LE CAMBODGE VA ACCUEILLIR UNE
REUNION CONTRE LE PILLAGE DE BIENS
CULTURELS ET LES FOUILLES
CLANDESTINES
Paris, 1er
mars (N°2001-29) - Le vol, le
pillage de biens culturels et les fouilles clandestines en Asie - causes de
pertes irréparables pour le patrimoine culturel de nombreux pays de la région
- figurent parmi les thèmes qui seront abordés lors de la onzième session du
Comité intergouvernemental pour la promotion du retour de biens culturels à
leur pays d’origine ou de leur restitution en cas d’appropriation illégale,
qui va se tenir à Phnom Penh (Cambodge) du 6 au 9 mars.
Cette réunion - qui répond à
une invitation du gouvernement du Cambodge, pays particulièrement affecté par
le pillage de biens culturels - sera la première que ce Comité composé de 22
Etats membres tient en Asie. Forum de négociation et de discussion, mais aussi
instrument visant à une prise de conscience mondiale en matière de trafic de
biens culturels, le Comité se réunit tous les deux ans.
Durant cette session, il
devrait discuter des demandes de restitution portant sur les marbres du
Parthénon, réclamés par la Grèce au Royaume-Uni, et sur le Sphinx de
Boguskoy, réclamé par la Turquie à l’Allemagne. Le Comité se penchera
aussi sur les principes à appliquer en matière de règlement de différends
concernant des biens culturels déplacés au cours de la Deuxième Guerre
mondiale.
Le Comité va examinera les
moyens les mieux appropriés de diffuser auprès des négociants, des
conservateurs de musées, des personnels de police et des douanes, le Code
international de déontologie pour les négociants en biens culturels, lancé en
novembre 2000, ainsi que la norme internationale Object-ID, une description
normalisée permettant d’identifier les objets culturels. Suite à des
recommandations du Comité, ces deux instruments ont été adoptés par
l’UNESCO.
Le Comité va lancer un appel
à contribution en faveur du Fonds international pour le retour et la
restitution des biens culturels. Ce fonds récemment créé est destiné à
soutenir les Etats membres dans leurs efforts de lutte contre le trafic de biens
culturels, en les aidant à mettre en place des programmes de sensibilisation,
à fournir une formation spécialisée à leurs personnels de police et des
douanes et à dresser des inventaires nationaux permettant de suivre à la trace
les objets volés ou disparus. Le fonds - qui sera administré par l’UNESCO -
doit être alimenté par des contributions volontaires des Etats membres ou d’autres
donateurs.
Le problème du trafic de biens
culturels au Cambodge a été un sujet de grande préoccupation pour l’UNESCO
qui a organisé des ateliers de formation sur la protection de la propriété
culturelle et qui a coopéré avec les autorités françaises pour la mise en
place d’une police du patrimoine culturel à Angkor Vat, site cambodgien
inscrit sur la Liste du patrimoine en péril. Le problème est également grave
dans d’autres pays de la région, y compris sur des places importantes du
marché de l’art, tels le Japon et la Thaïlande. Une coopération internationale forte est
nécessaire pour mettre fin aux fouilles clandestines et le pillage qui portent
atteinte à des sites asiatiques, notamment dans des pays comme l’Afghanistan
qui sont déstabilisés par un conflit.
Le Comité intergouvernemental
pour la promotion du retour de biens culturels à leur pays d’origine ou de
leur restitution en cas d’appropriation illégale a été créé en 1978,
suite à l’adoption en 1970 de la Convention de l’UNESCO concernant les
mesures à prendre pour interdire et empêcher l’importation, l’exportation
et le transfert de propriété illicites des biens culturels, le premier
instrument mondial en matière de protection des biens culturels contre le vol
et le pillage. Il a été complété en 1995 par la Convention UNIDROIT sur les
biens culturels volés ou illicitement exportés.
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