UNE RENCONTRE INTERNATIONALE
POUR MIEUX DEFINIR LE PATRIMOINE IMMATERIEL A PROTEGER
Château Grinzane Cavour,
Piémont (Italie), 14 mars (N°2001-41) -
La table ronde internationale Patrimoine culturel immatériel, définitions
opérationnelles qui s’est ouverte aujourd’hui au Château Grinzane
Cavour, près de Turin, va tenter pendant quatre jours d’affiner la
terminologie concernant le patrimoine culturel immatériel, en vue de promouvoir
la protection de celui-ci, notamment à travers la création d’un instrument
juridique international qui sera soumis à l’adoption des Etats membres de l’UNESCO.
La table ronde, réunissant des
experts de différentes disciplines et régions du monde, a été ouverte par le
Directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura, qui a annoncé qu’il
allait proclamer le 18 mai prochain une première liste de Chefs d’œuvre du
patrimoine oral et immatériel, choisis parmi des candidatures soumises par
près de 40 pays.
C’est le Programme des chefs
d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’UNESCO qui a lancé l’appel
à candidature. La proclamation sera basée sur les recommandations d’un jury
international qui se réunira du 14 au 18 mai. Selon le Directeur général, les
candidatures concernent des cérémonies religieuses, des espaces culturels, des
langues, des institutions sociales et des instruments musicaux.
Dans son discours, Koïchiro
Matsuura a souligné que “ le patrimoine culturel immatériel est de plus en
plus reconnu de par le monde à cause du rôle fondamental qu’il joue pour
entretenir et développer dans notre vie quotidienne l’identité et la
diversité culturelles ”. Il a aussi mis l’accent sur “ le don d’ubiquité
” qui caractérise ce patrimoine et souligné que “ plusieurs de ses
expressions - tels le langage, les valeurs traditionnelles et le savoir-faire -
sont fondamentales pour l’identité culturelle et les modes de vie ”.
“ Mais, a-t-il averti, le
patrimoine immatériel a besoin de façon urgente, partout dans le monde, d’une
protection renforcée afin d’assurer sa continuité et son développement.
Cela tient largement à la nature particulière de ce patrimoine qui recouvre
les aspects les plus fondamentaux mais aussi les plus vulnérables de la culture
vivante et de la tradition, des aspects qui relèvent souvent de la vie
spirituelle, du savoir, des techniques et procédés d’un individu ou d’une
communauté. […] La tendance à l’homogénéisation culturelle qui se
manifeste dans de nombreux aspects de la vie d’aujourd’hui peut représenter
une menace pour la survie de nombreuses formes d’expression culturelle qui
sont uniques ”.
Le Directeur général a mis l’accent
sur le rôle de l’UNESCO en tant que seule organisation du système des
Nations Unies ayant pour mandat, dans le domaine de la culture, de promouvoir la
mise en place d’un instrument normatif concernant ce patrimoine. Il a
déclaré que cela constituerait “ la façon la plus efficace d’encourager
les Etats membres à entreprendre des actions urgentes de protection de ce
patrimoine immatériel, à l’image de ce qui est déjà fait par ailleurs avec
la Convention du patrimoine mondial ”.
Koïchiro Matsuura a également
annoncé qu’il allait présenter à la prochaine session du Conseil exécutif
de l’UNESCO (mai-juin 2001) une étude préliminaire sur l’opportunité de
développer un instrument pour la sauvegarde du patrimoine immatériel. “ Bien
que ce soit du ressort des Etats membres de décider s’ils souhaitent adopter
des instruments juridiques au niveau national, nous devons leur fournir une base
solide afin de les informer de toutes les questions qui sont en jeu ”, a-t-il
précisé.
Depuis vingt ans, l’UNESCO
est à l’avant-garde des efforts internationaux visant à la reconnaissance de
la nécessité d’une protection du patrimoine immatériel. En 1998, elle a
lancé le Programme des chefs d’œuvre du patrimoine oral et immatériel afin
d’attirer l’attention de ses Etats membres sur leur patrimoine culturel
immatériel. Par le biais de ce programme, l’UNESCO encourage ces derniers à
entreprendre des inventaires de leur patrimoine immatériel et les aide à
mettre en place des stratégies de sauvegarde.
Les débats de la table ronde s’inscriront
dans le cadre de quatre sessions spécialisées. Ils mettront notamment l’accent
sur la terminologie, sur l’étude préliminaire sur l’opportunité de
réglementer internationalement la protection de la culture traditionnelle et du
folklore, et sur l’identification des valeurs que l’UNESCO doit sauvegarder.
Lors de la clôture, le Président de la table ronde, le Professeur Francesco
Francioni, Vice-Recteur de l’Université de Sienne et ancien Président du
Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO, présentera les conclusions de la
table ronde et un plan d’action pour le développement d’une stratégie et d’un
programme sur le patrimoine culturel immatériel.
Durant cette rencontre, l’UNESCO
et la Fondation Grinzane Cavour - hôte de la table ronde - doivent conclure un
accord exprimant leur volonté de continuer à collaborer dans des domaines d’intérêt
commun liés au patrimoine immatériel.
*****