DEUXIEME CONFERENCE CIUS -
UNESCO :“ PUBLICATION
ELECTRONIQUE EN SCIENCE ”
Paris, 26 février (N°2001-26)
- Alors que les éditeurs scientifiques passent du papier à l’édition
numérique, le contrôle de qualité, l’accès et l’archivage ont été les
sujets principaux des débats de la deuxième Conférence internationale sur la
publication électronique en science, organisée conjointement par le Conseil
international pour la science (CIUS) et l’UNESCO au siège de l’Organisation
du 19 au 23 février 2001.
Ouvrant la réunion qui a
rassemblé 175 scientifiques, professionnels de l’édition scientifique,
bibliothécaires et autres parties prenantes du monde entier, Sir Roger Elliot,
du CIUS Press, qui présidait la Conférence, a parlé d’une crise de l’édition
scientifique : “ Il y a eu une énorme augmentation des publications. [...] De
petites communautés scientifiques spécialisées ont trouvé très pratique de
posséder leurs propres revues spécialisées. [...] La diffusion restreinte et
en conséquence l’augmentation des coûts pour chacune des publications, ont
diminué [...] l'accès à de nombreux contenus scientifiques, ce qui est
particulièrement vrai pour les scientifiques travaillant dans les pays les plus
pauvres ”.
Le Président du CIUS, Hiroyuki
Yoshikawa, a souligné que tandis qu'“ on constate une tendance à
l'augmentation de la disponibilité des données et des informations et ce, à
un rythme à peine imaginable [...], on constate aussi une menace, moins
visible, et plus inquiétante, qui plane sur la communauté scientifique. C’est
le développement de limitations spéciales, de restrictions, d’accords
négociés et de politiques de retour sur coûts qui rendent l’accès aux
données et aux informations plus difficile à certains scientifiques qu’à d’autres”.
Notant que de grands
changements dans la technologie de la communication électronique s’étaient
produits depuis la première Conférence CIUS/UNESCO sur la publication
électronique en science (Paris, 1996), Gisbert Glaser, Sous-Directeur général
de l’UNESCO pour la science par intérim, a souligné la volonté permanente
de créer les conditions pour “ l’accès complet et universel à l’information
disponible dans le domaine public sans obstacle ou discrimination, tout en
permettant que la créativité et l’investissement dans l’information
scientifique soient récompensés ”.
Tout en reconnaissant que l’édition
traditionnelle sur papier était en danger en raison de la spirale ascendante
des coûts et d’une diminution du nombre des abonnés, la plupart des
intervenants ont expliqué que les principaux éditeurs, commerciaux ou
sociétés savantes, réussissaient maintenant en publiant leurs revues à la
fois sur papier et électroniquement. Tous les participants ont été d’accord
pour considérer que la publication électronique représentait un progrès
significatif, principalement parce qu’elle permettait à l’utilisateur final
un accès aux contenus directement sur son ordinateur et également en raison
des plus du multimédia tels que l’animation et le son, essentiels pour
réussir des communications dans de nombreux cas où ils ont été des outils de
recherche importants.Parmi les autres avantages notables de la publication
électronique figurent les systèmes d’alerte qui préviennent les chercheurs
de la publication de contenus qui les intéressent. Cela est particulièrement
utile en raison de l’augmentation massive des publications (+ 207 % de 1986 à
1999, selon David Shulenburger, Provost de l’Université du Kansas,
USA). De plus, les compilations électroniques des revues, l’indexation
spécialisée et les instruments de recherche concourent à faciliter le
traitement des millions d’articles concernant la science, la technologie et la
médecine qui sont publiés chaque année.
Ana Maria Cetto, de l’Université
nationale autonome de Mexico, a apporté un point de vue un peu différent quand
elle a expliqué que “ les technologies électroniques n’ont pas toujours l’impact
annoncé [...] ”. Elle a dénoncé le tout-cyber et a soutenu que l’édition
électronique devrait être utilisée en complément, plutôt qu’en
remplacement, de l’édition papier. Mme Cetto a dénoncé le fait que 90 % des
utilisateurs d’Internet vivaient dans les pays industrialisés et la “
tromperie persistante qui consiste à penser que les technologies de l’information
et de la communication diminuent le fossé entre les "info-riches" et
les "info-pauvres" ”.
Des questions éthiques ont
également été au coeur des débats : l’authenticité des articles et des
données mis en ligne ; la traçabilité des versions d’articles, notamment
pour distinguer celles qui ont été “ revues par les pairs ” de celles qui
ne l’ont pas été ; l’assurance que toute nouvelle protection du copyright
accordée aux banques de données n’empiète pas sur le droit de libre accès
aux données brutes ; la protection de l’anonymat des utilisateurs de banques
de données et de services en ligne. Autre sujet récurrent : l’archivage sur
le long terme des données électroniques. La nécessité de conserver les
technologies hardware et software utilisées pour l’archivage pour accéder
aux contenus archivés a été soulevée. Sinikka Koskiala, Directeur des
bibliothèques, Université d’Helsinki (Finlande), a également évoqué la
question de l’authenticité des données, plus difficile à établir avec un
contenu numérique qu’avec des livres imprimés ou des manuscrits.
Richard Smith, Rédacteur en
chef du British Medical Journal, a souligné l’importance de la
protection de l’anonymat du patient maintenant que des photographies et des
études de cas circulaient sur l’Internet et étaient vues par des milliers de
gens, contrairement à un passé pas si lointain où personne ne connaissait et
ne s’intéressait aux contenus des revues spécialisées. Il a prévenu du
risque d’un contrecoup qui amènerait des contraintes légales draconiennes
sur la recherche scientifique, à moins que tous ceux qui sont concernés ne s’assurent
que la publication scientifique soit plus transparente et plus respectueuse des
droits des patients et de leurs sensibilités.
Les participants à la
Conférence ont adopté une série de recommandations qui reflètent ces
préoccupations. Ils ont appelé à une infrastructure électronique améliorée,
notamment pour les pays en développement ; à la pratique de prix différents
selon le pouvoir d’achat ; au maintien des principes de copyright. Ils ont
également appelé à s’assurer de la qualité par la “ revue par les pairs
”; à porter attention aux considérations éthiques et aux actions pour s’assurer
que les revues scientifiques puissent être disponibles dans les pays en
développement. Ils ont recommandé que soient expérimentées différentes
manières d’améliorer le processus de “ revue par les pairs ” et que
soient fournis l’historique intégral de la publication et l’identification
des versions des articles.
Au cours de la Conférence,
Pieter Bolman, Président-Directeur général du géant américain de l’édition,
Academic Press, a annoncé que IDEAL, sa bibliothèque en ligne pour la
recherche en science, technologie et médecine, sera proposée à un tarif très
réduit aux pays à faible revenu. IDEAL propose aujourd’hui quelque 200 000
articles.
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Pour plus d’information : http://www.unesco.org/science/
- http://associnst.ox.ac.uk/~icsuinfo/où
le texte complet des Comptes rendus et des Recommandations de la Conférence
sera très bientôt disponible.