LE PRIX MONDIAL DE LA LIBERTE DE
LA PRESSE EST ATTRIBUE A UN JOURNALISTE BIRMAN EMPRISONNE
Paris, 12 mars (N°2001-39)
- Le Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO/Guillermo Cano 2001 a été
attribué aujourd’hui par le Directeur général de l’UNESCO, Koïchiro
Matsuura, au journaliste U Win Tin, actuellement détenu à Rangoon (Myanmar),
sur recommandation d’un jury international composé de 16 professionnels des
médias.
Le lauréat 2001, U Win Tin,
ancien rédacteur en chef du quotidien birman Hanthawati, vice-président de l’Association
des écrivains du Myanmar et fondateur de la Ligue nationale pour la démocratie,
a été arrêté en juillet 1989. Trois mois plus tard, il a été condamné à
14 ans de prison pour son appartenance supposée au Parti communiste du Myanmar
interdit et incarcéré à la prison Insein de Rangoon. En 1996, U Win Tin a
été jugé à l’intérieur même de la prison et condamné à 5 ans
supplémentaires pour avoir eu en sa possession de quoi écrire, en infraction
avec le règlement de la prison. Cette même année, il a été transféré à
la prison de Myingyan, au nord de Rangoon, où sa famille et ses amis ne peuvent
plus lui rendre visite ou lui faire parvenir nourriture et médicaments. Malade,
il a été transféré en 1997 à l’hôpital de Rangoon où il se trouve
toujours et où son état est jugé très grave. S’il ne renonce pas à ses
activités politiques - ce qu’il refuse de faire -, sa peine n’expirera qu’en
juillet 2008.
En annonçant ce choix, le jury
a exprimé ses inquiétudes à propos du lauréat et son espoir de voir
progresser les démarches pour sa libération. Le président du jury, Oliver
Clarke, a également exprimé de sérieuses inquiétudes sur le sort de Nizar
Nayyouf, lauréat 2000 du Prix, détenu en Syrie depuis 1992. Nizar Nayyouf
serait gravement malade et privé de soins médicaux. “ Nous sommes très
inquiets pour la survie de Nizar Nayyouf. Nous considérons que son état s’est
détérioré et que sa vie est en danger ”, a déclaré Oliver Clarke.
Le jury a émis la déclaration
suivante : “ Nous, membres du jury, souhaitons demander au Directeur général
de l’UNESCO de poursuivre ses efforts et pourparlers avec les autorités
syriennes afin de parvenir à une solution pour la libération de Nizar Nayyouf
pour des raisons humanitaires ”.
Le Prix UNESCO/Guillermo Cano
porte le nom du journaliste et éditeur colombien Guillermo Cano, assassiné
alors qu’il essayait de rendre compte des activités des barons de la drogue
de son pays. Le Prix, d’un montant de 25.000 dollars, est attribué chaque
année sur recommandation d’un jury indépendant de seize professionnels de l’information
de toutes les régions du monde. La réunion du jury a été présidée par
Olivier Clake (Jamaïque), président du Gleaner Group, qui a succédé
à la journaliste belge Mia Doornaert, Présidente du Groupe consultatif de l’UNESCO
pour la liberté de la presse et ancienne Présidente de la Fédération
internationale des journalistes. La remise du Prix aura lieu à l’occasion de
la célébration, le 3 mai, de la Journée mondiale de la liberté de la presse.
Cette Journée et le Prix
UNESCO/Guillermo Cano s’inscrivent dans le cadre de la mission de l’UNESCO
en faveur de la libre circulation de l’information et des activités qu’elle
mène pour promouvoir la liberté de la presse, l’indépendance et le
pluralisme des médias. Créé en 1997 par le Conseil exécutif de l’UNESCO,
le Prix est destiné à distinguer une personne, une organisation ou une
institution qui a contribué d’une manière notable à la défense et/ou à la
promotion de la liberté de la presse où que ce soit dans le monde, surtout si,
pour cela, elle a pris des risques.
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