L’UNESCO A ENVOYE UN EMISSAIRE
EN AFGHANISTAN
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Paris, 2 mars(N°2001-31)
- Le Directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura, a dépéché un
envoyé spécial, porteur d’un message de sa part aux autorités taliban, afin
de les amener à reconsidérer leur décision de détruire les statues du
patrimoine afghan. Il s’agit de Pierre Lafrance, ex-Ambassadeur de France au
Pakistan et membre fondateur de la Society for the preservation of Afghanistan’s
Cultural Heritage (SPACH).
“ J’ai choisi une
personnalité très connue et respectée dans la région, grand connaisseur des
questions du Moyen-Orient et de l’Asie centrale ”, a déclaré ce matin
Koïchiro Matsuura à l’occasion de l’ouverture, au siège de l’Organisation,
du Colloque international Patrimoines d’Asie centrale. Devant les
participants à ce colloque, le Directeur général a fait le point sur les
initiatives déjà prises pour “ inverser ce mouvement vers l’absurde dans
lequel se sont engagées les autorités de Kaboul ”.
Rappelant qu’il avait
notamment réuni d’urgence hier soir les ambassadeurs des 54 pays de l’Organisation
de la Conférence islamique, afin de discuter avec eux de lignes d’action
communes, Koïchiro Matsuura a précisé : “ Toutes leurs voix se sont unies
pour condamner vigoureusement ces attaques inadmissibles au patrimoine commun de
l’humanité. Ils ressentent, comme moi, un grand sentiment d’impuissance,
mais sont également très déterminés à me suivre dans des actions concrètes
”. Il a poursuivi : “ Je m’emploie à coordonner toutes les actions, qu’elles
soient de nature diplomatique, médiatique ou liées à la mobilisation de la
communauté culturelle internationale ”.
Au cours d’une rencontre avec
la presse, ce matin, Mounir Bouchenaki, Sous-Directeur général de l’UNESCO
chargé de la culture a rappelé les activités de sauvegarde du patrimoine
afghan menées ou appuyées par l’UNESCO au cours des dernières années et
évoqué la création d’un fonds d’assistance spécial pour les monuments d’Afghanistan.
Il a insisté sur le fait que la décision des taliban était condamnée de
façon unanime, de l’Afrique au Golfe et en Asie, par les pays islamiques et
que ceux-ci considéraient qu’aucun argument religieux sérieux ne pouvait
servir de fondement à ce mouvement iconoclaste.
Le Président du Comité du
patrimoine mondial, Peter King, s’est dit lui aussi profondément consterné
par ces actes barbares et il s’est associé, au nom du Comité, aux
initiatives du Directeur général.
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