LE DIRECTEUR GENERAL SE FELICITE
QUE LA DESTRUCTION DU PATRIMOINE DE
DUBROVNIK FIGURE PARMI LES CHEFS D’ACCUSATION
RETENUS PAR LE TPI
Paris, 13 mars (N° 2001-40) -
Le Directeur général, Koïchiro Matsuura, s'est félicité du fait que la
destruction de monuments historiques figure parmi les 16 chefs d’accusation
retenus le 22 février dernier par le Tribunal pénal international pour
l'ex-Yougoslavie dans son action concernant l'attaque de 1991 contre le port
historique de Dubrovnik, en Croatie.
M. Matsuura a déclaré : “
Cela constitue un précédent historique puisque c'est la première fois depuis
les jugements des tribunaux de Nuremberg et de Tokyo qu'un crime contre un bien
culturel est sanctionné par un tribunal international. Cet acte d'accusation
concerne une violation de la Convention de La Haye de 1954 pour la protection
des biens culturels en cas de conflit armé, un accord mondial sur la protection
du patrimoine culturel pendant les guerres qui est administré par l'UNESCO.
Cela montre que la communauté internationale ne reste pas passive et qu’elle
ne tolère pas les crimes contre les biens culturels ”.
Pendant les hostilités qui se
sont déroulées dans l'ex-Yougoslavie, l'UNESCO a exhorté les adversaires à
respecter la Convention de La Haye. Des observateurs de l'UNESCO étaient
présents à Dubrovnik pendant les opérations militaires de novembre et
décembre 1991 et ils ont alerté le Directeur général sur les tirs
d'artillerie contre la Vieille Ville. Le Directeur général a immédiatement
intimé au ministre fédéral de la Défense de Yougoslavie l'arrêt de ces tirs
qui ont cessé peu après.
L'UNESCO a également
contribué à la restauration de Dubrovnik, qui figurait depuis 1979 sur la
Liste du patrimoine mondial, en mettant en place un plan d'action spécial et en
fournissant une aide d'urgence.
M. Matsuura a établi un
parallèle entre les attaques contre Dubrovnik et les actions entreprises par
les taliban contre le patrimoine pré-islamique de l'Afghanistan : “ Ce
précédent important montre que la communauté internationale peut décider
d'agir pour protéger des biens culturels et appliquer des sanctions pour leur
protection ”.
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