MESSAGE CONJOINT A L’OCCASION
DE LA JOURNEE
MONDIALE DE LA LIBERTE DE LA PRESSE
Paris, 23 avril (N°2001-61) -
A l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée
le 3 mai, le Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, le Directeur
général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura, et le Haut Commissaire des Nations
Unies aux droits de l’homme, Mary Robinson, ont lancé un message commun.
Voici le texte de ce message :
“ La liberté de la presse
est l'un des piliers de la démocratie, elle-même indispensable à tout
développement socio-économique durable.
Ce principe est de mieux en
mieux compris et admis depuis ce jour du 3 mai 1991 où, il y a dix ans déjà,
des journalistes africains se sont rassemblés dans la capitale de la Namibie,
Windhoek, pour un séminaire régional sur la promotion de médias libres et
pluralistes. La Déclaration de Windhoek qu'ils signèrent fut la première
manifestation d'une série d'engagements, pris région par région, de défendre
le droit qu'a toute personne, partout dans le monde, d'exprimer librement ses
opinions et d'avoir accès à une diversité de sources d'information
indépendantes.
Depuis 1991, la presse est
devenue plus indépendante et pluraliste dans bon nombre de pays. Les ondes ont
été libéralisées. Les journalistes et autres travailleurs des médias ont
gagné en professionnalisme. Et, grâce à l'Internet, de plus en plus de gens
disposent désormais d'un accès direct aux moyens de communication de masse.
Ces changements ont contribué à l'instauration et au renforcement de la
démocratie dans de nombreux pays, en permettant aux citoyens de se faire
entendre et, de ce fait même, de participer à la prise des décisions qui
déterminent leur propre vie et l'avenir de leur pays.
Mais la liberté d'expression
est toujours fragile et n'est jamais définitivement acquise. Dans de nombreuses
régions du monde aujourd'hui, elle est menacée par des intérêts politiques,
économiques, financiers, militaires, religieux, voire criminels. Les
journalistes dont le travail porte atteinte à ces intérêts ne sont pas à
l'abri des intimidations, des actes de violence, de l'exil, de la prison, quand
ils ne risquent pas d'être exécutés, voire purement et simplement assassinés.
Parallèlement, de nombreux
groupes ethniques et religieux - généralement minoritaires - se voient privés
de l'accès aux médias qui leur permettraient de donner leur opinion ou
d'exprimer leur identité.
L'on sait d'expérience que
même les régimes les plus odieux peuvent se gagner un appui populaire s'ils
parviennent à museler les médias ou à les manipuler pour susciter la peur et
la haine chez les gens. Les médias libres, indépendants et pluralistes ont un
rôle indispensable à jouer pour extirper le racisme et la xénophobie. Nous
espérons que la Conférence mondiale contre le racisme, la xénophobie, la
discrimination raciale et l'intolérance qui y est associée, qui doit se tenir
cette année, permettra de trouver les moyens de renforcer les médias libres
partout dans le monde et qu'elle rappellera aux professionnels des médias le
rôle capital qui est le leur dans l'éducation du public et la promotion de la
paix et du respect mutuel entre les peuples.
En cette Journée mondiale de
la liberté de la presse en 2001, nous exhortons les décideurs à tous les
niveaux à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour veiller à ce que les
journalistes puissent accomplir leur travail sans entrave ni crainte, afin que,
partout dans le monde, les populations puissent tirer profit de la libre
circulation des idées.
Nous demandons instamment aux
journalistes d'observer au plus haut degré les règles de leur profession, de
refuser de prêter leurs talents aux marchands de haine, et de respecter en
toutes circonstances le principe d'impartialité.
Et nous demandons instamment à
la communauté internationale dans son ensemble de défendre et de protéger ce
droit fondamental de la personne humaine - le droit de recevoir et de
communiquer l'information, loin de toute censure, quel que soit le support et
par-delà les frontières ”.
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