiques aillent aux fournisseurs d’information relevant du
domaine public et pour promouvoir un accès multilingue à cette information et
à la connaissance.
“ Avec la montée en
puissance des moyens de communications, notre époque semble avoir suscité des
situations de conflits entre les langues plus nombreuses que jamais, et donc
avoir amené à disparaître à un rythme accéléré de plus en plus de langues
”, constate l’Atlas des langues en péril dans le monde. Sa seconde
édition actualisée - qui doit paraître cette année - note que : “ Au moins
3000 langues parlées aujourd’hui sont actuellement en danger, sérieusement
menacées ou mourantes, et beaucoup d’autres langues présentent des signes de
danger potentiel et risquent de se retrouver rapidement menacées de disparition
”.
L’Atlas met en évidence les
processus aboutissant à la disparition des langues et fournit des informations
sur les langues menacées, en montrant que ce phénomène se produit dans toutes
les parties du monde. Il fournit aussi des exemples d’initiatives réussies
visant à sauver certaines d’entre elles.
L’UNESCO mène également des
études sur certains des groupes de langues les plus menacés. Les études
visent à contribuer au renouveau de ces langues. Elles concernent : une langue
pas encore étudiée de l’Est de l’île d’Espiritu Santo (Vanuatu) ; les
langues du Sud Selkup, en Sibérie (Fédération de Russie) ; les langues
austronésiennes du Timor-Est ; la langue lisa en Thaïlande et la langue
aborigène wanyi (Australie) que l’on croyait éteinte depuis longtemps mais
dont on vient de retrouver deux locuteurs.
Les initiatives de l’UNESCO
dans ce domaine des langues s’inscrivent dans le cadre des efforts de l’Organisation
en faveur de la protection du patrimoine immatériel qui comprend musique
traditionnelle et populaire, danse, festivals, traditions, savoirs traditionnels,
traditions orales et langues locales. Ces traditions et pratiques étant au cœur
de la diversité culturelle, l’UNESCO propose que la communauté
internationale prenne des mesures pour protéger ces trésors culturels, tout
comme le sont déjà les sites naturels et culturels du patrimoine matériel.
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Message du Directeur général
de l'UNESCO à l'occasion de la Journée internationale de la langue maternelle
(21 février 2001) http://www.unesco.org/bpi/fre/unescopresse/2001/21-02-01.shtml