OUVERTURE DE LA REUNION
D'EXPERTS GOUVERNEMENTAUX SUR LA PROTECTION DU PATRIMOINE CULTUREL SUBAQUATIQUE
Paris, 26 mars (N°2001-47)
- Le Directeur général de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura, a exhorté aujourd’hui
les participants à la 4e réunion
d'experts gouvernementaux concernant le projet de Convention sur la protection
du patrimoine culturel subaquatique à se mettre d'accord sur le projet de
Convention afin de pouvoir la soumettre pour adoption à la prochaine session de
la Conférence générale des Etats membres de l'UNESCO, cette année.
Ouvrant ce matin la réunion -
qui doit continuer jusqu'au 6 avril au siège de l'UNESCO - Koïchiro Matsuura a
incité les quelque 250 participants à parvenir à un consensus sur le sujet :
“ Je vous invite tous - je vous le demande instamment - à décider lors de
cette réunion, dès maintenant et collectivement, ce qui est acceptable par le
plus grand nombre de pays, et non ce qui paraîtrait, à chacun de vous et à
chacun de vos pays, l’idéal. Il a été souvent dit, dans de pareilles
négociations, que le mieux est l'ennemi du bien. Ne laissez pas passer cette
opportunité de créer un instrument important, efficace et unique, de
protection d'un aspect du patrimoine qui est très sérieusement menacé ”.
Soulignant avec tristesse la
récente “ destruction délibérée en Afghanistan du patrimoine d'un peuple
”, le Directeur général a expliqué que de nombreux autres dangers menacent
notre patrimoine, “ non seulement des conflits armés internationaux ou
nationaux, mais aussi l'ignorance, les fouilles illicites et le trafic illégal
d'œuvres d'art font de la mise en œuvre des conventions existantes une tâche
difficile et souvent délicate ”.
Koïchiro Matsuura a déclaré
que “ la pression sur notre patrimoine culturel augmentant, l'UNESCO doit
répondre à ces défis ”. Il a ajouté : “ La protection de notre
patrimoine culturel subaquatique manque d'un instrument juridique international,
universel et adéquat. Le progrès technique permet aujourd'hui d'explorer les
fonds marins à toutes les profondeurs et de localiser tous les biens - et pas
seulement culturels. Le patrimoine culturel subaquatique est unique car chaque
site sert de véritable capsule temporelle à partir du moment où il se dépose
au fond de l'océan. La protection légale est devenue une nécessité urgente
”.
Au début de la session, les
participants ont élu président de la réunion le Danois Carsten Lund. Ce
dernier a déjà présidé les trois réunions précédentes qui avaient
démarré au cours de l'été 1998. Le travail en vue de créer une protection
juridique internationale du patrimoine culturel subaquatique a commencé en 1989
au sein du Comité juridique du patrimoine culturel de l'Association de droit
international (ILA) qui a ensuite transmis le projet à l'UNESCO. En 1993, le
Conseil exécutif de l'UNESCO a invité le Directeur général à étudier la
faisabilité d’un projet de nouvel instrument pour la protection de ce type de
patrimoine.
Malgré les progrès réalisés
lors des réunions précédentes, plusieurs questions importantes nécessitent
encore d'être résolues, notamment sur l'application de la Convention aux
épaves de navires de guerre ; sur le traitement des vestiges situés sur le
bouclier continental au-delà des 12 miles des eaux territoriales ; et sur le
fait de savoir si la Convention devrait s'appliquer aux rivières et aux lacs.
Pour atteindre un accord sur le
projet de Convention, les participants sont confrontés au défi d'avoir à
intégrer différentes préoccupations : le respect de la législation
internationale existante sur le sujet, telle que la Convention des Nations Unies
sur le droit de la mer (UNCLOS), les intérêts particuliers des Etats ; les
considérations scientifiques, culturelles, environnementales ou liées à la
recherche ; les droits du public et les intérêts d'entités du secteur privé.
Parmi les participants figurent
des experts gouvernementaux et des représentants de la Division des affaires
maritimes et du droit de la mer des Nations Unies (DOALOS), de l’Organisation
maritime internationale (OMI), de l’Autorité internationale des fonds marins
(ISA), du Centre international d’études pour la conservation et la
restauration des biens culturels (ICCROM), du Conseil international des musées
(ICOM), du Conseil international des monuments et des sites (ICOMOS), de l’Union
mondiale pour la nature (UICN), de la Confédération Mondiale des Activités
Subaquatiques (CMAS). Des organisations non gouvernementales concernées par les
thèmes marins sont également présentes.
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