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POUR L’EMISSAIRE DE L’UNESCO
EN AFGHANISTAN:“TOUTES LES PORTES NE SONT PAS FERMEES”
Paris, 5 mars (N°2001-33) -
Pierre Lafrance, l’envoyé spécial de l’UNESCO en Afghanistan, a quitté
Kandahar, lieu de résidence habituel du mollah Mohammad Omar, le chef des
taliban, pour Islamabad (Pakistan) mais doit revenir en Afghanistan dès la fin
des fêtes de l’Aïd-el Adha. A l’issue de ses premiers contacts, notamment
avec le ministre taliban des Affaires étrangères, le mollah Wakil Ahmad
Muttawakil, Pierre Lafrance a laissé entendre qu’un espoir subsistait pour
les statues bouddhiques de Bamiyan.
“ Toutes les portes ne sont
pas fermées. Les contacts se poursuivent et de nouvelles consultations de
religieux ont lieu en Afghanistan ”, a déclaré Pierre Lafrance qui a
pourtant confirmé la destruction par les taliban de petites statues dans les
musées des villes de Ghazni, Jalalabad et Hérat. L’envoyé spécial de l’UNESCO
devrait retourner à Kandahar mercredi ou jeudi prochain et il poursuivra d’ici
là ses contacts à Islamabad.
Pour sa part, le Directeur
général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura, poursuit ses efforts de
mobilisation de toutes les communautés - politiques, religieuses ou autres -
susceptibles d’avoir une influence sur les taliban. C’est ainsi que, dès
vendredi dernier, le Groupe arabe auprès de l’UNESCO a émis un communiqué
appelant à “ une mobilisation internationale autour d’actions concrètes,
afin de mettre un terme à cette entreprise sans précédent, qui affecte des
trésors inestimables du patrimoine universel ”.
D’autres voix se sont
élevées contre la décision des taliban de détruire les statues
pré-islamiques. Deux importantes autorités religieuses islamiques ont ainsi
exprimé un point de vue contraire à celui des taliban afghans. Un chef
religieux de Doha (Qatar), le Cheik Youssef Kardaoui, a déclaré : “ Les
statues faites par les anciens avant l’Islam font partie d’un patrimoine
historique. Quand les musulmans ont pénétré en Afghanistan, au premier
siècle de l’hégire, ces statues s’y trouvaient et ils ne les ont pas
détruites. Je conseille à nos frères du mouvement taliban de reconsidérer
leur décision vu son danger et son impact négatif ”. Pour sa part, Sabri
Abdel-Raouf, chef de la Division des études islamiques à l’Université Al-Azhar
(Le Caire, Egypte), a précisé : “ Les statues destinées à l’adoration
peuvent être interdites comme contraires à l’Islam mais les statues non
adorées ne sont pas interdites ”.
Par ailleurs, l’UNESCO a
annoncé l’ouverture d’un compte spécial pour le patrimoine culturel afghan. Ce compte est destiné au financement d’urgence de toute
solution qui pourrait permettre de sauver le patrimoine pré-islamique afghan
mais aussi de la sauvegarde, à long terme, de l’ensemble du patrimoine -
pré-islamique et islamique - de ce pays. L’UNESCO a également lancé une
pétition internationale en faveur de ce patrimoine.
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Pour plus d’information sur
cette pétition et sur l’évolution de la situation, consultez le site
Internet (www.unesco.org/opi2/afghan-crisis/indexf.htm).