LES PAYS D’AMERIQUE LATINE ET
DES CARAIBES ADOPTENT LA DECLARATION DE COCHABAMBA SUR
L’EDUCATION
Paris, 8 mars (N°2001-35)
- La réunion du Comité régional intergouvernemental du Projet majeur dans le
domaine de l’éducation en Amérique latine et dans les Caraïbes (PROMEDLAC
VII) - organisée en Bolivie par l’UNESCO - s’est conclue hier soir avec l’adoption
de la Déclaration de Cochabamba et d’un ensemble de recommandations sur les
politiques éducatives.
Cette conférence marquante
pour l’avenir de l’éducation en Amérique latine et dans les Caraïbes a
réuni des délégations de la plupart des pays de la région, et notamment 16
ministres et 15 vice-ministres de l’éducation. Inaugurée le 5 mars par le
Président de la république bolivienne, Hugo Banzer, elle a permis de dresser
un bilan de la situation de l’éducation dans toute la région et d’élaborer
des propositions concrètes d’activités s’inscrivant dans le cadre du suivi
du Forum mondial sur l’éducation (Dakar, avril 2000).
Dans un discours qui a été lu
par Aïcha Bah-Diallo, Sous Directeur général pour l’éducation par intérim,
le Directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura a déclaré: “
PROMEDLAC VII nous a beaucoup appris sur l’importance qu’il y a à agir
ensemble et sur le besoin d’harmoniser les politiques et de construire des
mécanismes d’échange et de communication dans ce domaine sensible du
développement social. A travers les recommandations des réunions des ministres,
il est possible de construire tout un corps d’idées représentant la pensée
collective en matière d’éducation et d’élaboration du développement
humain durable dans la région ”.
Les ministres ont adopté une
Déclaration de Cochabamba qui exprime leur préoccupation face aux objectifs
non atteints et réaffirme leur volonté de trouver de nouvelles manières d’atteindre
ces objectifs. Les ministres de l’éducation de l’Amérique latine et des
Caraïbes y affirment notamment que, pour promouvoir un saut qualitatif dans le
domaine de l’éducation, “ les systèmes éducationnels doivent évoluer de
façon plus rapide pour éviter de rester à la traîne des changements que
connaissent d’autres domaines de la société. Les efforts actuellement
déployés pour modifier les systèmes par le biais des réformes
éducationnelles en cours d’application ne seront fructueux que dans la mesure
où des changements sont également apportés au niveau des acteurs et des
pratiques éducatives ”.
Rappelant le rôle
irremplaçable des enseignants pour l’obtention d’un apprentissage de
qualité, les signataires soulignent également que “ l’intervention de
nouveaux agents et l’introduction de nouvelles technologies devraient
favoriser la revalorisation du rôle professionnel des enseignants ”. Ils
ajoutent : “ Dans une région caractérisée par des inégalités sociales
croissantes, la consolidation et la transformation de l’enseignement public
constituent un mécanisme fondamental pour parvenir à une authentique
démocratisation sociale ”.
La Déclaration demande aussi
“ que soient mis sur pied des mécanismes adéquats et
flexibles assurant une participation durable d’une multiplicité d’acteurs
et que soient favorisées les pratiques intersectorielles dans le domaine de l’éducation
”. Elle poursuit: “ L’utilisation des technologies de l’information
et des communications à des fins pédagogiques doit s’inscrire dans le cadre
d’un projet social et éducatif axé sur l’équité et la qualité. Un enjeu
évident dans l’avenir proche sera la construction d’un modèle scolaire qui
favorise l’utilisation de cette technologie, tant de la part des élèves que
des enseignants, au service de leurs processus respectifs d’apprentissage.
Cependant, il ne faut pas oublier que les efforts visant à améliorer l’efficience
de ces apprentissages doivent mettre l’accent sur les potentialités des
personnes, et plus particulièrement des professeurs, et sur le respect des
identités culturelles, plutôt que sur les promesses de la technologie ”.
En conclusion, les signataires
de la Déclaration de Cochabamba demandent à l’Unesco de prendre l’initiative
d’organiser avec les ministres de la région “ un Projet régional sur un
horizon temporel de quinze ans ” qui prenne en compte les objectifs pas encore
atteints et intègre les nouveaux objectifs émergeants.
Les 54 recommandations de la
conférence s’articulent pour leur part autour de neuf grands points: les
nouvelles orientations de l'éducation dans un monde sans frontières et en
constante mutation; la priorité à donner à des apprentissages de qualité et
à la prise en compte de la diversité; le renforcement et la revalorisation du
rôle des enseignants; les processus de gestion au service des apprentissages et
de la participation; le développement et la diversification des opportunités d’apprentissage
tout au long de la vie; l’apport des médias et des technologies à une
transformation de l’éducation; le financement; les systèmes d’information
propres à améliorer les politiques et les pratiques éducatives; la
coopération internationale. Elles se veulent complémentaires des Cadres d’action,
adoptés au Forum mondial sur l’éducation et à la réunion régionale
préparatoire (Saint-Domingue, février 2000).
Lors de la clôture de la
réunion, la Présidente du Conseil exécutif de l’UNESCO, Sonia Mendieta de
Badaroux, a déclaré: “ Même si, au terme des vingt ans qui lui était
initialement assigné, PROMEDLAC n’a pas atteint tous ses objectifs, le Projet
continuera de jouer un rôle décisif dans le développement de l’éducation
et de l’intégration régionale ”.. Elle a poursuivi : “ Nous ne devons
jamais perdre de vue la relation indissociable entre pauvreté et éducation de
base. Aussi, doter les pauvres des moyens de participation en leur fournissant
une éducation de base équivaut à lutter contre la pauvreté : des problèmes
comme l’analphabétisme, le manque d’accès à l’information, la
malnutrition et l’exclusion sont intimement liés à la situation de pauvreté
que connaissent ceux auxquels on essaye de fournir l’éducation ”.
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